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Quelles expériences l'écriture poétique décrit-elle dans les différents textes du corpus ?

Bonjour,

Je me suis entraîné sur le sujet du bac L de français 2012 (juste le corpus) qui est tombé en Amérique du Nord, en conditions (ça m'a pris 1h20  hmm ).
Sachant que je ne suis pas très sûre de moi concernant la méthode du corpus, je me permet de recopier ici ce que j'ai écrit. J'aimerais avoir des avis, des corrections si possible, afin que je sache ce que je dois travailler... j'avoue qu'en ce moment j'ai la boule au ventre rien que de penser aux épreuves de Français, même l'oral, j'ai peur d'être à côté de la plaque !


Le sujet : ici -> http://www.site-magister.com/sujets26.htm#LAm


"Quelles expériences l'écriture poétique décrit-elle dans les différents textes du corpus ?"


  Le corpus est composé de quatre poèmes : un sonnet de Baudelaire, "La Musique", un poème versifié d'Arthur Rimbaud, "Sensation", et deux poèmes en prose, "Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud !" de René Char et "La robe des choses" de Francis Ponge.
Nous verrons comment les choses simples de la vie peuvent avoir un impact sur le poète dans ces différents textes, et comment elles deviennent alors des brèches par lesquelles il s'évade.

  Dans les textes de Rimbaud, Baudelaire et Ponge, un élément vient toucher le poète et fait naître en lui des émotions. Dans "La Musique" et "Sensation", Baudelaire et Rimbaud nous rapportent de manière lyrique, avec la présence du "je" ainsi que du champ lexical des sentiments comme "sentirai", "sens", "en moi", "amour", "desespoir"... , ce que l'écoute de musique pour l'un et une escapade à la campagne pour l'autre leur confère. Pour Baudelaire c'est une émotion forte, la musique le "prend" et fait "vriber en (lui) toute les passions", tandis que pour Rimbaud, s'imaginer fuir à la campagne lui procure du bonheur, il est simple "heureux". Quant à Ponge, ce sont les choses du quotidien qui touchent son âme de poète. Le texte étant adressé au lecteur avec des verbes à l'impératif comme "soyez", "apprenez", "aimez", il souhaite nous communiquer "ce parti pris". Il veut que, tout comme lui, nous soyons "émus" par ces "objets", et que nous ne nous privions plus de leurs "surprises et merveilles".
 
  Les quatre textes proposent une fuite à travers ces choses. "Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud" soutient le désir qu'éprouve Rimbaud de s'éloigner de son quotidien dans "Sensation", d'aller "loin, bien loin". René Char critique l'environnement citadin du poète, "Paris", à l'aide de termes péjoratifs comme "pisse-lyres", "sottise", "stérile" et soutient son départ. Cette évasion est aussi présente avec Baudelaire qui est représenté par la métaphore du bateau emporté par "les flots amoncelés", "le bon vent" et "la tempête" de la musique. Quant à Ponge il souhaite offrir une nouvelle vision du monde et de ce qui nous entoure, afin de trouver dans chaque chose, banale fût-elle, une porte vers le rêve et la méditation.

 
  Ces quatre textes abordent donc tous la sensibilité exceptionnelle du poète face à son environnement, sa capacité de faire de chaque chose un prétexte à l'évasion, mais aussi à l'inspiration comme le montre ce corpus.



Voilà, j'ai un doute sur la pertinence de mes axes....
J'attends vos réponses avec impatience  big_smile

Personne ?  hmm

Je souhaiterais juste avoir des avis sur mon corpus, globalement, est-ce que j'ai saisi la méthode ?
Est-ce que j'ai bien répondu à la question ? Sinon, qu'aurait-il fallu faire ?

Une réponse rapide me suffit.... ^^

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Quelles expériences l'écriture poétique décrit-elle dans les différents textes du corpus ?

Bonjour,

Cette réponse est tout à fait acceptable.

Pour la méthode, je ferai deux observations :
- pas de lien avec l'objet d'étude, Écriture poétique et quête du sens du Moyen Âge à nos jours, en relevant justement que les grands poètes du XIXe et XXe siècles sont des aventuriers du sens... (le corpus ne reprenait que des poètes modernes),
- pas de reprise de la question dans l'introduction : Quelles expériences l'écriture poétique décrit-elle dans les différents textes du corpus ?

Il me semble qu'il aurait fallu préalablement définir "expérience", ce qui aurait évité de dévier vers les fonctions de la poésie. L'expérience est ici globalement un état émotif : états passionnels contrastés pour Baudelaire, liberté pour Rimbaud, révolte pour Char, attention, mise en éveil pour Ponge... Le point commun était donc le lyrisme, l'expression des sentiments. Le poète est celui qui sait donner un sens nouveau aux mots pour exprimer son univers intérieur.

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Quelles expériences l'écriture poétique décrit-elle dans les différents textes du corpus ?

Bonjour,

Un grand merci pour votre réponse !

Donc, en clair, il faudrait que je mette mieux en évidence l'objet d'étude du corpus, et que je réutilise les termes de la question.

Mais alors, mon idée tient-elle ? Le fait que " l'expérience " c'est celle de l'émergence de sentiments divers du poète face à des choses, simples voir banales en l'occurrence ?

Car je ne comprends pas bien le lien avec le corpus lorsque vous dîtes :
"Le poète est celui qui sait donner un sens nouveau aux mots pour exprimer son univers intérieur."

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Quelles expériences l'écriture poétique décrit-elle dans les différents textes du corpus ?

Bonsoir,

L'écoute d'un concert ou la fugue adolescente ou l'abandon de la création poétique (?) par Rimbaud ne sont pas des choses simples ou banales.
En revanche l'émergence des sentiments est bien l'expérience principale à condition de la préciser dans chacun des cas.
Il faut cependant faire le lien avec l'acte poétique qui se distingue de la prose. La force de ce type d'expression réside bien dans l'utilisation des rythmes, de la musicalité, des figures d'image... tout procédé qui donne un sens nouveau au langage...

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Quelles expériences l'écriture poétique décrit-elle dans les différents textes du corpus ?

D'accord, je comprends mieux ! Merci beaucoup !

6 (Édité par adblock 06/06/2015 à 22:17)

Quelles expériences l'écriture poétique décrit-elle dans les différents textes du corpus ?

J'ai trouvé un sujet de question sur corpus intéressant (BAC L, Amérique du Nord, 2012) pour ma préparation au bac mais il me pose quelques problèmes, quelqu'un d'entre vous pourrait m'aider?

Quelles expériences l’écriture poétique décrit-elle dans les différents textes du corpus?

La Musique

La musique souvent me prend comme une mer !
            Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther1,
            Je mets à la voile ;

La poitrine en avant et les poumons gonflés
            Comme de la toile,
J’escalade le dos des flots amoncelés
            Que la nuit me voile ;

Je sens vibrer en moi toutes les passions
            D’un vaisseau qui souffre ;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions2

            Sur l’immense gouffre
Me bercent. D’autre fois, calme plat, grand miroir
            De mon désespoir !

1 Éther (emploi littéraire) : ciel.
2 Convulsions : agitations violentes, troubles soudains.

Texte B - Arthur Rimbaud, Poésies

Le poème est écrit alors que Rimbaud n’a pas encore seize ans.

Sensation

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, — heureux comme avec une femme.

Mars 1870

Texte C - René Char, Fureur et Mystère

Char célèbre chez Rimbaud sa détermination à quitter les lieux et les choses qui ont perdu leur sens à ses yeux.

Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud !

   Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud ! Tes dix-huit ans réfractaires1 à l’amitié, à la malveillance, à la sottise des poètes de Paris ainsi qu’au ronronnement d’abeille stérile de ta famille ardennaise2 un peu folle, tu as bien fait de les éparpiller au vent du large, de les jeter sous le couteau de leur précoce guillotine. Tu as eu raison d’abandonner le boulevard des paresseux, les estaminets3 des pisse-lyres4, pour l’enfer des bêtes, pour le commerce des rusés et le bonjour des simples.
   Cet élan absurde du corps et de l’âme, ce boulet de canon qui atteint sa cible en la faisant éclater, oui, c’est bien là la vie d’un homme ! On ne peut pas, au sortir de l’enfance, indéfiniment étrangler son prochain. Si les volcans changent peu de place, leur lave parcourt le grand vide du monde et lui apporte des vertus qui chantent dans ses plaies.
   Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud ! Nous sommes quelques-uns à croire sans preuve le bonheur possible avec toi.

1 Réfractaires : qui résistent à, refusent de se soumettre.
2 Rimbaud est originaire de Charleville, dans le département des Ardennes, au Nord-Est de la France.
3 Estaminets : cafés, bars.
4 Pisse-lyres : expression péjorative désignant les poètes.

Texte D - Francis Ponge, Pièces

La robe des choses

   Une fois, si les objets perdent pour vous leur goût, observez alors, de parti pris, les insidieuses1 modifications apportées à leur surface par les sensationnels événements de la lumière et du vent selon la fuite des nuages, selon que tel ou tel groupe des ampoules du jour s’éteint ou s’allume, ces continuels frémissements de nappes, ces vibrations, ces buées, ces haleines, ces jeux de souffles, de pets légers.
   Aimez ces compagnies de moustiques à l’abri des oiseaux sous des arbres proportionnés à votre taille, et leurs évolutions à votre hauteur.
   Soyez émus de ces grandioses quoique délicats, de ces extraordinairement dramatiques quoique ordinairement inaperçus événements sensationnels, et changements à vue.
   Mais l’explication par le soleil et le vent, constamment présente à votre esprit, vous prive de surprises et de merveilles. Sous-bois, aucun de ces événements ne vous fait arrêter votre marche, ne vous plonge dans la stupéfaction de l’attention dramatique, tandis que l’apparition de la plus banale forme aussitôt vous saisit, l’irruption d’un oiseau par exemple.
   Apprenez donc à considérer simplement le jour, c’est-à-dire, au-dessus des terres et de leurs objets, ces milliers d’ampoules ou fioles2 suspendues à un firmament3, mais à toutes hauteurs et à toutes places, de sorte qu’au lieu de le montrer elles le dissimulent. En suivant les volontés ou caprices de quelque puissant souffleur4 en scène, ou peut-être les coups de vent, ceux que l’on sent aux joues et ceux que l’on ne sent pas, elles s’éteignent ou se rallument, et revêtent le spectateur en même temps que le spectacle de robes changeant selon l’heure et le lieu.

1 Insidieuses : insensibles, imperceptibles.
2 Fioles : petites bouteilles de verre.
3 Firmament : voûte céleste étoilée.
4 Souffleur : au théâtre, le souffleur est chargé de rappeler discrètement leur texte aux comédiens.

Je n'ai que la 1ere partie de mon plan:
I-Le départ et le voyage

Mais je ne vois pas comment continuer, merci d'avance de votre aide!