Corneille, Le Cid, acte III, scène 4

Bonjour ! Alors voilà j'ai un commentaire sur l'Acte III scène 4 du Cid de Corneille. Mais je n'y arrive pas du tout :'( !

Pour l'instant, voici mon plan :

I- L'honneur reste au centre des préoccupations de Chimène et Rodrigue

1) Rodrigue veut mourir des mains de Chimène pour conserver son honneur et apaiser la douleur de Chimène

2) Chimène ne peut concevoir une quelconque relation avec Rodrigue, et veut sa mort par la justice

II- En quoi cette fin de scène révèle-t-elle le destin tragique de Chimène et Rodrigue ?

1) Un lourd dilemme pour chacun qui ne sera pas sans conséquence

2) …?


Les deux grands axes, je sais qu'ils sont justes car c'est le prof qui nous les a donnés... Mais le reste, j'ai du mal ! D'autant que je ne suis pas sûre d'avoir bien compris l'axe 2 -____-'.

Voilà ! Alors si quelqu'un pouvait m'aider, ne serait-ce que pour le plan [ et si possible s'il y a des figures de style qui sautent aux yeux...parce que je n'en vois pratiquement pas >< ], cela m'aiderait beaucoup...:) !




Voici le texte smile !


SCÈNE IV - DON RODRIGUE, CHIMÈNE, ELVIRE


DON RODRIGUE
Eh bien ! sans vous donner la peine de poursuivre,
Assurez-vous l'honneur de m'empêcher de vivre.
CHIMÈNE 
Elvire, où sommes-nous, et qu'est-ce que je voi ?
Rodrigue en ma maison ! Rodrigue devant moi !
DON RODRIGUE
N'épargnez point mon sang ; goûtez, sans résistance,
La douceur de ma perte et de votre vengeance.
CHIMÈNE 
Hélas !
DON RODRIGUE
Écoute-moi
CHIMÈNE 
Je me meurs.
DON RODRIGUE
Un moment.
CHIMÈNE 
Va, laisse-moi mourir.
DON RODRIGUE
Quatre mots seulement ;
Après, ne me réponds qu'avec cette épée.
CHIMÈNE 
Quoi ! du sang de mon père encor toute trempée !
DON RODRIGUE
Ma Chimène...
CHIMÈNE 
Ôte-moi cet objet odieux
Qui reproche ton crime et ta vie à mes yeux.
DON RODRIGUE
Regarde-le plutôt pour exciter ta haine,
Pour accroître ta colère, et pour hâter ma peine.
CHIMÈNE 
Il est teint de mon sang.
DON RODRIGUE
Plonge-le dans le mien,
Et fais-lui perdre ainsi la teinture du tien.
CHIMÈNE 
Ah ! quelle cruauté, qui tout en un jour tue
Le père par le fer, la fille par la vue !
Ôte-moi cet objet, je ne puis le souffrir :
Tu veux que je t'écoute, et tu me fais mourir !
DON RODRIGUE
Je fais ce que tu veux, mais sans quitter l'envie
De finir par tes mains ma déplorable vie ;
Car enfin n'attends pas de mon affection
Un låche repentir d'une bonne action.
L'irréparable effet d'une chaleur trop prompte
Déshonorait mon père, et me couvrait de honte.
Tu sais comme un soufflet touche un homme de coeur.
J'avais part à l'affront, j'en ai cherché l'auteur :
Je l'ai vu, j'ai vengé mon honneur et mon père ;
Je le ferais encor, si j'avais à le faire.
Ce n'est pas qu'en effet, contre mon père et moi,
Ma flamme assez longtemps n'ait combattu pour toi :
Juge de son pouvoir : dans une telle offense
J'ai pu délibérer si j'en prendrais vengeance.
Réduit à te déplaire, ou souffrir un affront,
J'ai pensé qu'à son tour mon bras était trop prompt,
Je me suis accusé de trop de violence ;
Et ta beauté, sans doute, emportait la balance,
À moins que d'opposer à tes plus forts appas
Qu'un homme sans honneur ne te méritait pas ;
Que malgré cette part que j'avais en ton âme,
Qui m'aima généreux me haïrait infâme ;
Qu'écouter ton amour, obéir à ta voix,
C'était m'en rendre indigne et diffamer ton choix.
Je te le dis encore, et, quoique j'en soupire,
Jusqu'au dernier soupir je veux bien le redire :
Je t'ai fait une offense, et j'ai dû m'y porter
Pour effacer ma honte, et pour te mériter ;
Mais, quitte envers l'honneur, et quitte envers mon père,
C'est maintenant à toi que je viens satisfaire :
C'est pour t'offrir mon sang qu'en ce lieu tu me vois.
Je fait ce que j'ai dû, je fais ce que je dois.
Je sais qu'un père mort t'arme contre mon crime ;
Je ne t'ai pas voulu dérober ta victime :
Immole avec courage au sang qu'il a perdu
Celui qui met sa gloire à l'avoir répandu.
CHIMÈNE 
Ah ! Rodrigue ! il est vrai, quoique ton ennemie,
Je ne puis te blâmer d'avoir fui l'infamie ;
Et, de quelque façon qu'éclatent mes douleurs,
Je ne t'accuse point, je pleure mes malheurs.
Je sais ce que l'honneur, après un tel outrage,
Demandait à l'ardeur d'un généreux courage :
Tu n'as fait le devoir que d'un homme de bien ;
Mais aussi, le faisant, tu m'as appris le mien.
Ta funeste valeur m'instruit par ta victoire ;
Elle a vengé ton père et soutenu ta gloire :
Même soin me regarde, et j'ai, pour m'affliger,
Ma gloire à soutenir, et mon père à venger.
Hélas ! ton intérêt ici me désespère.
Si quelque autre malheur m'avait ravi mon père,
Mon âme aurait trouvé dans le bien de te voir
L'unique allégement qu'elle eût pu recevoir ;
Et contre ma douleur j'aurais senti des charmes,
Quand une main si chère eût essuyé mes larmes,
Mais il me faut te perdre après l'avoir perdu ;
Cet effort sur ma flamme à mon honneur est dû ;
Et cet affreux devoir, dont l'ordre m'assassine,
Me force à travailler moi-même à ta ruine.
Car enfin n'attends pas de mon affection
De lâches sentiments pour ta punition.
De quoi qu'en ta faveur notre amour m'entretienne,
Ma générosité doit répondre à la tienne :
Tu t'es, en m'offensant, montré digne de moi ;
Je me dois, par ta mort, montrer digne de toi.
DON RODRIGUE
Ne diffère donc plus ce que l'honneur t'ordonne :
Il demande ma tête, et je te l'abandonne ;
Fais-en un sacrifice à ce noble intérêt,
Le coup m'en sera doux, aussi bien que l'arrêt.
Attendre après mon crime une lente justice,
C'est reculer ta gloire autant que mon supplice.
Je mourrai trop heureux mourant d'un coup si beau.
CHIMÈNE 
Va, je suis ta partie, et non pas ton bourreau.
Si tu m'offres ta tête, est-ce à moi de la prendre ?
Je la dois attaquer, mais tu dois la défendre ;
C'est d'un autre que toi qu'il me faut l'obtenir,
Et je dois te poursuivre, et non pas te punir.
DON RODRIGUE
De quoi qu'en ma faveur notre amour t'entretienne,
Ta générosité doit répondre à la mienne ;
Et pour venger un père emprunter d'autres bras,
Ma Chimène, crois-moi, c'est n'y répondre pas :
Ma main seule du mien a su venger l'offense,
Ta main seule du tien doit prendre la vengeance.
CHIMÈNE 
Cruel ! à quel propos sur ce point t'obstiner ?
Tu t'es vengé sans aide, et tu m'en veux donner !
Je suivrai ton exemple, et j'ai trop de courage
Pour souffrir qu'avec toi ma gloire se partage.
Mon père et mon honneur ne veulent rien devoir
Aux traits de ton amour, ni de ton désespoir.
DON RODRIGUE
Rigoureux point d'honneur ! hélas ! quoi que je fasse,
Ne pourrai-je à la fin obtenir cette grâce ?
Au nom d'un père mort, ou de notre amitié,
Punis-moi par vengeance, ou du moins par pitié.
Ton malheureux amant aura bien moins de peine
À mourir par ta main qu'à vivre avec ta haine.
CHIMÈNE 
Va, je ne te hais point.
DON RODRIGUE
Tu le dois.
CHIMÈNE 
Je ne puis.
DON RODRIGUE
Crains-tu si peu le blâme, et si peu les faux bruits ?
Quand on saura mon crime, et que ta flamme dure,
Que ne publieront point l'envie et l'imposture !
Force-les au silence, et, sans plus discourir,
Sauve ta renommée en me faisant mourir.
CHIMÈNE 
Elle éclate bien mieux en te laissant la vie ;
Et je veux que la voix de la plus noire envie
Élève au ciel ma gloire et plaigne mes ennuis,
Sachant que je t'adore et que je te poursuis.
Va-t'en, ne montre plus à ma douleur extrême
Ce qu'il faut que je perde, encore que je l'aime.
Dans l'ombre de la nuit cache bien ton départ ;
Si l'on te voit sortir, mon honneur court hasard.
La seule occasion qu'aura la médisance,
C'est de savoir qu'ici j'ai souffert ta présence :
Ne lui donne point lieu d'attaquer ma vertu.
DON RODRIGUE
Que je meure !
CHIMÈNE 
Va-t'en.
DON RODRIGUE
À quoi te résous-tu ?
CHIMÈNE 
Malgré des feux si beaux qui troublent ma colère,
Je ferai mon possible à bien venger mon père ;
Mais, malgré la rigueur d'un si cruel devoir,
Mon unique souhait est de ne rien pouvoir.
DON RODRIGUE
Ô miracle d'amour !
CHIMÈNE 
Ô comble de misère !
DON RODRIGUE
Que de maux et de pleurs nous coûteront nos pères !
CHIMÈNE 
Rodrigue, qui l'eût cru ?
DON RODRIGUE
Chimène, qui l'eût dit ?
CHIMÈNE 
Que notre heur fût si proche, et sitôt se perdît ?
DON RODRIGUE
Et que si près du port, contre toute apparence
Un orage si prompt brisât notre espérance ?
CHIMÈNE 
Ah ! mortelles douleurs !
DON RODRIGUE
Ah ! regrets superflus !
CHIMÈNE 
Va-t'en, encore un coup, je ne t'écoute plus.
DON RODRIGUE
Adieu ; je vais traîner une mourante vie,
Tant que par ta poursuite elle me soit ravie.
CHIMÈNE 
Si j'en obtiens l'effet, je t'engage ma foi
De ne respirer pas un moment après toi.
Adieu ; sors, et surtout garde bien qu'on te voie.
ELVIRE
Madame, quelques maux que le ciel nous envoie...
CHIMÈNE   
Ne m'importune plus, laisse-moi soupirer.
Je cherche le silence et la nuit pour pleurer.

Merci beaucoup d'avance smile, parce que je suis vraiment bloquée ! (Et ça commence à devenir urgent :'( ! )

Corneille, Le Cid, acte III, scène 4

Eh bien si tu te contentes de recopier ce qu'a ditt le prof, sans aucune ébauche de réflexion perso, ça n'incite pas à bosser à ta place   

Corneille, Le Cid, acte III, scène 4

...

Le prof ne nous a pas donné tout le plan, seulement les deux grands axes. Les sous-parties, c'est moi qui les ai faites.
Je suis une élève sérieuse et d'ordinaire d'un bon niveau en français ; autant dire que ce n'est pas mon genre de demander que l'on "fasse mon travail à ma place".
Aussi, je ne demande pas du tout que l'on fasse le travail à ma place, autrement j'aurais simplement dit "J'aimerais le commentaire composé de la scène 4 de l'acte III du Cid de Corneille". Simplement les grandes idées, un peu d'aide à la compréhension, m'aider à trouver les figures de style...
Je demande simplement de l'aide, parce que je n'y arrive pas ! C'est ce à quoi sert ce forum non ? Cela fait deux semaines que je suis sur ce commentaire et je n'y arrive pas [ Je n'ai fait que l'intro'... ].

Voilà ! Donc, si tu ne veux pas m'aider, libre à toi, mais si tu pouvais éviter ce genre de commentaire qui ne sert absolument à rien...Ce devoir m'ennui déjà assez comme ça. Merci.

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Corneille, Le Cid, acte III, scène 4

Bonjour Azilis,

Pour t'aider sur le 1, reviens à Péguy qui s'exprimait ainsi à peu près au sujet du Cid :
"L'amour est aimé d'honneur, l'honneur est honoré d'amour" (à vérifier). Vois comment les deux notions sont inextricablement liées.

Pour 2, tu as vu le dilemme et le déchirement qui l'accompagne.
Cherche aussi du côté de la nuit, de la mort, du sang, du destin inexorable, du champ lexical de la punition, du châtiment, de la souffrance. Les derniers vers qui évoquent métaphoriquement la tombe.

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Corneille, Le Cid, acte III, scène 4

Bonjour !

J'ai un commentaire à faire sur le même texte mais il y a un point qui me pose problème.

Voici mon plan :

I. La fonction du dialogue
   a. Un dialogue argumenté
   b. La résolution de Chimène
II. Le duo amoureux
   a. L'expression du lyrisme
   b. Un amour tragique


Je suis coincée sur le I.a. Je ne sais pas trop ce que je suis censé relevé dans l'extrait pour prouver que c'est un dialogue argumenté. Je suppose qu'il s'agit de la thèse, etc mais sa me semble "bizarre" dans une pièce de théâtre.

Voilà merci de votre aideL'extrait sur lequel porte le commentaire :

DON RODRIGUE
Rigoureux point d'honneur ! hélas ! quoi que je fasse,
Ne pourrai-je à la fin obtenir cette grâce ?
Au nom d'un père mort, ou de notre amitié,
Punis-moi par vengeance, ou du moins par pitié.
Ton malheureux amant aura bien moins de peine
À mourir par ta main qu'à vivre avec ta haine.
CHIMÈNE 
Va, je ne te hais point.
DON RODRIGUE
Tu le dois.
CHIMÈNE 
Je ne puis.
DON RODRIGUE
Crains-tu si peu le blâme, et si peu les faux bruits ?
Quand on saura mon crime, et que ta flamme dure,
Que ne publieront point l'envie et l'imposture !
Force-les au silence, et, sans plus discourir,
Sauve ta renommée en me faisant mourir.
CHIMÈNE 
Elle éclate bien mieux en te laissant la vie ;
Et je veux que la voix de la plus noire envie
Élève au ciel ma gloire et plaigne mes ennuis,
Sachant que je t'adore et que je te poursuis.
Va-t'en, ne montre plus à ma douleur extrême
Ce qu'il faut que je perde, encore que je l'aime.
Dans l'ombre de la nuit cache bien ton départ ;
Si l'on te voit sortir, mon honneur court hasard.
La seule occasion qu'aura la médisance,
C'est de savoir qu'ici j'ai souffert ta présence :
Ne lui donne point lieu d'attaquer ma vertu.
DON RODRIGUE
Que je meure !
CHIMÈNE 
Va-t'en.
DON RODRIGUE
À quoi te résous-tu ?
CHIMÈNE 
Malgré des feux si beaux qui troublent ma colère,
Je ferai mon possible à bien venger mon père ;
Mais, malgré la rigueur d'un si cruel devoir,
Mon unique souhait est de ne rien pouvoir.
DON RODRIGUE
Ô miracle d'amour !
CHIMÈNE 
Ô comble de misère !
DON RODRIGUE
Que de maux et de pleurs nous coûteront nos pères !
CHIMÈNE 
Rodrigue, qui l'eût cru ?
DON RODRIGUE
Chimène, qui l'eût dit ?
CHIMÈNE 
Que notre heur fût si proche, et sitôt se perdît ?
DON RODRIGUE
Et que si près du port, contre toute apparence
Un orage si prompt brisât notre espérance ?
CHIMÈNE 
Ah ! mortelles douleurs !
DON RODRIGUE
Ah ! regrets superflus !
CHIMÈNE 
Va-t'en, encore un coup, je ne t'écoute plus.
DON RODRIGUE
Adieu ; je vais traîner une mourante vie,
Tant que par ta poursuite elle me soit ravie.
CHIMÈNE 
Si j'en obtiens l'effet, je t'engage ma foi
De ne respirer pas un moment après toi.
Adieu ; sors, et surtout garde bien qu'on te voie.
ELVIRE
Madame, quelques maux que le ciel nous envoie...
CHIMÈNE   
Ne m'importune plus, laisse-moi soupirer.
Je cherche le silence et la nuit pour pleurer.

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Corneille, Le Cid, acte III, scène 4

Bonsoir,

Il me semble que ce discours oppose deux notions irréductibles : les devoirs de l'honneur et les liens de l'amour.
On pourrait croire que chacun des personnages incarne une de ces valeurs.
Mais c'est au coeur de chaque personnage que passe la fracture créant ainsi par intériorisation le conflit cruel et tragique.

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Corneille, Le Cid, acte III, scène 4

BONJOUR Je suis en seconde est je bloque pour un commentaire composé sur lacte 4 scène 3 du cid  et j'aimerai savoir si quelqu'un pourai mmaider ces tres urgent ces pour demain svpjai les deux grand axe mais jarive pas a trouver les sous parties
svp
pour le plan

1/ Au moyen d'un récit d'action vvivant et animé
2/ Afin de mettre en valeur les qualités de Rodrigue

j'aimerai bien qu'on m'aide pour trouver les sous partie mon commentaire est a faire de

Sous moi donc cette troupe s'avance,
Et porte sur le front une mâle assurance.
Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort
Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port,
Tant, à nous voir marcher avec un tel visage,
Les plus épouvantés reprenaient de courage !
J'en cache les deux tiers, aussitôt qu'arrivés,
Dans le fond des vaisseaux qui lors furent trouvés ;
Le reste, dont le nombre augmentait à toute heure,
Brûlant d'impatience, autour de moi demeure,
Se couche contre terre, et sans faire aucun bruit
Passe une bonne part d'une si belle nuit.
Par mon commandement la garde en fait de même,
Et se tenant cachée, aide à mon stratagème ;
Et je feins hardiment d'avoir reçu de vous
L'ordre qu'on me voit suivre et que je donne à tous.
Cette obscure clarté qui tombe des étoiles
Enfin avec le flux nous fait voir trente voiles ;
L'onde s'enfle dessous, et d'un commun effort
Les Maures et la mer montent jusques au port.
On les laisse passer ; tout leur parait tranquille ;
Point de soldats au port, point aux murs de la ville.
Notre profond silence abusant leurs esprits,
Ils n'osent plus douter de nous avoir surpris ;
Ils abordent sans peur, ils ancrent, ils descendent,
Et courent se livrer aux maisn qui les attendent.
Nous nous levons alors, et tous en même temps
Poussons jusques au ciel mille cris éclatants.
Les nôtres, à ces cris, de nos vaisseaux répondent ;
Ils paraissent armés, les Maures se confondent,
L'épouvante les prend à demi descendus ;
Avant que de combattre ils s'estiment perdus.
Ils couraient au pillage, et rencontrent la guerre ;
Nous les pressons sur l'eau, nous les pressons sur terre,
Et nous faisons courir des ruisseaux de leur sang,
Avant qu'aucun résiste ou reprenne son rang.
Mais bientôt, malgré nous, leurs princes les rallient,
Leur courage renait, et leurs terreurs s'oublient :
La honte de mourir sans avoir combattu
Arrête leur désordre, et leur rend leur vertu.
Contre nous de pied ferme ils tirent leurs alfanges ;
De notre sang au leur font d'horribles mélanges.
Et la terre, et le fleuve, et leur flotte, et le port,
Sont des champs de carnage où triomphe la mort.
Ô combien d'actions, combien d'exploits célèbres
Sont demeurés sans gloire au milieu des ténèbres,
Où chacun, seul témoin des grands coups qu'il donnait,
Ne pouvait discerner où le sort inclinait !
J'allais de tous côtés encourager les nôtres,
Faire avancer les uns et soutenir les autres,
Ranger ceux qui venaient, les pousser à leur tour,
Et ne l'ai pu savoir jusques au point du jour.
Mais enfin sa clarté montre notre avantage ;
Le Maure voit sa perte, et perd soudain courage :
Et voyant un renfort qui nous vient secourir,
L'ardeur de vaincre cède à la peur de mourir

Corneille, Le Cid, acte III, scène 4

Alors voila pour la rentrée je dois répondre a des questions sur le Cid de Corneille acte 3 scène 4.
et je suis bloqué sur une question qui me pose beaucoup de difficultés !
question :
A partir du vert 19 jusqu'au vers 70 relevez les parallélismes et les oppositions qui montrent la symétrie des situations des personnages. (de Chimène et Rodrigue)
je ne veux pas vraiment la réponse mais juste que est ce que l'on me demande dans cette question avec si possible un exemple car j'ai beaucoup de mal a la comprendre  =s
voila je vous remercie d'avance et voila le texte du Cid de Corneille act 3 scène 4 (vers 19 à 70)


Don Rodrigue
Ne diffère donc plus ce que l'honneur t'ordonne :
Il demande ma tête, et je te l'abandonne ;
Fais-en un sacrifice à ce noble intérêt,
Le coup m'en sera doux, aussi bien que l'arrêt.
Attendre après mon crime une lente justice,
C'est reculer ta gloire autant que mon supplice.
Je mourrai trop heureux mourant d'un coup si beau.
CHIMÈNE 
Va, je suis ta partie, et non pas ton bourreau.
Si tu m'offres ta tête, est-ce à moi de la prendre ?
Je la dois attaquer, mais tu dois la défendre ;
C'est d'un autre que toi qu'il me faut l'obtenir,
Et je dois te poursuivre, et non pas te punir.
DON RODRIGUE
De quoi qu'en ma faveur notre amour t'entretienne,
Ta générosité doit répondre à la mienne ;
Et pour venger un père emprunter d'autres bras,
Ma Chimène, crois-moi, c'est n'y répondre pas :
Ma main seule du mien a su venger l'offense,
Ta main seule du tien doit prendre la vengeance.
CHIMÈNE 
Cruel ! à quel propos sur ce point t'obstiner ?
Tu t'es vengé sans aide, et tu m'en veux donner !
Je suivrai ton exemple, et j'ai trop de courage
Pour souffrir qu'avec toi ma gloire se partage.
Mon père et mon honneur ne veulent rien devoir
Aux traits de ton amour, ni de ton désespoir.
DON RODRIGUE
Rigoureux point d'honneur ! hélas ! quoi que je fasse,
Ne pourrai-je à la fin obtenir cette grâce ?
Au nom d'un père mort, ou de notre amitié,
Punis-moi par vengeance, ou du moins par pitié.
Ton malheureux amant aura bien moins de peine
À mourir par ta main qu'à vivre avec ta haine.
CHIMÈNE 
Va, je ne te hais point.
DON RODRIGUE
Tu le dois.
CHIMÈNE 
Je ne puis.
DON RODRIGUE
Crains-tu si peu le blâme, et si peu les faux bruits ?
Quand on saura mon crime, et que ta flamme dure,
Que ne publieront point l'envie et l'imposture !
Force-les au silence, et, sans plus discourir,
Sauve ta renommée en me faisant mourir.
CHIMÈNE 
Elle éclate bien mieux en te laissant la vie ;
Et je veux que la voix de la plus noire envie
Élève au ciel ma gloire et plaigne mes ennuis,
Sachant que je t'adore et que je te poursuis.
Va-t'en, ne montre plus à ma douleur extrême
Ce qu'il faut que je perde, encore que je l'aime.
Dans l'ombre de la nuit cache bien ton départ ;
Si l'on te voit sortir, mon honneur court hasard.
La seule occasion qu'aura la médisance,
C'est de savoir qu'ici j'ai souffert ta présence :
Ne lui donne point lieu d'attaquer ma vertu.
DON RODRIGUE
Que je meure !
CHIMÈNE 
Va-t'en.
DON RODRIGUE
À quoi te résous-tu ?
CHIMÈNE 
Malgré des feux si beaux qui troublent ma colère,
Je ferai mon possible à bien venger mon père ;
Mais, malgré la rigueur d'un si cruel devoir,
Mon unique souhait est de ne rien pouvoir.

PS :même la plus petite et la plus vague des reponses pourras me convenir !

9

Corneille, Le Cid, acte III, scène 4

Bonjour à Tous

J'arrive avec beaucoup de retard , mais ma réponse servira , j'espère , à d'autres personnes .

Face à face entre Rodrigue et Chimene
Amour et Devoir

Contexte : Rodrigue fait irruption sur scene

I ) expression du rejet

Chimene s'adresse à Elvire en ignorant la presence de Rodrigue : Elle exprime de la surprise , de l'effroi , du mepris , de la haine du degout ...

Stichomythie : echange de replique tres breves qui forment un alexandrin
" CHIMÈNE
Hélas !
DON RODRIGUE
Écoute-moi
CHIMÈNE
Je me meurs.
DON RODRIGUE
Un moment.
CHIMÈNE
Va, laisse-moi mourir. "

Desir de mort et valeur symbolique de l'épee
Expression de sentiments forts : interjections , types de phrase ...

II ) l'argumentation de chacun et l'auto justification

1° la tirade de Rodrigue

Thèse : je ne suis pas un lâche

ARGUMENTS : 1 ) j'ai lavé l'honneur de mon père v 873 - 878
                    2 ) mais , j'ai beaucoup hésité ( délibéré ) v 879 -894
                    3 ) en définitive , je l'ai fait par amour et je mérite mon châtiment  v 895 -904

2 ° la tirade de Chimène

These : je suis obligée de te tuer

ARGUMENTS : 1 ) je te comprends v 905 -911
                      2 ) mais je dois aussi me venger même si le choix est difficile ( mais = conj . de coordination a valeur d'opposition = v 912 -926
                     3 ) en définitive , c'est par amour que je suis obligée de te (faire ) tuer . v 927 -932

Quelques figures de style

Fameuse replique de Chimène :

CHIMÈNE
Va, je ne te hais point.

c'est une litote , cela exprime l'ironie .

CHIMÈNE
Ah ! quelle cruauté, qui tout en un jour tue
Le père par le fer, la fille par la vue !

C'est un chiasme , il y a une symétrie entre les mots .

Voilà merci à tous , c'est un resumé rapide de cours

Corneille, Le Cid, acte III, scène 4

Deux rectifications :

Le père par le fer, la fille par la vue !
C'est un chiasme , il y a une symétrie entre les mots .

Dans un chiasme, il y aurait interversion de l'ordre des mots.
Ici, les mots sont dans le même ordre : c'est un parallélisme.

Va, je ne te hais point.
C'est une litote , cela exprime l'ironie .

C'est bien une litote, mais celle-ci n'exprime pas d'ironie.
Plutôt de la pudeur de sentiments, de la retenue.