Il a travaillé, ça oui, mais il s'est donné bien du mal pour un bien piètre résultat.
Je ne sais par quel tour de passe-passe on a réussi à faire du français, matière où l'on peut se présenter les mains dans les poches, un véritable pensum !
Il fut un temps où les questions du baccalauréat portaient sur des œvres précises, un programme. Là, oui, il fallait bien mémoriser le nombre de chapitres que compte Madame Bovary, et, en gros, le contenu de ces chapitres (par exemple) pour faire face aux exigences de l'écrit.
Mais aujourd'hui ? L'écrit porte sur des objets d'étude, c'est-à-dire des synthèses et nons sur des œuvres précises, et à l'oral, le candidat a le texte en mains.
Il n'y a donc plus lieu de mémoriser avec précision la structure des textes.
ll n'y a pas lieu non plus de mémoriser le commentaire du professeur.
Il faut par contre maitriser les techniques d'analyse, connaitre les figures de style... Bref, s'être entrainé toute l'année. A l'oral, le candidat a son manuel et les notes de son manuel pour l'aider.
La mémoire a son rôle à jouer dans la construction d'une culture : ce n'est pas le tout que de lire une œuvre, encore faut-il en retenir l'essentiel. Là, les fiches de lecture ont à rôle à jouer, à condition bien entendu que ce soit le candidat lui-même qui les ait fabriquées à partir d'une lecture personnelle. Il peut relire peu avant l'examen celles, et uniquement celles, traitant des textes dont il se souvient moins bien.
Tout en se disant que si, par exemple, il ne sait plus de quoi parle le Rouge et le Noir, hé bien, il n'a qu'à ne pas mentionner le Rouge et le Noir !
En fait, j'ai une réponse à ma question :
Je ne sais par quel tour de passe-passe on a réussi à faire du français, matière où l'on peut se présenter les mains dans les poches, un véritable pensum.
On y est parvenu en instillant dans les esprits l'idée totalement fausse qu'il n'existe qu'une réponse et une seule à une question portant sur un texte, alors que les lettres sont des disciplines ouvertes, où plusieurs réponses sont possibles, à condition bien entendu de s'appuyer sur le texte. On ne pardonnera pas à un candidat de dire que Madame de Clèves épouse le duc de Nemours, mais on le laissera démontrer qu'au fond elle ne l'aimait pas, s'il appuie sa démonstration sur des passages précis du texte (Exemple énorme pris au hasard, qui n'exprime pas mon opinion).