Bonjour,
Il convient d'abord de rappeler ce qu'est l'ironie : un procédé essentiellement fondé sur l'antiphrase ou l'art de faire comprendre le contraire de ce que l'on exprime.
Il faut donc chercher quel effet veut produire Camus pour déterminer s'il s'agit d'ironie.
Autant que je m'en souvienne dans la Chute, Camus se livre à plusieurs entreprises
- tourner en dérision le rigorisme moral chrétien jugé inhumain ou plutôt inapproprié à la condition humaine, la religion se réduisant à un moralisme plutôt qu'à une recherche du sens ou une rencontre avec le sacré,
- se moquer de l'orgueil et des inconséquences de son juge,
- indirectement proposer un humanisme plus "souriant", à la limite de la complaisance, un "salut" loin de la solitude, dans la rencontre d'êtres de passage devenant l'occasion de confessions...
La parodie et la dérision ne sont pas toujours ironiques, elles cherchent d'abord à ridiculiser, déconsidérer, elles expriment au premier degré ce qu'elles entendent montrer.
Mais Camus se livre à un exercice d'ironie chaque fois qu'il suggère les contradictions de son personnage.
Tu peux regarder ce lien http://www.etudes-litteraires.com/la-chute.php
La Chute me semble être une démarche pour comprendre cette culpabilité diffuse qui habite tout homme et rechercher dans un humanisme laïc les moyens d'essayer d'y échapper. Ce serait une réappropriation de la faute originelle...