1 (Édité par Spartacus 30/01/2012 à 21:08)

Envie d'une destinée professionnelle non conventionnelle

Bonsoir,

Ma licence aura finalement passé vite : on est déjà au sixième semestre (qui est tout à fait passionant).
J'ai eu un débloquage en deuxième année et maintenant je me balade pour ainsi dire : les cours passent trop vite, je décroche de bonnes notes sans trop me fouler et des fois je trouve même le cours trop aisé (je vois tout de suite les implications par rapport à des réfléxions que j'ai eu par moi-même ou des lectures que j'ai faite et je trouve que le prof se répète ect...)
Le truc c'est que voilà, je ne suis pas du tout académique (même si je sais faire une dissertation et une explication de texte dans les règles de l'art), j'ai pour amis des philosophes de la french theory, je me sens aussi de ce courant et je lis assidument Derrida, Malabou, Butler, Deleuze, Adorno, Benjamin et surtout ma pote Avital Ronell.
Je ne l'ai pas caché aux profs de mon département qui sont plutôt tolérants avec ça.
D'autre part je suis un gars plutôt atypique à cause d'une particularité que j'ai et qui me rend plus "spécial" que la plupart des gens on va dire.

Alors on en vient au coeur du problème : pour l'instant les gens qui composent mon entourage me respectent parce qu'ils pensent que je vais passer le CAPES et l'AGREG dans les années à venir.

En réalité ce n'est pas du tout mon intention : je ne veux pas me présenter à ces concours ; je compte poursuivre sur un master recherche et faire une thèse mais pas pour enseigner. Car je sens que je ne suis pas fait pour cela, je n'ai pas la carrure et que ce serait un eceuil : ce qui me branche c'est le milieu de l'art (au sens large du terme) où enfin je me reconnais totalement. Je suis ça, je suis subversif, violent, choquant, trash, différant (avec un a au sens derridien du terme) ; je lis des revues de Skateboard (moi même j'ai longtemps été skateur et j'ai recommencé recemment) je me reconnais dans les interview des artistes, je fréquente les galeries d'art de ma ville et je discute longuement avec les galeristes. J'ai envie d'être tout ça, mais j'ai envie d'écrire aussi. En fait je me vois bien tenir des colonnes dans des magazines un peu underground et puis participer à divers évènement artistiques voire en être à l'origine; et puis écrire des livres bien sûr! Déjà je veux faire une thèse ça c'est sûr!

Le problème dans tout ça c'est l'incertain mais je sais pas je sens que pour moi ça va marcher malgré tout...

Qu'en pensez-vous? Suis-je trop fou? Devrais-je quand même passer les concours de l'enseignement?

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Envie d'une destinée professionnelle non conventionnelle

Bonsoir,

Tu as le droit de ne pas rêver à une carrière de fonctionnaire.

Tu sembles avoir beaucoup de personnalité or le milieu de l'enseignement préfère l'intellectuellement et l'idéologiquement corrects. Par ailleurs la thèse ne te garantit nullement un poste d'enseignant-chercheur, puis un poste tout court.

Tu sembles présenter plutôt un profil de journaliste ou de collaborateur dans une maison d'édition.

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Envie d'une destinée professionnelle non conventionnelle

Comme le dit Jean-Luc tu as le droit de ne pas vouloir être prof. C'est même le cas de tas de personnes qui sont en licence de sciences humaines. Si tu rêves d'une destinée peu conventionnelle, alors il te faut un parcours qui ne le soit pas non plus.Touches à tout ce qui te plaît, essaye d'obtenir des stages ou des petits boulots, du concret quoi parce que les galeristes ont des tas de gens qui leur tournent autour, ils papotent en faisant des sourires mais ça n'avance pas forcément à grand chose.
Après c'est sûr que la thèse, en philo, si on ne veut pas du tout enseigner après... pourquoi pas. Il faut avoir les moyens déjà, financiers je parle. La thèse peut être simplement un accomplissement personnel, une fierté; après en parallèle, ou après, il faut y aller un peu à l'aveuglette, se faire des contacts... Dans l'organisation d'évènements, ou dans le journalisme "underground", tout ne se joue pas au mérite comme dans les études "conventionnelles"; il y a beaucoup de relationnel, un peu de piston voire beaucoup, il faut "faire son trou". Si c'est ça que tu veux faire, essaye. Faire prof si dès les études on n'en n'a pas envie n'est une bonne idée ni pour toi, ni pour les élèves.

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Envie d'une destinée professionnelle non conventionnelle

Merci à vous deux ça fait du bien de vous lire.

Oui c'est vrai qu'il faut des moyens financiers pour être thésard "oisif".

Effectivement jaimerais trouver un travail cet été ou un stage dans le millieu du journalisme (si vous avez des pistes n'hésitez pas à m'en faire part d'ailleurs).
Je m'inscrirais bien sur le site Teli mais c'est encore 40 euros à sortir.
Si je ne trouve rien je passerais encore mon été à glander : pas que ça me dérange mais quand t'a dépassé la barre des 20 ans, c'est un peu angoissant quand même ce vide récurrent.

En tout cas j'ai une sacrée veine parce que tous les cours de ce sixième semestre m'interesse et je vais même faire un mini mémoire sur "examined life"!  big_smile

5 (Édité par Jeanne-Héloïse 31/01/2012 à 09:53)

Envie d'une destinée professionnelle non conventionnelle

Bonjour Spartacus, smile

Les dangers de choix "non conventionnels" (à un certain degré), ce sont la marginalité et... la précarité. Mais il n'en va pas toujours ainsi, heureusement. C'est une question de volonté, de maîtrise de sa destinée (rester original sans verser dans la marginalité); c'est aussi une question de hasard, de rencontres. Et c'est donc aussi une question de lieu de vie : si vous vivez dans une grande ville et a fortiori à Paris, vous ferez nécessairement plus de rencontres (et des rencontres plus stimulantes) dans les domaines que vous visez (l'art, la critique...) que si vous vivez dans une petite ville de province ou à la campagne.  Mais Paris est une ville coûteuse et dangereuse : on y fait de bonnes rencontres et... des mauvaises, il y a des réussites éclatantes et... des descentes aux enfers.
Dans votre cas, des expériences dans le cinéma (travailler à la production d'un film, ne serait-ce que le repérage de lieux, ou aider un régisseur...) ou de petites maisons d'édition pourraient déclencher des rencontres et des expériences. Dans ces milieux, on apprécie des personnalités... "particulières"  wink smile, mais il faut un grand sens du contact, beaucoup de culot et... beaucoup de chance.
Bref, à mon avis, soyez prudent et ne sortez pas trop des cadres (car ils vous protègent), surtout si vous avez les moyens intellectuels de continuer à étudier (et à acquérir des diplômes).

Envie d'une destinée professionnelle non conventionnelle

A partir des seuls indices que me fournit la lecture de ce débat, je vois une indication claire pour aller à l'étranger enseigner le français.

Envie d'une destinée professionnelle non conventionnelle

avec des études de philo ?

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Envie d'une destinée professionnelle non conventionnelle

Ouais voyager me plairait aussi! J'ai de l'humour, j'ai un côté très enfantin, je suis dynamique, je peux faire pas mal de trucs mais je ne veux pas de carrière professorale. Journaliste dans des revues subversives et auteur de french theory, faire partie de "la bande à Derrida" en clair, ça c'est moi!
Je pense qu'après mon master je pars à l'Européan Graduate School, à partir de là j'aurais sûrement plus de pistes concrêtes!

Envie d'une destinée professionnelle non conventionnelle

J'espère que tu es beau aussi quand même !

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Envie d'une destinée professionnelle non conventionnelle

lol , pouquoi tu dis ça? lol

Non pas trop justement, c'est pour ça que je suis devenu philosophe d'ailleurs : mon insuccès avec les filles m'a rendu ascète, j'ai dû faire passer ma libido dans la pensée et l'écriture puisque je ne pouvais pas conclure avec une nana!  tongue

Photo dans la présentation des membres si tu veux te faire ta propre opinion!  wink