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Par quels moyens Louise Labé exprime-t-elle son désarroi amoureux et dans quelle mesure fait-elle entendre une voix singulière ?

Bonjour à tous, actuellement en pleine révision en vu du bac de français je me retrouve sur la séquence sur "L'oeuvre de Louise Labé et l'expression du tourment amoureux", séquence qui m'a plombé lors de l'oral blanc faute d’intérêt pour cette dernière. Pour réviser, je prend mon descriptif des lectures et activité organisé par séquence, et je répond pour chaque séquence à la problématique générale sur une feuille sous forme condensé mais efficaces, mais au risque de me répéter, faute de passion je n'arrive vraiment pas à me mettre en condition pour cette séquence, et c'est là que je requiert une aide, si quelqu'un d'entre vous est passé par cette séquence/oeuvre et qui contrairement à moi apprécie les notions et les idées qui en découlent, j'aimerais bien qu'il me transmette quelques notions capitales à revoir durant ma révision. Je précise la problématique de la séquence "Par quels moyens Louise Labé exprime-t-elle son désarroi amoureux et dans quelle mesure fait-elle entendre une voix singulière ?".
D'avance merci !

Par quels moyens Louise Labé exprime-t-elle son désarroi amoureux et dans quelle mesure fait-elle entendre une voix singulière ?

Je précise la problématique de la séquence "Par quels moyens Louise Labé exprime-t-elle son désarroi amoureux et dans quelle mesure fait-elle entendre une voix singulière ?".

Ce n'est pas une problématique, mais un fil conducteur.
Par quels moyens ? En composant des sonnets !
Fait-elle entendre une voix singulière ? Cinq siècles plus tard, c'est difficile à dire, car nous n'avons pas toutes les œuvres de ce temps...
Tout ce que l'on peut constater c'est qu'elle est parvenue jusqu'à nous, elle, une femme. Pour qu'une femme soit reconnue comme un auteur majeur, il faut qu'elle soit supérieure aux hommes.
On peut dire aussi qu'elle réécrit les poèmes de Catulle, preuve de sa grande culture.

Au demeurant, rien ne dit que l'examinateur vous demandera si Louise Labé fait entendre une voix singulière.

Par quels moyens Louise Labé exprime-t-elle son désarroi amoureux et dans quelle mesure fait-elle entendre une voix singulière ?

Vous vous répétez !
...ce qui me donne l'occasion de me corriger :

Par quels moyens Louise Labé exprime-t-elle son désarroi amoureux ?

Ce qu'elle exprime, ce n'est pas son tourment, mais le tourment amoureux.
Il ne faut pas confondre poésie élégiaque et courrier du cœur : les poètes, depuis Catulle et Tibulle, travaillent sur un fond commun d'images et de situations de l'humanité commune. lls n'expriment rien qu'ils auraient été seuls à éprouver, ils expriment les sentiments de tout le monde dans leur langage particulier.
Il faudra attendre les Romantiques pour que la poésie amoureuse parle des véritables amours du poète.
Louise Labé est une femme, elle s'exprime en tant que femme, mais avec le matériau poétique masculin. En cela réside sa singularité.

4 (Édité par AudreyDu27 07/06/2012 à 19:28)

Par quels moyens Louise Labé exprime-t-elle son désarroi amoureux et dans quelle mesure fait-elle entendre une voix singulière ?

Ne serait-ce pas elle qui écrit sur sa "déception" amoureuse et qui a écrit un ( ou des ) poèmes avec cette "manie" de mettre les verbes à la fin ?

Bref, ne serais tu pas en première L pour étudier Labé bapt.mateo ? wink Car moi j'ai brièvement étudier justement un de ses poèmes dont je fais allusion ci dessus en cours de litterature !

je me met à chercher ce fameux poème et le publie car je l'avais fort apprécié ! smile

Le voici:

Tant que mes yeux pourront larmes épandre
A l'heur passé avec toi regretter,
Et qu'aux sanglots et soupirs résister
Pourra ma voix, et un peu faire entendre ;

Tant que ma main pourra les cordes tendre
Du mignard luth, pour tes grâces chanter ;
Tant que l'esprit se voudra contenter
De ne vouloir rien fors que toi comprendre,

Je ne souhaite encore point mourir.
Mais, quand mes yeux je sentirai tarir,
Ma voix cassée, et ma main impuissante,

Et mon esprit en ce mortel séjour
Ne pouvant plus montrer signe d'amante,
Prierai la mort noircir mon plus clair jour.

5 (Édité par bapt.mateo 08/06/2012 à 18:15)

Par quels moyens Louise Labé exprime-t-elle son désarroi amoureux et dans quelle mesure fait-elle entendre une voix singulière ?

@Delia

Problematique de séquence ou fil conducteur, peu importe l'important pour moi est de savoir les grandes idées qui découlent des poèmes de la "belle cordière" (sur laquelle plane un doute quand à son identité, ma professeur de français a émis l'éventualité qu'il s'agisse d'une "imposture poetique" et qu'elle ne serait qu'une fiction crée par un groupe de poète), d'ailleur je pense pas que sa reconnaissance sois dû au fait qu'elle soit "supérieure" aux hommes c'est simplement, je pense, le fait que ce soit un point de vu féminin qui compose sur l'amour autant sur le plan sentimental que sur le plan physique ("Oh si j'estois en ce beau sein ravie"/"Oh ! si j'étais emportée sur sa belle poitrine"-Sonnet XIII L1 par exemple) ce qui peut paraître assez osé pour une femme au XVIe siècle, ainsi que sur la souffrance qui en découle (certains poemes étant sur un ton élégiaque). La souffrance, mais aussi la force de cet amour, ce qui crée une idée assez paradoxale celon laquelle l'amour serait à la fois la cause de la souffrance mais aussi la force pour vaincre cette souffrance.

Par ailleur je suis bien conscient que l'examinateur ne me posera pas forcement la problematique de mon descriptif cependant je pense qu'elle permet de bien exploiter ce thème qu'est l'amour en poesie à travers Louise Labé (qu'on a étendu à d'autres auteurs dans des textes complémentaires).

Delia a écrit :

Vous vous répétez !
...ce qui me donne l'occasion de me corriger :

Par quels moyens Louise Labé exprime-t-elle son désarroi amoureux ?

Ce qu'elle exprime, ce n'est pas son tourment, mais le tourment amoureux.
Il ne faut pas confondre poésie élégiaque et courrier du cœur : les poètes, depuis Catulle et Tibulle, travaillent sur un fond commun d'images et de situations de l'humanité commune. lls n'expriment rien qu'ils auraient été seuls à éprouver, ils expriment les sentiments de tout le monde dans leur langage particulier.
Il faudra attendre les Romantiques pour que la poésie amoureuse parle des véritables amours du poète.
Louise Labé est une femme, elle s'exprime en tant que femme, mais avec le matériau poétique masculin. En cela réside sa singularité.

Je dirais plutôt elle exprime le tourment amoureux à travers le sien, et de ce tourment découle une moral, un "avertissement" destiné aux femmes dans le sonnet 24.Certe Louise Labé ne parle pas concretement de son veritable amour (elle ne cite pas l'homme en question et ne parle pas de ses agissement direct), mais à travers la personnification "d'Amour" dans ses sonnet, je pense bien que se soit fondé sur une experience (si l'on exclut la thèse de l'imposture) Je ne comprend pas bien ton idée de "materiel poétique masculin" par contre.

AudreyDu27 a écrit :

Ne serait-ce pas elle qui écrit sur sa "déception" amoureuse et qui a écrit un ( ou des ) poèmes avec cette "manie" de mettre les verbes à la fin ?

Bref, ne serais tu pas en première L pour étudier Labé bapt.mateo ? wink Car moi j'ai brièvement étudier justement un de ses poèmes dont je fais allusion ci dessus en cours de litterature !

Si c'est bien elle, et oui je suis en première L avec une petite année de retard (faute d'orientation en seconde, et peut être un peu de reussite, mais finalement j'ai trouvé ma voie en litterraire big_smile).



C'est bien la première fois que je côtoie un forum pour les cours, mais je trouve vraiment cela interressant de pouvoir échangé des idée, des point de vu, des interpretation en dehors d'une salle de classe smile

Par quels moyens Louise Labé exprime-t-elle son désarroi amoureux et dans quelle mesure fait-elle entendre une voix singulière ?

Je ne comprend pas bien ton idée de "materiel poétique masculin" par contre.

Louise Labbé écrit des poèmes, c'est-à-dire qu'elle joue avec des mots pour produire un effet esthétique.
Elle rcycle ce que j'appelle le matériel poétique, un catalogue de situations et d'images mis au point au premier siècle de notre ère par les élégiaques latins, qui eux aussi jouaient avec les mots. Je parle de matériel masculin, car la plupart de ces auteurs sont des hommes. Cependant, Catulle réécrit un poème de la poétesse Sapho : ces thèmes n'ont pas de sexe, si j'ose dire parlant de poésie amoureuse.