1

Jack Kerouac, Sur la route

Bonjour , je suis entrain de lire Sur la route de Jack Kerouac . Je n'ai pas encore vu de topic ou de personnes en parler sur le forum . Etant donné que c'est le lanceur de la beat génération et que j'en ai entendu beaucoup de bien j'aimerai avoir vos avis sur l'écrivain et son livre .
Ca serait super de savoir vos impressions sur la beat génération , sur son style ou tout simplement sur l'effet que ces livres vous ont fait sur vous en positif comme en négatif .
Merci smile

Jack Kerouac, Sur la route

Je ne sais pas si ça peut vous aider mais j'ai vu récemment une vidéo de Jack Kerouac sur internet (YouTube ou Dailymotion) dans laquelle il explique, en français, ce que veut dire le mot beat.

C'est très instructif et, surtout, l'on se rend compte de la richesse de ce mot, manipulé en français et en anglais. Beat, comme le sens du rythme en musique, notamment dans le jazz ; Beat, beaten, c'est-à-dire battu ; et béat, en français, terme à connotation religieuse qui exprime le bonheur absolu. En d'autres termes, "pauvre mais heureux" comme il le dit lui-même.

3 (Édité par Victor24 28/12/2013 à 12:48)

Jack Kerouac, Sur la route

La lecture de Sur la route m'a été très désagréable, j'y ai retrouvé en plus forcé et plus ridicule, le même problème que chez Henry Miller, un désir, à la fois naïf et faux, de "devenir un artiste". Naïf parce que la conception de l'artiste qu'ils se font est complètement étrangère et empruntée, ils ressentent une attirance pour le prestige du rôle de l'artiste dans les sociétés européennes, comme des enfants devant les pompiers ou les policiers, et faux, bien sûr, parce qu'il ne s'agit ici que de pose et de conformisme servile.

Le pire passages est celui où le héros se fait prendre en stop par un camion et regarde le ciel étoilé en se disant quelque chose comme "ça y est ! je suis arrivé ! j'y suis ! je suis poétique ! je suis un artiste !". Un sommet dans le ridicule.

J'ai passé un an à l'université aux États-Unis et un jour, un soir plutôt, j'ai voulu rendre visite à une sorte de société poétique qui éditait une petite plaquette trimestrielle. Je me rends à la salle prévue à l'heure prévue, mais aucun poète n'est là ni personne ne peut me renseigner. Après avoir demandé dans quelques bureaux, j'ai fini par apprendre que les "poètes" passaient la nuit dans la rue, couchés sous des cartons, en signe de je ne sais plus quelle protestation... ça m'a immédiatement coupé l'envie de faire leur connaissance.

Jack Kerouac, Sur la route

Bah... On peut bien être poète et manifestant !
L'un n'empêche pas l'autre.
Et un manifestant n'est pas forcément quelqu'un d'infréquentable par définition.
Mais chacun ses allergies... smile

Jack Kerouac, Sur la route

On peut bien être poète et manifestant, en France nous tenons l'article avec Lamartine,  Hugo et Aragon, entre  autres.
Mais faire passer une manifestation pour une création poétique cela fait penser  à l'urinoir de Duchamp.

Jack Kerouac, Sur la route

Il n'est pas précisé que dans leur esprit, leur manifestation se soit voulue création poétique
comme ce qu'ils publiaient sur leur plaquette.

7 (Édité par Victor24 29/12/2013 à 00:14)

Jack Kerouac, Sur la route

Cher Jehan,

Jehan a écrit :

Il n'est pas précisé que dans leur esprit, leur manifestation se soit voulue création poétique
comme ce qu'ils publiaient sur leur plaquette.

Non, mais c'était une pose. Nous avions le même âge mais pour l'européen que j'étais, impossible d'adhérer à ce simulacre. Je ne dis pas que j'étais moins niais qu'eux à cette époque, mais j'ai pourtant immédiatement saisi tout le grotesque de leur démarche. Vu le prix de la scolarité, la nuit passée dans les cartons était ridicule. Le club des poètes d'HEC déguisé en clochards dort dehors sur le campus de Jouy-en-Josas... mais bien sûr ! J'y crois !