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Rabelais, Gargantua - Rôle de l’abbaye de Thélème et rôle du rire

A l'approche du bac, j'ai eu a passer un dernier bac blanc. Je pensais l'avoir plutôt réussit en ce qui concerne la littérature, mais apparemment ma prof juge mon vocabulaire et les tournures synthétiques 'confuses'. J'aimerais simplement avoir d'autres avis que celui d'une prof qui est plutôt très axé sur son cours..

Première question: Quelle est le rôle de l'abbaye de Thélème dans le roman Gargantua ?

    Gargantua est un roman publié en 1534/35 par Rabelais, homme savant aux multiples vocations. Il raconte l'histoire d'un géant, grâce à un judicieux mélange entre domaine savant et populaire. Cet humaniste, à la fois héritier du Moyen-Age et initiateur de la Renaissance nous livre une oeuvre pleine d'humour, de dérision dans un contexte situé à mi-chemin entre fiction et réalité. La fin du roman se concentre sur l'abbaye de Thélème, mais quel rôle cet épisode joue t-il au sein du roman? Après la présentation de celle-ci, nous verrons en quoi ses caractéristiques rendent l'épisode important pour Rabelais et son lecteur.

     Le roman est construit sur le même schéma traditionnel que les romans chevaleresques (genre prisé de l'époque) tout en se basant sur les hagiographies, et qui constitue la narration de la vie de Gargantua. après l'enfance, l'éducation, et la guerre, ce quatrième épisode se centre sur les années de moinage du personnage et montre l'importance de la religion en fin de vie. Avec plus de cinq chapitres lui étant consacrée, l'Abbaye de Thélème est d'abord présenté comme étant un cadeau à Frère Jean qui fut un vaillant compagnon de combat lors de la guerre Picrocholine.
     Peut être l'auteur a t-il voulu partager ici son expérience religieuse. En effet, d'abord novice franciscain puis moine Benedictin, Rabelais au sein de Gargantua n'hésite pas sur les références bibliques et religieuses. Entre consternation devant certaines pratiques fait par l'église et citations tournées en dérision, l'Abbaye de Thélème est au centre d'une de ses revendications.
     Par ses règles de vie (code vestimentaires, choix des personnes pouvant y entrés ou non, attitude à adopter,...) cette bâtisse paraît même être 'anti-abbayique'. Rabelais consacre aux explications du mode de vie Thélémitiens de larges chapitres où même la narration n'est pas interrompu par le narrateur 'Alcofribas nasier'. Cela témoigne de son importance. Traditionnellement signe de fin de vie pour le héros qui entre en religion, l'Abbaye de Thélème paraît en être une contre indication. Elle y décrit un début de vie sociale communautaire plus qu'un isolement religieux.

    L'Abbaye de Thélème pourrait être une utopie. Après les plus de 40 chapitres consacrés à la guerre Picrocholine, Rabelais instaure un lieu imaginaire 'Thélème' où la paix et la sérénité de la population en font ses premières qualités. Les Thélèmites sont destinés à une totale liberté, entre foi et charité. Frère Jean reprend d'ailleurs ici le dicton de la famille du géant 'Fais ce que tu voudras' tout en se pliant au bien être d'autrui. Nous trouvons ici, une des références à la foi évangeliste que l'auteur loue tout au long de son oeuvre. Pourtant cette Abbaye est aussi réaliste par sa construction, ses tours et ses escaliers rappelant fortement le château de Chambord.
     On constate par ailleurs que le personnage principal n'entre pas réellement au sein du bâtiment. Il l'a fait construire et l'offre à frère Jean mais il n'est aucunement question de s'y retiré. Le roman de chevalerie est ici parodié, Gargantua devenu prince accomplie se détourne des codes du roman chevaleresque.

     Cette abbaye est donc pour Rabelais un moyen fructueux de dénoncer certains aspects de la vie religeuse (notamment des moines 'inutiles à la société'), et de révéler les principes premiers de la foi évangélique. Il tourne en dérision l'attente des lecteurs de son époque qui préféraient les romans épistolaires tout en rajoutant subtilement du réalisme à cette utopie. C'est sans conteste avec humour que Rabelais clôt son oeuvre.


Deuxième question: Quel rôle peut on donner au rire dans Gagantua ?

   Rabelais est un écrivain plein d'humour dont son oeuvre est imprégné. Ce grammairien y montre tout son talent par ses phrases et ses mots qui sont d'ailleurs pour la plupart entrés dans la langue française. Quelle rôle joue le rire dans Gargantua? Nous verrons premièrement ses différents humour, puis nous expliquerons plus profondément l'intention de l'auteur à travers ceux-ci.

   Le roman est situé dans les années où François 1er en 1534 proclame le français comme langue officielle. C'est ici l'occasion pour Rabelais de mettre à profit ses connaissances littéraire, sur les langues et la syntaxe. Ainsi les premières éditions du roman contiennent de nombreuses notes explicitant des mots comme 'billevezés' et bien d'autres à la fois pour instruire et guider le lecteur. A travers ces procédés regroupant les listes par énumération (lors de l'explication des activités du géant), ou encore par hyperbole et exagération, Rabelais nous montre son savoir faire en créant un humour proche de celui du peuple.
   Son humour médicale est perceptible à plusieurs reprises. Lors de la bataille à Seuilly de frère Jean ou à la naissance de gargantua, avec des termes comme 'cotylédons'. Le savoir médical de l'auteur est étalé de manière explicite par des détails parfois anodins: la précision fait du chemin anatomique par lequel gargantua naît. Mais c'est aussi avec un humour ecclésiastique qu'il dénonce les pratiques de l'Eglise: en faisant implorer des pèlerins au nom de saints imaginaires 'par Saincte mamye'.
   L'usage de l’exagération numérale (les litres de lait utile à Gargantua, nombres de noyés à Paris '2219'), la création de liste interminable et fantasque amènent le lecteur à avoir des vertiges face à une avalanche de mots. C'est bien évidemment avec ironie et sarcasme que Rabelais créer un comique destiné a la dénonciation et a la parodie.
Les fréquentes interventions du narrateur 'Alcofribas Nasier' (anagramme du nom de François Rabelais) sont d'ailleurs des parodies contre les écrivains s'accaparant le devant de la scène, incapables de laisser le personnage principal en héros omniprésent dans l'oeuvre. C'est le cas des chapitres sur la symbolique des couleurs des vêtements du géant. Par ailleurs, Alcofribas se décrit dans le Prologue comme un 'abstracteur de quinte essence', laissant croire au lecteur que ses écrits sont réputés et et fameux. Cependant l'humour douteux, scatologiques et obscènes qui réalisent parfois l'apologie de l'alcool finiront par le dérouter.

    C'est notamment par un humour socratique, proche de la maïeutique de ce dernier, que le rire chez rabelais pousse le spectateur à se poser des questions. Socrate présenté dans le Prologue comme 'Prince des Philosophes' inspire donc Rabelais sur ses procédés ne visant pas simplement à faire rire en dénonçant, c'est aussi un moyen plus profond d'agir sur l'intellect et les préjugés du peuple de son temps.


Pardon pour les fautes d'orthographes, j'ai tapper extrement vite et l'écran de l'ordinateur m'épuise..
Ma prof m'a mise un 10, a mon goût mes réflexions sont tout de même pertinentes. Pourriez vous m'attribuer une note ou même vos avis? Merci d'avance.