Un doctorat sans agrégation

Bonjour,

je voudrais savoir, en tant que certifié, à quoi ça sert de faire un doctorat si l'on n'a pas l'agrégation ?
Quelles sont les chances d'enseigner dans le supérieur (université, prépa, Iufm etc.) ?
Qu'est-ce que cela apporte en plus d'un point de vue professionnel ?

Merci.

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Un doctorat sans agrégation

Larsson a écrit :

...en tant que certifié, à quoi ça sert de faire un doctorat si l'on n'a pas l'agrégation ?
Quelles sont les chances d'enseigner dans le supérieur (université, prépa, Iufm etc.).

En prépa, aucune, a priori. Je ne connais pas de profs de prépa non agrégés. Cela dit, cela ne signifie pas que ce soit statutairement impossible.

Pour la Fac, c'est plus compliqué. En théorie, seul le doctorat est requis. Mais l'agreg l'est parfois implicitement, pour départager les candidats, et à cause de la multiplication des thèses en peau de lapin. Cela varie beaucoup selon les matières et les universités. En tout cas, il y a beaucoup de MdC non agrégés.  smile

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Mais à l'université, les MCF qui ne sont pas agrégés à l'externe ne sont-ils pas au moins PRAG ? Ou bien il est possible qu'ils n'aient que le Capes voire que le doctorat ?
Ensuite, sans l'agrégation est-on payé comme un MCF agrégé ? comme un certifié ? ou comme un contractuel, c'est-à-dire à l'heure ?
Dernière question : y a-t-il plus de chance d'avoir un poste dans le supérieur avec une thèse de linguistique / stylistique qu'avec une thèse de littérature, ces dernières étant plus fréquentes ?

Merci en tout cas !

Un doctorat sans agrégation

Bonjour,

Si j'ai bien compris, ta question est : comment travailler dans le supérieur ? J'espère ne rien oublier.

En BTS, un CAPES suffit amplement. L'attribution de classes de BTS peut intervenir très tôt dans une carrière, sans doctorat.

En IUFM, un CAPES aussi suffit. Je connais un prof d'à peine 31 ans qui travaille à mi-temps en collège et à mi-temps en IUFM. Il va bientôt passer à plein temps en IUFM et devrait donc pouvoir, d'ici quelques années, obtenir une agrégation sans passer le concours.

En prépa, j'ai eu un professeur qui avait obtenu l'agrégation sans la passer, comme mentionné précédemment. Il enseignait aussi en fac (de médecine, sachant qu'il y donnait des cours d'épistémologie et que c'était un prof de philo au départ). Il était cependant entouré d'agrégés docteurs et normaliens donc je dirais que c'est possible mais rare.

En fac de Lettres, il me semble beaucoup plus difficile de s'intégrer sans doctorat et sans agrégation. Les statuts sont très variés et il faut distinguer :
- ATER ;
- PRAG ;
- maîtres de conférence ;
- professeurs des universités.

D'après ce que j'ai compris, la fac est un milieu très politisé où l'appui d'une personne bien placée peut être l'élément déterminant. Les enseignants se recrutent entre eux et donc les critères de recrutement sont :
1. l'excellence ;
2. la pertinence du domaine de recherche (on cherche un médiéviste, on prend un médiéviste et si les labos sont axés dans ce domaine sur la littérature, le linguiste a moins de chances d'intéresser les recruteurs a priori) ;
3. l'appui de professeurs des universités (plus ou moins le piston, donc).

Si tel est ton but, je te conseillerais de choisir ton directeur de thèse avec beaucoup de précautions. La clef, c'est aussi le réseau. Il faut aussi savoir que l’habilitation à diriger des recherches demande énormément de travail (on me l'avait comparée à une seconde thèse).

Au niveau de la rémunération, il faut voir au cas par cas, selon le type de contrat.
Rémunération des maîtres de conférence.

Un doctorat sans agrégation

Les maîtres de conférences doivent être docteurs avant leur recrutement. 
Un PRAG est un professeur agrégé affecté dans l'enseignement supérieur.
Un PRCE est un titulaire du CAPES affecté dans l'enseignement supérieur.
Les PRAG ou les PRCE ont une charge d’enseignement de 384 heures, donc ne sont pas payés à l'heure. Certains sont thésards.

En 2008-2009, il y avait 13 427 PRAG et PRCE, soit près de 16% des effectifs de l’enseignement supérieur, plus de la moitié en Lettres et sciences humaines, plus de 4000 en langues. Soit à peu près 400 postes offerts par an, toutes disciplines confondues.

Un doctorat sans agrégation

Ensuite, sans l'agrégation est-on payé comme un MCF agrégé ? comme un certifié ? ou comme un contractuel, c'est-à-dire à l'heure ?

Un maître de conférences touche un traitement correspondant à son corps de maître de conférences, indifféremment de son corps précédent dont il perd le bénéfice.

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Donc, la proportion de MCF non agrégés est plutôt faible par rapport à ceux qui le sont ?

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Dans les disciplines qui ont une agrégation correspondante, sur des chaires à profil assez classique, et pour des professeurs français, oui, une grande majorité a obtenu auparavant l'agrégation (voire enseigné dans le secondaire).

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Bonjour à tous,

Je me permets d'écrire sur le forum parce que, même après l'avoir écumé ainsi que le web, je ne parviens pas à trouver réponse à mes questions et à sortir de ma confusion. Je n'ai personne à qui m'adresser autour de moi, personne n'étant dans le milieu universitaire.

Pour vous expliquer un peu la situation, j'ai fait une prépa lettres puis un Master de Littérature Générale et Comparée (que j'ai obtenu avec la note de 17/20 mais dont j'ignore désormais ce qu'elle peut bien valoir), pour continuer sur ma lancée, mon but ultime étant, après un doctorat en co-tutelle, de partir enseigner ou faire un postdoc dans une université à l'étranger.
La recherche en Littérature Comparée a été une vraie révélation à ce moment-là et je n'ai donc jamais cessé d'envisager le doctorat.
Après un semestre en Erasmus et une année de pause dans les études où j'ai enseigné en tant que suppléante en collège, je me suis inscrite pour passer l'agrégation et j'ai décidé de changer de ville et d'université (ce qui fut sans doute une grosse erreur à tout point de vue, celui du contact en particulier).
La difficulté du concours, son opacité, la nouveauté de certaines matières que je n'avais jamais abordées et qui me déplaisent profondément mais aussi d'un tout nouveau contexte d'études où je me suis volontairement déracinée m'ont rapidement faite sombrer au point que j'ai fait une grosse dépression pour finir par n'être pas même admissible.
Je retente le concours cette année, histoire de me dire que j'aurais tout tenté, mais je me fais vraiment peu d'illusions.

Arrivée à ce point, je souhaite toujours autant faire un doctorat parce que la recherche en lettres est ma passion et que j'aime enseigner (mais pas en collège/lycée). Cependant, je n'ai aucun contact ou "piston" dans le milieu universitaire, n'ayant pas su entretenir un rapport vraiment nourri avec mon ancien directeur de recherche (surtout maintenant que 2 ans et plusieurs milliers de kilomètres me séparent de mes années de Master), et je commence naturellement à m'interroger sur mes capacités à réussir dans ce milieu puisque j'entends et lis partout qu'il est totalement impossible d'obtenir un poste en Université (sans même parler de contrat doctoral) sans contacts et sans agrégation.
J'avais envisagé dès le départ la possibilité de partir directement à l'étranger faire un PhD, sans passer par la case de la co-tutelle, sachant que l'envie d'enseigner dans une université étrangère structure mon projet de base. Mais je lis partout que cette option est déconseillée, que les difficultés sont les mêmes, que ce soit pour le recrutement, comme pour les débouchés, et qu'en faisant cela, je me couperais toute possibilité de revenir un jour en Université Française.
Mon but n'est bien sûr pas d'atteindre les plus prestigieuses universités mais de pouvoir simplement avoir la chance de faire de la recherche à mon échelle et de pouvoir communiquer ma passion à d'autres qui la partagent.

Les autres débouchés éventuels après une thèse (reconversion dans le monde de l'édition, du journalisme, de la documentation OU enseignement en collège/lycée, en passant le CAPES) ne m'attirent absolument pas. En vérité, l'option d'une reconversion ne m'attire en général pas, mais il me faut désormais l'envisager.
J'ai 25 ans, je rêve de devenir enseignant-chercheur depuis le lycée, je n'ai travaillé que dans ce but depuis le début de mes études et je dois commencer désormais à envisager une totale reconversion sans savoir si je dois tout de même tenter le doctorat avant ou si je peux faire quelque chose de valable d'un Master 2 en Littérature Comparée, et même si je suis encore capable de faire autre chose que des études littéraires qui ont été toute ma vie jusqu'ici!

L'injustice d'avoir travaillé si dur et si longtemps pour obtenir des diplômes qui ne valent rien, d'avoir été le "nez dans le guidon" trop longtemps pour me sentir capable d'envisager ou faire autre chose, l'incompréhension totale de mon entourage qui me regardent comme une "feignante" parce que je ne suis pas prête d'avoir un boulot "utile", l'impression perpétuelle de n'être pas à la hauteur... Tout cela fait que je me sens sombrer et sans une personne bien informée à qui m'adresser, la situation me paraît totalement insurmontable.

Mes questions concrètes sont donc les suivantes:
- A-t-on plus de chances de pouvoir travailler à l'étranger si on fait une thèse en co-tutelle ou plutôt un PhD? Quelles sont les modalités pour partir, pour être financé?
- Quels sont les débouchés concrets pour un doctorat en littérature sans l'agrégation? Et cela vaut-il vraiment la peine de s'engager dans cette voie quand on n'est pas agrégé (et qu'on a peu de chance de le devenir un jour)?
- Comment peut-on financer sa thèse sans contrat doctoral en France?
- Comment faire pour nouer des contacts dans les laboratoires universitaires quand on part de zéro?

J'imagine que ça fait beaucoup de questions (et beaucoup de texte) mais il est difficile d'obtenir un état des lieux précis et clair sur ces points et le simple fait de pouvoir partager mon état d'esprit aide déjà un peu.

Quoiqu'il en soit, je vous remercie d'avoir pris la peine de me lire.

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Un doctorat sans agrégation

Bonjour Cormac smile je ne sais pas si je pourrai beaucoup t'aider mais j'avais envie de réagir à ton message car il a fait écho à beaucoup de choses chez moi wink. J'ai eu le même parcours que toi, de la licence à l'agreg (sans l'obtenir non plus), et pareil, au lycée et surtout à la fac, je souhaitais devenir enseignant-chercheur. L'idée de la thèse me plaisait beaucoup, mais je dois dire que les impératifs bassement matériels ont gagné^^

Il est possible, dans l'absolu, de faire une thèse sans avoir l'agreg, mais officieusement je pense que l'avoir permet d'obtenir un poste plus facilement...alors bien sûr, j'ai eu des profs, même s'ils n'étaient pas nombreux, qui n'avaient pas le concours, mais il est déjà difficile d'obtenir un poste en l'ayant, alors sans, ça complique les choses...ou alors, comme tu le dis, il faut du piston, ça fonctionne aussi beaucoup comme ça.

Pour financer sa thèse sans contrat doctoral, honnêtement, à part faire des vacations à côté, je ne vois pas. Comme le disait, je crois, Mirliton sur un autre sujet, il est vraiment difficile de revenir vers la fac après l'avoir quittée, et même si tu es restée dans ce cadre, tu as quitté ta fac d'origine, celle où j'imagine tu connaissais un peu les enseignants.

Tu aurais déjà un projet de thèse à proposer ? Tu peux essayer de postuler pour un contrat doctoral fin 2014 (bon, pour cette année c'est trop tard, mais tu pourrais éventuellement être contractuelle dans des établissements pour voir un peu ce que donne l'enseignement dans le secondaire ? Personnellement, j'ai  tenté deux fois l'agreg, et en voyant que je stagnais, j'ai changé mes plans. Je te souhaite de tout cœur d'y arriver !