Comment cet extrait de Germaine de Staël fait-il droit à l’ambiguïté des passions ?

Bonjours à tous smile
Me voilà en face d'un petit problème, pour mon oral de français, je peux me débrouiller pour tous mes textes sauf 2 qui sont celui de Germaine de Staël tiré de De l'influence des passions sur le bonheur de l'individu et des nations et celui tiré des Pensées de Blaise Pascal. En effet ma prof nous a donnée des feuilles polycopiées pour aller plus vite, tout est parfait jusqu’à que je me rende compte que pour ces deux textes, les questions orales qui sont proposée pour s'entrainer ont comme réponses des axes de lectures que j'aurais tout le mal du monde à défendre puisqu'elle s'est allégrement appuyé sur des textes de Philo ( oui oui de philo ) j'ai essayé de ne pas paniquer et j'ai décidé de lire ces œuvres en entier, sauf que, et bien je n'y comprend RIEN de RIEN ( enfin pas vraiment mais dès que j'ai enfin compris le paragraphe, j'ai oublié le paragraphe d'avant ) en toute bonne fois, je jure que j'ai essayé mais ce qui est évident pour elle ( prof de Français ET de Philo ) reste très vague pour moi ,loin de moins l'idée de rabaisser ce qu'elle a fait au contraire mais je suis complétement perdue , j’espère que vous voudrez bien me venir en aide.
  C'est pourquoi, j'ai essayé de répondre à la question de corpus par écrit ( je n'est fait que les deux "grandes" parties car je n'est aucun problème pour l'intro et que ma conclusion... je ne sais pas comment répondre a cette question

Je serai très reconnaissante  à ceux qui pourront m'être en avant ce que je n'ai pas écrit et dont je pourrais trou ver l'utilité à l'oral :

On m'objectera, peut-être aussi, qu'en voulant dompter les passions, je cherche à étouffer le principe des plus belles actions des hommes, des découvertes sublimes, des sentiments généreux : quoique je ne sois pas entièrement de cet avis, je conviens qu'il y a quelque chose de grand dans la passion ; qu'elle ajoute, pendant qu'elle dure, à l'ascendant de l'homme ; qu'il accomplit alors presque tout ce qu'il projette, tant la volonté ferme et suivie est une force active dans l'ordre moral : L'homme alors, emporté par quelque chose de plus puissant que lui, use sa vie, mais s'en sert avec plus
d'énergie. Si l'âme doit être considérée seulement comme une impulsion, cette impulsion est plus vive quand la passion l'excite. S'il faut aux hommes sans passions l'intérêt d'un grand spectacle, s'ils veulent que les gladiateurs s'entre-détruisent à leurs yeux, tandis qu'ils ne seront que les témoins de ces affreux combats, sans doute il faut enflammer de toutes les manières ces êtres infortunés dont les sentiments impétueux animent ou renversent le théâtre du monde : mais quel bien en résultera-t-il pour eux ? quel bonheur général peut-on obtenir par ces encouragements donnés aux passions de l'âme ? Tout ce qu'il faut de mouvement à la vie sociale, tout l'élan nécessaire à la vertu existerait sans ce mobile destructeur. Mais, dira-t-on, c'est à diriger les passions et non à les vaincre qu'il faut consacrer ses efforts. Je n'entends pas comment on dirige ce qui n'existe qu'en dominant ; il n'y a que deux états pour l'homme : ou il est certain d'être le maître au dedans de lui, et alors il n'a point de passions ; ou il sent qu'il règne en lui-même une puissance plus forte que lui, et alors il dépend entièrement d'elle. Tous ces traités avec la passion sont purement imaginaires ; elle est, comme les vrais tyrans, sur le trône ou dans les fers.
Je n'ai point imaginé cependant de consacrer cet ouvrage à la destruction de toutes les passions ; mais j'ai tâché d'offrir un système de vie qui ne fût pas sans quelques douceurs, à l'époque où s'évanouissent les espérances de bonheur positif dans cette vie : ce système ne convient qu'aux caractères naturellement passionnés, et qui ont combattu pour reprendre l'empire ; plusieurs de ces jouissances n'appartiennent qu'aux âmes jadis ardentes, et la nécessité de ces sacrifices ne peut être sentie que par ceux qui ont été malheureux. En effet, si l'on n'était pas né passionné, qu'aurait-on à craindre, de quel effort aurait-on besoin, que se passerait-il en soi qui pût occuper le moraliste, et l'inquiéter sur la destinée de l'homme ?

QO:Comment cet extrait fait-il droit à l’ambiguïté des passions?


I)    Des passions qui nous contrôlent, qui détruisent...
Dès le début, Germaine de Staël, se défend des futurs reproches qu’on pourrait faire à son ouvrage : « On m’objectera peut-être aussi, qu’en voulant dompter les passions, je cherche à étouffer le principe des plus belles actions de L’homme, des découvertes sublimes, des sentiments généreux. » , elle fait d’ailleurs un concession et « conviens qu’il y a quelque chose de grand dans la passion ».Cependant, l’homme ne décide plus de ses actes, il est dominé par quelque chose de plus « puissant » que lui : ses passions. Celle-ci impulsent ses actes et lui transmettent une « force active ».La passion d’ailleurs à travers le peuple peut renverser le monde par sa furie, Germaine de Staël consacre d’ailleurs  quelques paragraphes dans son livre sur l’impossibilité de diriger une révolution, que les meneurs ne sont que les premiers de la file et qu’ils sont poussé par la passion de ceux derrière lui. Elle compare  la passion avec les jeux du cirque qui sont un besoin pour les hommes non passionné, (« infortunés » ) ( je ne suis pas très sur d’avoir compris ce passage du texte ) , ces jeux sont cruels , « affreux » et ils « enflamment ».La passion, par ailleurs, détruit « tout ce qu’il faut de mouvement  à la vie sociale et tout élan nécessaire à la vertu »

II)    ...et avec lesquelles ont ne peut pas faire de compromis
Elle retranscrit par cette phrase une idée générale qu’on peut se faire des passions :
«C’est à diriger les passions et non à les vaincre qu’il faut consacrer ses efforts ».Elle désillusionnent tout de suite le lecteur il n’existe que deux types d’état ou on est contrôlé par les passions, ou elle n’existe pas, il n’existe pas d’état intermediaire.Elle gouverne comme «  un vrais tyran, sur le trône ou dans les fers »  et on en peut la diriger puisque qu’elle «  n’existent qu’en dominant ».La Passion qu’on retrouve ici en échouant à amener l’homme vers le but qu’il s’est fixé, fait place à un vide qu’il ne peut plus combler, par exemple avec l’ambition, l’homme ne peut plus se contenter de la place qu’il avait avant de monter les marches qui le sépare de sa réussite. Germaine de Staël n’écrit pas ici un œuvre  ayant pour but « la destruction des passions », mais un ouvrage pour les anciens passionné à présent libérés

Comment cet extrait de Germaine de Staël fait-il droit à l’ambiguïté des passions ?

J'ai eu à faire une lecture analytique sur ce même texte. Voici ce que j'ai écrit:

Lecture Analytique

Dans une première partie, nous analyserons en détail la construction argumentative, qui utilise des objections anticipées et réfutées, 
Pour ensuite dans une seconde partie, voir comment cette construction appuie fortement la thèse essentielle de Mme de Staël qui est que les passions sont fondamentalement néfastes pour l'homme en société et doivent être combattues dans l’intérêt général.

Ce texte est avant tout remarquable par son utilisation à deux reprises d’une figure de rhétorique qui est le prolepse, c’est à dire une objection anticipée. Ces objections sont introduites par “On m’objectera que “ ou “On dira que …” et partiellement développées pour être ensuite assez rapidement et efficacement réfutées.

Il est ainsi d’une première objection, selon laquelle les passions ne seraient pas uniquement destructrices et néfastes mais bien au contraire à l’origine des belles et grandes réalisations humaines.
On voit tout d’abord une phase de concession dans laquelle l’auteur convient qu’”il y a quelque chose de grand dans les passions”, qu’elles motivent et donnent de l’élan. Puis vient la réfutation qui commence par une anaphore: une répétition des “Si”
•    Si l'âme doit être considérée seulement comme une impulsion…
•    S'il faut aux hommes sans passions l'intérêt d'un grand spectacle…
•    s'ils veulent que les gladiateurs s'entre-détruisent…
… alors cela peut certes être efficace, mais cette anaphore introduit surtout une réfutation par caricature : la comparaison avec les jeux du cirque des gladiateurs romains, qui est une image forte des foules excitées par des passions vulgaires et violentes. 

Vient ensuite une nouvelle anaphore : une répétition des « quel »
•    quel bien en résultera-t-il …
•    quel bonheur général …
qui introduit l’argument final : l’inutilité d’une utilisation des passions pour motiver les foules, car  « tout l'élan nécessaire à la vertu existerait sans ce mobile destructeur » qui achève d’anéantir la première objection.

La deuxième objection suit tout de suite après, sans transition. Elle consiste en l’idée que l’on pourrait « diriger » ou en quelque sorte canaliser positivement les passions plutôt que les « vaincre ». La réfutation est encore plus immédiate et ferme : il n’existe que deux types d’état ou on est contrôlé par les passions, ou elles n’existent pas, il ne peut y avoir d’état intermédiaire. C’est une vision manichéenne de la passion : elle gouverne comme «  un vrai tyran, sur le trône ou dans les fers », aucun compromis n’est possible et on ne peut donc pas la diriger puisque qu’elle «  n’existe qu’en dominant ».
Ceci clôture la deuxième objection et, sans transition de nouveau, on revient à l’énoncé des buts que s’est fixé Mme de Staël dans cette introduction du discours sur les passions : « offrir un système de vie » optimisant le « bonheur positif dans cette vie », et donc un système de vie basé sur les vertus contre les passions, pour des hommes qui ont donc « repris l’empire » sur leurs passions, appris à les dominer individuellement et collectivement.

Quels sont les effets de cette construction ? On peut en remarquer deux principaux :

Principalement d’une part, la succession rapide d’objections réfutées énergiquement a un effet indéniable de persuasion, elle donne l’impression que l’auteur a « fait le tour du sujet »  et que plus aucune contestation ne peut tenir. La thèse vient comme une conclusion finale et inébranlable.   

D’autre part on note aussi un recours fréquent au questionnement du lecteur (quel bonheur général … ? qu’aurait-on à craindre ?) qui sonne comme une harangue. L’alternance d’affirmations et de questions grandiloquentes donne à ce texte un aspect à la fois vivant et intimidant.     

On a donc une utilisation très efficace de la rhétorique et du style pour étayer une thèse manichéenne très tranchée: Associées à la violence, les passions sont le mal, les vertus sont le bien. Les premières doivent être combattues. Et seules les secondes peuvent permettre de construire un système de bonheur positif. 

Conclusion
Il faut se rendre compte que ce texte est écrit dans une période particulièrement troublée de l’histoire de France : 1796 c’est l’année de la campagne d’Italie et donc le début de l’ascension Napoléonienne, qui succède à tous les épisodes tragiques de la révolution : la prise de la Bastille, Valmy, la mort du Roi, l’assassinat de Marat, le procès de Danton, les guerres de Vendée, la terreur. C’est une période de recherche d’un système politique qui a été le théâtre de nombreux déchainements de passions, tous plus traumatisants les uns que les autres : la passion égalitaire contre la passion royaliste, la passion nationaliste contre la passion religieuse. On comprend mieux alors ce besoin de Mme de Staël de fonder un système de vie en commun pacifique qui vise « le bonheur positif  dans cette vie », en excluant les passions violentes de toutes les manières possibles.