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"Le feu couvait encore dont il avait approché les jambes."

"Le feu couvait encore dont il avait approché les jambes."

Que dire de cette phrase?

"Le feu couvait encore dont il avait approché les jambes."

Que c'est un anacoluthe (rupture voulue de la construction syntaxique).

"Le feu couvait encore dont il avait approché les jambes." = Le feu dont il avait approché les jambes couvait encore.

3 (Édité par lamaneur 01/06/2012 à 14:36)

"Le feu couvait encore dont il avait approché les jambes."

Je dirais même plus, une anacoluthe ! wink
Mais il serait, comme énigme, plus étymologiquement du masculin.

"Le feu couvait encore dont il avait approché les jambes."

Je ne dirais pas anacoluthe, car la phrase n'est pas rompue.
Simple éloignement de la relative, éloignement que les grammaires illustrent généralement par cette citation d'André Gide :

Une servante entra, qui apportait la lampe.

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"Le feu couvait encore dont il avait approché les jambes."

Mais cet éloignement ne constitue-t-il pas une rupture par rapport à la syntaxe traditionnelle ?
Cela dit, à la réflexion, la construction "le feu dont il avait approché les jambes" n'est pas très emballante, car elle est équivoque et peut donner l'impression que c'est le feu qui a des jambes !

"Le feu couvait encore dont il avait approché les jambes."

lamaneur a écrit :

Cela dit, à la réflexion, la construction "le feu dont il avait approché les jambes" n'est pas très emballante, car elle est équivoque et peut donner l'impression que c'est le feu qui a des jambes !

Comme c'est souvent (pas toujours) le cas avec l'anacoluthe :
Épuisé par cette longue journée, le bateau me ramène vers le port.

7 (Édité par lamaneur 01/06/2012 à 15:29)

"Le feu couvait encore dont il avait approché les jambes."

Oui, dans la lignée du fameux :
« Et pleurés du vieillard, il grava sur leur marbre
Ce que je viens de raconter. »

de La Fontaine, encore que précisément le pluriel évite l'ambiguïté !
Ou alors "L'appétit vient en mangeant", qui permet d'imaginer l'appétit qui se ramène en train de s'enfiler un sandwich !
Mais ce que je faisais observer plutôt, c'était moins l'ambiguïté de l'anacoluthe elle-même (si anacoluthe il y a) que celle du "dont" dans la construction sans anacoluthe : "le feu dont il avait approché les jambes".

Pour revenir au sujet de départ, Nicole Ricalens-Pourchot (Dictionnaire des figures de style) voit dans notre tour une hyperbate :

L'hyperbate peut aussi consister en une proposition relative éloignée de son antécédent. Cette figure est assez fréquente dans la littérature :
Quelques braves gens mourraient dont c'était le métier. (Yourcenar, l'Oeuvre au noir)
Un loup survient à jeun qui cherchait aventure et que la faim dans ces lieux attirait. (La Fontaine, le Loup et l'Agneau).

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"Le feu couvait encore dont il avait approché les jambes."

lamaneur a écrit :

Mais cet éloignement ne constitue-t-il pas une rupture par rapport à la syntaxe traditionnelle ?
Cela dit, à la réflexion, la construction "le feu dont il avait approché les jambes" n'est pas très emballante, car elle est équivoque et peut donner l'impression que c'est le feu qui a des jambes !

Plus que le rythme de la phrase, c'est effectivement ce dont qui me gêne.
Ne devrait-on pas plutôt écrire : "duquel il avait approché les jambes". (Même si ce n'est pas très heureux selon moi.)

9 (Édité par Marc81 01/06/2012 à 16:17)

"Le feu couvait encore dont il avait approché les jambes."

lamaneur a écrit :

Pour revenir au sujet de départ, Nicole Ricalens-Pourchot (Dictionnaire des figures de style) voit dans notre tour une hyperbate.

J'aurai appris un nouveau mot, aujourd'hui ! Merci lamaneur  wink

tancrède5a a écrit :

Plus que le rythme de la phrase, c'est effectivement ce dont qui me gêne.
Ne devrait-on pas plutôt écrire : "duquel il avait approché les jambes". (Même si ce n'est pas très heureux selon moi.)

Il me semble que cela ne lèverait pas davantage l'ambiguïté dénoncée par lamaneur.
En effet, lorsque l'antécédent est un être inanimé, dont est l'équivalent de duquel, de laquelle, desquels, desquelles.

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"Le feu couvait encore dont il avait approché les jambes."

Si, c'est bien cela qui me gêne.
"Le feu dont il avait approché les jambes".
Vous me dites que c'est correct. Certes! Mais ça donne l'impression que le feu a des jambes.  hmm
Tandis qu'avec duquel, c'est clair, on ne parle pas des jambes du feu.