1 (Édité par Leihe 20/06/2012 à 23:48)

Le mensonge de l'intention auctoriale

Un sujet sur le problème de ce que l'on nomme l'intention auctoriale dans les études littéraires est sur ce forum, je le sais, condamné dès sa création à l'inintérêt généralisé et sera mort-né faute de réactions. Ceci dit, il est presque 23h40 lorsque je commence à écrire ce message et je m'ennuie ferme. Cet ennui, s'il ne légitime en rien ce qui va être dit ci-après et si même, j'en ai une claire conscience, sape une motivation auctoriale qui pourrait légitimer, a posteriori, pour vous, le déplaisir de m'avoir lu, est toutefois aux racines profondes de mon entreprise. Il ne serait d'ailleurs pas possible d'envisager ici la possibilité de créer un sujet sur tel ou tel question d'esthétique, sans que cela soit profondément motivé par un mal être ou un ennui de l'âme : rien ne peut justifier, mise à part cela, l'écriture de lignes dont on sait qu'elles ne seront pas lus ou que, pire, étant lus, elles resteront seules dans leur propres silences et finiront, bon an mal an, dans les limbes numériques et blanchâtres de cette section - ce processus prendra cependant une trentaine d'années au vu de l'activité fébrile qui agite cette section (activité que l'on pourrait modéliser par l'image vibrante d'une pupille de comateux devant "N'oubliez pas les paroles").

Ce préambule, que les meilleurs d'entre-vous auront lus jusqu'au bout en saluant le style et l'orthographe parfaite, ne dit pas le plus important sur l'éminent sujet qui sera ici traité (par moi seul, sans doute, mais traité tout de même), puisqu'il ne révèle pas que le contenu sera ici éminemment polémique en ce qu'il sera une attaque en règle d'une phrase, je dis bien d'une phrase (et les trois lecteurs assidus et fanatiques qui me suivent encore frémisses dans leur bas de culotte, se gargarisent de joie à l'idée d'assister dans l’alcôve mystérieuse et secrète du forum à une lutte au sommet) écrite par 76man (mais ce pu être n'importe qui d'autre, en vérité : nous ne sommes pas ici dans une querelle de personne, mais bien au dessus, loin loin du côté de la sphère des Idées, juste à côté de Dieu et de son auctoriale intention) et qui disait, je cite à moitié de mémoire (en vérité je cite avec l'autre sujet à côté, mais c'est tout l'art du teasing que de faire croire à la fragilité précieuse de la citation de mémoire) que telle correspondance n'était pas une "oeuvre" du fait que "l'histoire du texte ne [manifestait] pas d'intention auctoriale".

La phrase est lâchée. Devrais-je dire plutôt, à des fins scénaristiques : LA phrase est lâche. La notion fondatrice de toute une appréciation de la littérature et de l'art en général et qui, bien que profondément problématique, est envisagée par une partie des étudiants / universitaires comme allant de soi. L'évidence de l'intention auctoriale comme justification ultime d'une catégorisation d'un texte comme "oeuvre" ou non. L’œuvre est ce qui est issu d'une "intention" formatrice, d'un vouloir démiurgique. Elle est la production clairement voulue d'un sens, unifiée sous l'âme de l'écrivain, sous le geste d'un auteur qui contrôle, du début à la fin, la chaîne procédurale de son écrit. La phrase est lâchée et avec elle on lâche aussi tout un impensé - bien pensé ailleurs pourtant - esthétique, creusé de la Renaissance au Romantisme, et qui pense l'auteur (cette secrète auctorialité) comme le pivot central du texte littéraire et de la littérature. L'opera qu'est l’œuvre suppose une intelligence unificatrice et chargée de donner du sens, sans quoi elle est inopérante en tant que telle et illégitime d'un point de vu littéraire.

On s'en fout, pourra-t-on me dire. A cela je répondrais deux choses. La première, c'est qu'effectivement on s'en fout, mais que je me fais chier et que donc ce que vous lisez là est d'abord et fondamentalement légitimé par mon état d'ennui. Si vous n'êtes pas content, aller voir dans le jeu de l'auteur mystérieux si Flaubert y est. Bordel, si quelqu'un m'interrompt pour ça, je lui trucide sa gueule à ce gland (la vulgarité et l'idée d'une discussion font partie d'une stratégie auctoriale de ma part visant à ce que le péquin qui reste encore à lire ça puisse se dire qu'il a pas perdu dix minutes de sa vie pour rien et que quand même il s'est bien marré - hahaha on rigole). La deuxième est que l'argument n'aurait effectivement aucun intérêt, du fait de son in-opérance- comme nous le montrons plus loin (le "nous" ça fait sérieux, l'annonce "plus loin" encore plus), s'il n'était pas envisagé comme un argument d'autorité, coupant court à tout autre.

Dire : "il n'y a pas d'intention de l'auteur", c'est pensé par ceux qui utilise l'argument, comme une coupe radicale sous les pieds métaphoriques de leur opposition (si vous voulez marrez, on peut organiser des ateliers métaphores du côté de Saint Germains tout les samedis soirs, on fera concurrence au gentil club de lecture de la rue d'à côté). Là dessus, et pour ceux qui survivant encore, veulent avoir la méthode de bibi pour contrer les professionnels de l'auctorialité, je dirais deux choses (après réflexion, peut-être trois : c'est la racine dialectique du mal qui s'exprime - en gros, c'est pas moi, c'est Satan) :

D'une part, l'intention auctoriale est illégitime d'un point de vu esthétique. Elle reflète une vision a posteriori du texte, une concrétion méta-textuelle (là je me la pète clairement, mais y'a plus personne à ce niveau de paragraphe, alors y'a pas de mal àse faire du bien), une excroissance studieuse. Autrement dit, l'intention de l'auteur est toujours, d'une manière ou d'une autre, quelque chose qu'envisage le lecteur : soit parce qu'il sait - par l'Histoire - que tel auteur a écrit cela intentionnellement, soit parce qu'il "ressent quelque chose comme" cette intention. Dans le premier cas, l'appréciation directe du texte comme oeuvre littéraire est biaisée par autre chose. Cette influence n'est pas illégitime en soi, mais elle ne me semble pouvoir fonder une critique de la littéralité de l’œuvre : puisqu'elle est un a posteriori de la lecture. La chose est aussi aberrante que de dire que tel peinture n'est pas de l'art parce qu'on a apprit qu'elle a été faite par un programme, un robot, ou je ne sais quoi d'autre sans intention auctoriale. Le rapport esthétique qu'on entretient avec un texte ne présage pas de la présence de l'auteur dans ce texte. Elle peut, au maximum, ressentir cette présence (selon mon deuxième soit, pour ceux qui suivent), mais dans ce cas là, l'intention auctoriale n'est plus qu'un "ressenti d'une intention auctoriale". Ce ressenti, comme tout ressenti, peut s'écarter de la réalité des faits : je peux imaginer ressentir une "intention du peintre" devant une peinture réalisé par un programme informatique (exemple à la con et critiquable, mais vous avez compris l'idée... ). Bref, esthétiquement parlant, l'intention auctoriale c'est une bouse. C'est une espèce de facilité d'étude. L'argument d'autorité merdique qui vient se poser là, au milieu du visage de l'opposant. C'est le point Godwin de la littérature. On replace "Espèce de nazi" par "Y'a pas d'intention auctoriale" et voilà. Hop. Tout est justifié. Bande de nazi ! (Ceci est une blague : "rire").

D'autre part, l'intention auctoriale est inopérante comme concept. Concrètement, ça ne sert à rien l'intention de l'auteur dans l'analyse d'un texte. Ca ne sert à rien parce que, comme je l'ai déjà dit, c'est un point Godwin de l'argumentaire. C'est une auctoritas (placer du latin ça pète) qui n'a aucun sens. L'intention auctoriale est inopérante concrètement parce qu'elle ne peut être analysé : du fait même que l'établissement historique de la notion radicalise la place de l'auteur et fait de lui l'espace secret et intime de la création. A cause de cela même qui creuse l'auctorialité dans le paradigme de ceux qui utilise l'argument, eh ben l'intention auctoriale n'a pas de sens. Ça serait la même chose que de parler de l'intention auctoriale de Dieu. Aller dire ça à Dun Scott, il vous fout une mandale dans la gueule et va s'y que je te condamne pour blasphème à tire larigot. Parler de l'intention auctoriale n'a pas de sens parce que cette intention est profondément lié à une pensée du mystère de la composition de l’œuvre, de l'opera artistique et littéraire. C'est l'indicible du geste en peinture ou l'ineffable de la composition musicale. Là, on à affaire à un mur. Donc, parler d'intention auctoriale, c'est, au moment même où on en parle, dire qu'on ne peut pas en parler.

Enfin, c'est couillon méthodologiquement. Tout peut se justifier, à la limite, à part la privation méthodologique que suppose le dogme de l'intention auctoriale. Faire de l'intention de l'auteur un point capital de la lecture d'un texte c'est ôter à ce texte ce qui le rend profondément intéressant / vertigineux / historiques : c'est à dire sa capacité de principe à échapper, justement à sa source ; que ce soit pour entrer dans une intemporalité étrange ou dans une temporalité trans-historique nourrissante. L'auteur, méthodologiquement, il joue trop souvent comme un frein à l'analyse alors qu'il devrait pouvoir être envisagé comme un adjuvant. Il ne s'agit pas de dire qu'on peut tout dire sur tout et que l'auteur est mort, simplement. Mais, juste d'admettre que l'auctorialité est un creux et que parler de lui c'est soi mentir, soi parler de son propre ressenti face à l’œuvre, soi encore poser un jugement a posteriori, historicisé, sans en avoir conscience, sur un texte. Dans tous les cas donc, et selon une certaine mesure, c'est se planter. Et vous serez d'accord avec moi, oui, vous au fond, vous qui croyez venir errer sur les limbes du "jeu de l'auteur mystérieux" et qui vous vous êtes fait choppé par l'auctoriale intention que j'avais de vous faire chier, vous serez d'accord donc pour dire que se planter et faire de sa poutre dans l'oeil le principe de la pensée du monde, c'est faire le couillon puissance dix milles.

Bref, laissons une place à l'auteur, à l'écrivain, à celui qui témoigne, à celui qui est là, présent quand même, inventé ou réel. Mais, ne l'écrasons pas lui-même sous l'intention auctoriale. On tue son intention possible en inventant des intentions qu'on lui prête. Écrire et publier c'est faire le choix d'une échappé : respectons cette intention fondamentale qui est celle qui accepte de perdre sur son écrire un pouvoir (si tant est qu'il existe). Dans le cas où la publication n'est pas voulue, l'intention auctoriale, de toute façon, comme notion, éclate : donc laissons-la de côté.

Mon combat à trente ans, mais je suis heureux d'avoir perdu une heure à chasser ce moulin.

Là dessus, celui qui va mourir vous salue !

Edit : Va s'y 76man, j't'attends (ceci est une provocation intentionnelle à un duel auctoriale).

Le mensonge de l'intention auctoriale

[ Je me permets de parfaire l'ambiance avec ceci : http://youtu.be/btPJPFnesV4 ]

3 (Édité par Delia 21/06/2012 à 00:49)

Le mensonge de l'intention auctoriale

les meilleurs d'entre-vous auront lus jusqu'au bout en saluant le style et l'orthographe parfaite,

Oui, j'ai lu jusqu'au bout, ce qui m'a permis de constater que le style est imbuvable et l'orhographe... décourageante !
J'ai lu des copies de baccalauréat plus correctes.

Le fond de la question ? Proclamer que tout est œuvre de ce qu'a écrit un auteur, y compris sa liste de courses... Après tout, Mallarmé rédigeait en vers ses adresses de lettres. (Mais justement, il voulait être lu par le facteur !) Si tout est œuvre, plus rien n'est œuvre, exeant litterae.

Si l'intention auctoriale de ce factum était de dilater nos rates, ce but est pleinement atteint.

4 (Édité par Polo 21/06/2012 à 07:36)

Le mensonge de l'intention auctoriale

Delia a écrit :

Le fond de la question ? Proclamer que tout est œuvre de ce qu'a écrit un auteur, y compris sa liste de courses... Après tout, Mallarmé rédigeait en vers ses adresses de lettres. (Mais justement, il voulait être lu par le facteur !) Si tout est œuvre, plus rien n'est œuvre, exeant litterae.

Je ne pense pas que Leihe ait dit cela.
Supposer qu'un texte est une oeuvre parce que son auteur a dit et voulu qu'il en soit une, c'est biaiser d'emblée l'analyse que l'on en fera. J'avais moi-même trouvé l'argument de 76man assez faiblard, et vous-même disiez en lui répondant que Mme de Sévigné avait fait une oeuvre... donc ?
Se soumettre à cette intention auctoriale, c'est se priver de tous un tas de textes (je laisse à Leihe le soin de parler d'autres supports artistiques) grâce auxquels on peut s'interroger avec passion sur ce qui fait qu'une oeuvre est oeuvre. Que fait-on simplement de ces textes anonymes, de ces textes brûlés (ou voulus brûlés) par l'auteur ? Et de ces hommes dont on ne sait trop comment qualifier la production ? (Walter Benjamin par exemple dont les textes "philosophiques" n'ont pas qu'une valeur critique) Il vaut peut-être mieux partir d'une "situation auctoriale" (quelqu'un a bien écrit ce texte bien sûr) que supposer immédiatement une "intention auctoriale".
Et lorsque l'on examine l'énorme corpus testimonial qui nous a été légué au siècle dernier, eh bien, il y a de quoi, souvent, remettre en question ce dogme de l'intention auctoriale et cet autre dogme qui ne veut voir que du testimonial alors que, précisément, quelque chose le trouble (une intensité de la voix... qui n'est justement plus simplement testimoniale... et qui peut donner au texte sa poétique). Mais cet exemple pourrait justifier une conversation à elle-même tant les malentendus sont encore grands.
J'ai suivi ce semestre un cours où l'on examinait trois journaux : l'un d'un écrivain aujourd'hui célèbre mais qui semblait considérer que son oeuvre se construisait ailleurs, dans l'espace strict de la fiction ; l'autre d'une jeune femme qui se forma par l'écriture diariste répétée mais espérait un jour produire une "chronique de son temps" (elle n'en a pas eu le temps, elle fut déportée à Auschwitz après nous avoir livré miraculeusement de très belles lettres de Westerbork) ; l'autre, enfin, ne cherchait vraisemblablement pas à faire oeuvre, cultivait au contraire un air de dilettantisme, mais, à lire son journal décrivant dans le détail une relation amoureuse passionnée, on ne peut qu'être frappé par son geste d'écriture, par ce qui a tout l'air d'être un style. Il ne s'agit pas ici d'ignorer ce qu'ils ont pu dire en passant de leurs textes, mais de reconsidérer ce qu'ils nous ont laissé, de ne pas se laisser duper par leurs intentions (feintes ?) de faire oeuvre ailleurs ou plus tard. A examiner précisément ces trois journaux, il est très délicat de ne pas les voir comme des oeuvres. Et pas simplement, justement, parce que les éditeurs les ont voulu comme telles, en particulier pour le 2e journal. Ce n'est pas, à mon avis, du relativisme que d'interroger sans cesse cette notion fuyante d'oeuvre.
Paradoxalement, je perçois plutôt le danger qu'il y aurait à se reposer entièrement sur ce que l'auteur nous dit de ses ambitions et à lui supposer une maîtrise totale de ses écrits. J'accorde une place bien plus importante à certains journaux d'enfants et d'adolescents écrits pendant la Catastrophe (oui c'est ma marotte), à leurs soudaines fulgurations qui font basculer le texte, qu'à un texte supposé d'auteur (prenons un texte dit d'auteur, en réalité très faible, très mineur, mais que l'on garde, que l'on fera même étudier parce que l'auteur nous a donné la fausse impression que tous ses textes faisaient sens...et oeuvre). Une amie me disait très récemment qu'elle sauverait un seul petit vers d'un poète polonais dont tout le monde se fout ici et se moquerait, elle, bien volontiers du devenir d'un roman considéré, à tort ou à raison, comme une réussite et une "maîtrise parfaite de l'auteur en question". Reste à comprendre pourquoi, c'est-à-dire reste à établir comment ces petits vers anodins font bien plus oeuvre qu'un roman qui semble aller de soi : mais ce n'est pas encore le moment de faire des analyses poétiques dépassant de loin l'intention auctoriale. Avant, il faudrait les lire, tous ces textes, et échapper à la hiérarchisation tentante, mais discriminante, qui organise la littérature dans son ensemble et qui vient encore de cette soumission à l'auteur du texte, à son détenteur, à son démiurge. A trop s'y soumettre on peut très vite oublier la dissociation de la voix biographique et de l'autre voix que fait naître le discours.

Je ne sais pas si j'engage la discussion, si j'entre en dialogue avec Leihe, confirme ses propres ou les nuance selon ma propre expérience de lectrice. Mais votre intervention, Delia, me semblait réductrice. Peut-être n'aviez-vous pas bien compris. Peut-être aussi que Leihe n'avait pas suffisamment appuyé son intention auctoriale d'être plus sérieux que ses pitreries le laissaient entendre.  wink

Le mensonge de l'intention auctoriale

Je m'excuse, Delia, pour l'orthographe décourageante : c'est une forme de sélection par le bas que je pratique dès que je peux. Je ne doute pas qu'il existe des copies de baccalauréats plus correct, comme vous dites. Je ne doute pas non plus que vous devez bien rigoler en les lisant (hahaha !).

Si tout est œuvre, plus rien n'est œuvre, exeant litterae.

C'est un argument fallacieux parce qu'il justifie un dogme par un autre. L'intention auctoriale, si elle n'est qu'une défense de l’œuvre comme concept, n'a de sens que si l'on justifie justement la défense de la notion d’œuvre. Or, l'idée d’œuvre en elle-même, contrairement à ce que vous laissez supposer en la donnant comme une évidence, ne va pas de soi et rien ne justifie, par principe, qu'il faut "faire oeuvre". Si l'objet était la défense de cette notion, nous pourrions pondre une trentaine d'autres principes du même ordre que l'intention auctoriale pour justifier l'idée d'oeuvre.

La question se porte sur la légitimité de l'intention auctoriale dans l'analyse d'un texte. Vous ne répondez pas à cette question en vous cachant, encore une fois, derrière un argument d'autorité. Sur la place écrasante que peut prendre cette idée de l'intention de l'auteur dans les analyses et, par exemple, au hasard, dans les cours de français préparant au baccalauréat.

Bref, on ne peut pas répondre grand chose à votre intervention (qui a cependant le mérite de m'ouvrir les yeux sur mon déplorable style, ce qui n'est pas rien), puisqu'elle n'avance pas véritable d'argument. C'est d'ailleurs ainsi intéressant, puisque l'intention auctoriale, comme l’œuvre, sont de telles arguments d'autorités dans la bouche de certain, qu'ils ne nécessitent aucune justification. Pour le coup, on est vraiment dans un régime métaphysique de justification ; l'oeuvre doit être, si pas d'intention : l’œuvre n'est plus, or, l’œuvre ne pas ne pas être, donc intention auctoriale (je m'amuse à supprimer des mots, c'est pour pourrir mon style). La question reste toujours : que faire de cette théologie littéraire construite autour de la figure de l'auteur ?

Le mensonge de l'intention auctoriale

La question se porte sur la légitimité de l'intention auctoriale dans l'analyse d'un texte.

Si vous disiez cela dans un langage compréhensible ?

En gros, vous vous demandez s'il faut tenir compte des intentions de l'auteur quand on analyse un texte ?
La réponse est évidente : nul ne connait les intentions de l'auteur. Tout ce que l'on peut faire c'est dire ce que l'on comprend de ce texte, et supposer que l'auteur a bien voulu l'y mettre.

7 (Édité par Leihe 21/06/2012 à 21:09)

Le mensonge de l'intention auctoriale

Si vous disiez cela dans un langage compréhensible ?

Vous êtes si charmante... Vous m'apprendriez à parler correctement (cela me serait grandement utile dans ma vie quotidienne) ?

En gros, vous vous demandez s'il faut tenir compte des intentions de l'auteur quand on analyse un texte ?
La réponse est évidente : nul ne connait les intentions de l'auteur. Tout ce que l'on peut faire c'est dire ce que l'on comprend de ce texte, et supposer que l'auteur a bien voulu l'y mettre.

Pas simplement. La question est posée à la notion d’œuvre elle-même et de l'indexation de cette notion à l'idée d'un vouloir démiurge de l'auteur. Et votre évidence n'en ai pas une...

PS : Tes messages donnent un peu l'impression de n'avoir pour raison d'être que de me rappeler que mon propos était inintelligible, c'est un peu dommage que tu nous ne fasses pas profiter de ta bonne syntaxe pour avancer des arguments et des réflexions un peu plus intéressantes que tes "évidences". Mais bon... (Polo à écrit de très belles choses aussi, mais peut-être que son orthographe est trop correct pour que tu puisses avoir quelque chose à relever).

Le mensonge de l'intention auctoriale

Donc, toi tu as droit au présent de vérité générale ?

. La question est posée à la notion d’œuvre elle-même et de l'indexation de cette notion à l'idée d'un vouloir démiurge de l'auteur.

La syntaxe est impeccable.
C'est le lexique qui n'a aucun sens : l'indexation de la notion, le vouloir démiurge !

Comme canular, c'est extrêmement réussi : dire si peu de choses en tant de mots, quel talent !

9 (Édité par Leihe 22/06/2012 à 00:07)

Le mensonge de l'intention auctoriale

Votre mépris est pédagogique j'imagine...

Après, si vous n'avez rien à dire d'autre, vous pouvez vous lâcher par MP (je suis joignable) : ça aura l’élégance de la discrétion (à défaut d'autre chose).

Je peux reformuler l'idée, soumise à votre appréciation, à votre notation et à votre vif esprit, pour qu'elle soit compréhensible du point de vu lexical à ceux qui savent parler français :

La question qui me semble être importante au sujet de la place de l'auteur dans la littérature est celle qui consiste à réfléchir sur la relation qui noue l'idée d'oeuvre - comme ensemble unifié de sens et produit d'une volonté (démiurgique, oui, dans l'histoire du terme) - et l'idée d'auteur - comme entité plus ou moins concrète à partir de laquelle cette oeuvre est entendue comme telle.

Le mensonge de l'intention auctoriale

On en apprend tous les jours !
J'adoooooooooooore cette définition de l'auteur :

comme entité plus ou moins concrète à partir de laquelle cette oeuvre est entendue comme telle.

Vous en avez vu beaucoup, des auteurs qui n'étaient pas des entités concrètes ?
Même Homère, même Ésope, si mythiques qu'ils soient, ont forcément quelque chose de concret.

Pas mal non plus, l'histoire du terme...
De mon temps, on disait étymologie, mais histoire du terme est une bonne adaptation.