1 (Édité par Frydman Charles 23/06/2012 à 14:33)

La Bête humaine de Zola inspiré de Montépin ?

Je suis dans "la porteuse de pain" de Xavier de Montépin, alors je continue sur le sujet...Je me demande si "la bête humaine" de Zola  (1890) est inspiré de "la porteuse de pain" (1884) de Xavier de Montépin.

Quelques éléments pour étayer mon hypothèse:

maman LISON dans "la porteuse de pain et la locomotive "la LISON" dans le roman de Zola.

L'école d'ingénieur des "arts et métiers".

Les ingénieurs ne sont pas tous des abrutis gavés de calculs et ne pensant qu'à leur machine...Heureusement.

Jacques Lantier ( la bête humaine) n'est pas une bête, il est intelligent, il a fait  les "arts et métiers"

http://livres.hexagone.net/art/bookcast … ent=913072

Au sortir de l'École des arts et métiers, malgré sa vive intelligence, il avait choisi ce métier de mécanicien, pour la solitude et l'étourdissement où il y vivait, sans ambition d'ailleurs, arrivé en quatre ans au poste de mécanicien de première classe, gagnant déjà deux mille huit cents francs, ce qui, avec ses primes de chauffage et de graissage, le mettait à plus de quatre mille, mais ne rêvant rien au-delà.

Mais au moment de "ses crises" il se comporte comme une bête !!!

Dans "la porteuse de pain", Lucien Labroue est le fils de Jules Labroue, polytechnicien.

Lucien Labroue est "aussi" ingénieur des "arts et métiers" et mécanicien dans "les chemins de fer".

Ci-après un extrait du chapitre II/I, lorsque le faux Paul Harmant, alias Jacques Garaud, s'adresse à Lucien Labroue:

« Georges Darier, fit-il ensuite, vous recommande à moi avec la conviction d’un homme sûr de votre mérite. Vous êtes de l’école des Arts-et-Métiers ?
- Oui, monsieur, et j’ai des études spéciales relativement à la mécanique appliquée aux chemins de fer. Je ne m’en suis pas tenu à la théorie, j’ai abordé la pratique. Je puis me mettre à un étau pour démontrer aux ouvriers comment on forge et on ajuste une pièce.

Mais il est sans doute l'un des personnages les plus humains du roman !!! Désinteressé par l'argent, amoureux de Lucie Fortier, simple couturière, la fille de Jeanne Fortier....Le coeur sur la main....

Les "arts et métiers" n'y sont pour rien dans la maladie de la "bête humaine" de Zola ?

Dans les deux romans le feu des fours à pain (sous entendus) ou chaufferies de machines à vapeur qui  explosent ou risquent d'exploser. Un peu comme la boite crânienne de Jacques Lantier !!!!

Si on compare les deux Jacques: Jacques Garaud de "la porteuse de pain" et Jacques Lantier de "la bête humain" , lequel est le plus bestial ? Jacques Graud est dévoré d'ambition alors Jacques Lantier est sans ambition. Ils sont tous deux intelligents...La lecture de livres "mal assimilés" a du tourner la tête de Jacques Garaud...Dans l'adaptation télévisée de 1973, ces livres sont précisés...Nietszche, Balzac...

I/II

http://fr.wikisource.org/wiki/La_Porteuse_de_pain/I/II

Garaud était un homme de trente ans environ ; ce qu’on appelle dans le langage populaire un beau gars : un solide gaillard bien bâti. Son regard exprimait l’intelligence, mais non la franchise. Sa lèvre inférieure épaisse dénotait un tempérament sensuel et des passions violentes.

C’était un ouvrier mécanicien de premier ordre, et de plus, très exact, très consciencieux dans son travail. M. Labroue avait voulu se l’attacher sérieusement. Depuis six ans il appartenait à l’usine en qualité de contremaître.

Jacques connaissait ses dispositions naturelles, ses aptitudes et souvent, pour les développer plus encore, il consacrait une partie de ses nuits à l’étude de livres spéciaux. Des rêves d’ambition fiévreuse le hantaient.