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Avoir accoutumé de... (ou n'avoir pas accoutumé de...)

Lu ce jour (encore) dans Mauriac :
"Tu sais que je n'ai point accoutumé de prêter grande importance à ses opinions..."

Je ne doute pas que ce soit correct...mais encore??
Pas courant aujourd'hui me semble-t-il.

Merci

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Avoir accoutumé de... (ou n'avoir pas accoutumé de...)

C'est effectivement une jolie tournure correcte mais vieillie, et d'ailleurs déjà vieillie du temps de Mauriac qui se montre là un peu précieux.
Cf. le passage
III.− Emploi intrans., vieilli. Avoir accoutumé de faire qqc.
dans le TLFi.
Bien que peu significatif compte tenu du peu d'occurrences, ce graphique montre que le pic de la vogue de l'expression est au début du XIXe siècle, et qu'elle a eu un petit ressaut, par archaïsme, au milieu du XXe siècle, avant de doucement s'éteindre.

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Avoir accoutumé de... (ou n'avoir pas accoutumé de...)

On dirait plutôt actuellement, par fréquence croissante :

1)  Je n'ai point coutume...
2)  Je n'ai pas coutume...
3)  Je n'ai pas été accoutumé...
4)  Je n'ai pas l'habitude...

Avoir accoutumé de... (ou n'avoir pas accoutumé de...)

Et si l'on avait gardé le vieux verbe souloir :
Je ne seux point...

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Avoir accoutumé de... (ou n'avoir pas accoutumé de...)

Spalding a écrit :

On dirait plutôt actuellement, par fréquence croissante :

1)  Je n'ai point coutume...
2)  Je n'ai pas coutume...
3)  Je n'ai pas été accoutumé...
4)  Je n'ai pas l'habitude...

Sauf erreur, je pense que la "traduction" actuelle est plutôt : "tu sais que je ne suis point (pas) accoutumé à prêter grande importance à ses opinions....." (la phrase est au présent).

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Avoir accoutumé de... (ou n'avoir pas accoutumé de...)

Et si l'on avait gardé le vieux verbe souloir :
Je ne seux point...

Je ne connaissais même pas ! Assez bizarre ce verbe.  hmm

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Avoir accoutumé de... (ou n'avoir pas accoutumé de...)

C'est un bien joli verbe, dont tu pourras apprendre beaucoup sur cette page.
Jehan a fait de la grammaire-fiction en proposant d'emblée le présent je seux. Ce verbe n'était en effet utilisé en pratique qu'à l'imparfait à l'époque classique. Dans des temps plus anciens, il avait été utilisé au présent de l'indicatif, et là on rencontrait les formes diverses : je sueil, suel, soil, soel, sueulx. Point de "je seux", mais comme sa conjugaison était analogue à celle de vouloir (comme aussi le verbe douloir), on peut penser que le verbe souloir, s'il avait continuer d'exister et de se développer normalement, aurait abouti au présent je seux (par analogie avec je veux), comme proposé par Jehan.

Avoir accoutumé de... (ou n'avoir pas accoutumé de...)

La forme "Je seux" est indiquée sur cette page : http://fr.wiktionary.org/wiki/souloir

Le verbe a sans doute beaucoup pâti d'avoir des homonymes : le pronom ceux, l'adjectif seule, les formes du verbe soûler...

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Avoir accoutumé de... (ou n'avoir pas accoutumé de...)

Oui, j'avais vu, mais ce n'est pas une référence sérieuse, en l'occurrence !

Avoir accoutumé de... (ou n'avoir pas accoutumé de...)

En l'occurrence, elle donnait tout de même la forme logique, en cohérence avec les formes attestées, comme par exemple  la forme "seulent"  :
Ceux qui seulent mengier et boire indifferemment ce que est mis devant eulx (ORESME, cité par Littré)
Le manque de sérieux est donc ici tout relatif...