Quelles fonctions de la poésie sont mises en œuvre dans les textes de ce corpus ?

Bonjour !
Je suis en 1ere ES et je doit répondre a une question de corpus type bac  sur les 4 textes suivant :
- J'aime l'araignée de Victor Hugo
- la chenille de guillaume Apollinaire
- l’huître de Francis Ponge
- le lombric de Jacques Roubaud

La question est "Quelles fonctions de la poésie sont mises en oeuvre dans les textes de ce corpus ?"

Je ne vois vraiment rien de ce que je pourrait dire sur ces textes.. A L'AIDEE !!
Si quelqu'un pouvait me repondre vite s'il vous plait... merciiii  smile

Rappel : pas de travail personnel = pas d’aide.
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

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Quelles fonctions de la poésie sont mises en œuvre dans les textes de ce corpus ?

Bonsoir,

As-tu remarqué que les quatre textes avaient choisi des animaux répugnants ou méprisés ?
Ils les utilisent comme des symboles pour faire réfléchir le lecteur..
Hugo se sert de l'araignée pour mener un combat social, c'est la fonction argumentative de la poésie,
Roubaud se sert du Lombric pour exposer sa conception de la poésie, c'est un art poétique...
A toi de continuer !

Quelles fonctions de la poésie sont mises en œuvre dans les textes de ce corpus ?

oui j'avais remarquée que ce sont des animaux méprisés/répugnants..
merci pour la réponse a ces deux textes..
Maintenant j'ai une autre question : Est-ce que le texte de francis ponge est un moyen pour dire que l’huître a beau être répugnante mais elle renferme un trésor qu'est la perle ? (art dénonciateur de la poésie ?)

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Quelles fonctions de la poésie sont mises en œuvre dans les textes de ce corpus ?

Oui, l’huître a beau être répugnante, elle renferme un trésor qu'est la perle. Mais ce n'est pas un art dénonciateur de la poésie. Au contraire, la poésie a pour fonction de révéler les trésors cachés.

Quelles fonctions de la poésie sont mises en œuvre dans les textes de ce corpus ?

Bonjour, merci pour ta réponse.. j'ai fait un brouillon de mon texte et je voulais savoir si sa pouvait être bien :


Dans les textes de ce corpus, on est dans de la poésie engagée : Hugo se sert de l’araignée pour mener un combat social, c’est la fonction  argumentative de la poésie.
Il transmet un amour paradoxal parce que c’est la valeur symbolique de l’araignée et de l’ortie pour décrire la réalité sociale. Mais c’est aussi ce qu’Apollinaire dans son poème nous transmet. Quand il dit que la chenille travail dur, pour devenir ensuite un « riche papillon », il faut comprendre que cet animal, répugnant  en premier lieu, est sujet à l’ignorance, à l’engrenage diabolique du rejet tout comme l’araignée, le lombric ou même l’huître. La chenille, elle travaille comme elle peut et elle est récompensée en devenant un magnifique papillon.
Roubaud se sert ensuite du lombric pour exposer sa conception de la vie. De même que le lombric, le poète aère le langage, il travaille le langage de manière poétique. Il s’interroge sur la poésie, et pense que la poésie traditionnelle est morte. Le message du poète ici est explicite : il devient le nourricier des hommes : « il laboure les mots » (v.10), « les hommes récoltent les denrées langagières ». Le poète est donc comparé au lombric par rapport à son travail.
On voit aussi que l’huitre dont parle Francis Ponge, est un être grossier, mais qui renferme un trésor : la poésie est similaire à cette huître, elle dénonce ou expose les trésors des mots. En effet, Jacques Roubaud se sert des mots pour exposer sa conception de la vie, Guillaume Apollinaire pour montrer qu’on a pas de récompense si on ne travail pas dur, et Victor Hugo pour nous faire comprendre que souvent un être hideux a l’extérieur peut être victime d’injustice social alors qu’il peut être magnifique a l’intérieur.


Est-ce que ma réponse a cette question de corpus irai ?

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Quelles fonctions de la poésie sont mises en œuvre dans les textes de ce corpus ?

Bonjour,

Non, tu ne respectes pas la règle principale qui est d'indiquer la ligne directrice commune aux quatre textes :
- des animaux méprisés,
- le genre symbolique,
- la fonction assignée à la poésie, pour l'essentiel de porter un regard neuf sur la réalité...
Tu peux examiner ensuite les particularités, voire les différences de chaque texte, mais qui constitueront des aspects secondaires.

Tu te trompes en affirmant que nous nous trouvons dans la poésie engagée. Seul le poème de Victor Hugo pourrait s'inscrire dans cette rubrique.

Quelles fonctions de la poésie sont mises en œuvre dans les textes de ce corpus ?

Bonjour, j'ai une question de synthèse de corpus avec la problématique suivante: "Quelles sont les fonctions de la poésie selon les textes du corpus?"
J'ai les textes suivants:

"Le poète et la foule

La plaine un jour disait à la montagne oisive :
" Rien ne vient sur ton front des vents toujours battu ! "
Au poète, courbé sur sa lyre pensive,
La foule aussi disait : " Rêveur, à quoi sers-tu ? "

La montagne en courroux répondit à la plaine :
" C'est moi qui fais germer les moissons sur ton sol ;
Du midi dévorant je tempère l'haleine ;
J'arrête dans les cieux les nuages au vol !

Je pétris de mes doigts la neige en avalanches ;
Dans mon creuset je fonds les cristaux des glaciers,
Et je verse, du bout de mes mamelles blanches,
En longs filets d'argent, les fleuves nourriciers.

Le poète, à son tour, répondit à la foule :
" Laissez mon pâle front s'appuyer sur ma main.
N'ai-je pas de mon flanc, d'où mon âme s'écoule,
Fait jaillir une source où boit le genre humain ? "
Théophile GAUTIER


"Le Mendiant

Un pauvre homme passait dans le givre et le vent.
Je cognai sur ma vitre ; il s'arrêta devant
Ma porte, que j'ouvris d'une façon civile.
Les ânes revenaient du marché de la ville,
Portant les paysans accroupis sur leurs bâts.
C'était le vieux qui vit dans une niche au bas
De la montée, et rêve, attendant, solitaire,
Un rayon du ciel triste, un liard de la terre,
Tendant les mains pour l'homme et les joignant pour Dieu.
Je lui criai : « Venez vous réchauffer un peu.
Comment vous nommez-vous ? » Il me dit : « Je me nomme
Le pauvre. » Je lui pris la main : « Entrez, brave homme. »
Et je lui fis donner une jatte de lait.
Le vieillard grelottait de froid ; il me parlait,
Et je lui répondais, pensif et sans l'entendre.
« Vos habits sont mouillés », dis-je, « il faut les étendre,
Devant la cheminée. » Il s'approcha du feu.
Son manteau, tout mangé des vers, et jadis bleu,
É talé largement sur la chaude fournaise,
Piqué de mille trous par la lueur de braise,
Couvrait l'âtre, et semblait un ciel noir étoilé.
Et, pendant qu'il séchait ce haillon désolé
D'où ruisselait la pluie et l'eau des fondrières,
Je songeais que cet homme était plein de prières,
Et je regardais, sourd à ce que nous disions,
Sa bure où je voyais des constellations."
Victor Hugo, Les Contemplations (1856)


"Chanson pour oublier Dachau

Nul ne réveillera cette nuit les dormeurs

Il n'y aura pas à courir les pieds nus dans la neige

Il ne faudra pas se tenir les poings sur les hanches jusqu'au matin

Ni marquer le pas le genou plié devant un gymnasiarque dément

Les femmes de quatre-vingt-trois ans les cardiaques ceux qui justement



Ont la fièvre ou des douleurs articulaires ou

Je ne sais pas moi les tuberculeux

N'écouteront pas les pas dans l'ombre qui s'approchent

Regardant leurs doigts déjà qui s'en vont en fumée



Nul ne réveillera cette nuit les dormeurs



Ton corps n'est plus le chien qui rôde et qui ramasse

Dans l'ordure ce qui peut lui faire un repas

Ton corps n'est plus le chien qui saute sous le fouet

Ton corps n'est plus cette dérive aux eaux d'Europe

Ton corps n'est plus cette stagnation cette rancoeur

Ton corps n'est plus la promiscuité des autre

N'est plus sa propre puanteur

Homme ou femme tu dors dans des linges lavés



Ton corps



Quand tes yeux sont fermés quelles sont les images

Qui repassent au fond de leur obscur écrin

Quelle chasse est ouverte et quel monstre marin

Fuit devant les harpons d'un souvenir sauvage

Quand tes yeux sont fermés revois-tu revoit-on

Mourir aurait été si doux à l'instant même

Dans l'épouvante où l'équilibre est stratagème

Le cadavre debout dans l'ombre du wagon

Quand tes yeux sont fermés quel charançon les ronge

Quand tes yeux sont fermés les loups font-ils le beau

Quand tes yeux sont fermés ainsi que des tombeaux

Sur des morts sans suaire en l'absence des songes



Tes yeux



Homme ou femme retour d'enfer

Familiers d'autres crépuscules

Le goűt de soufre aux lèvres gâtant le pain frais

Les réflexes démesurés à la quiétude villageoise de la vie

Comparant tout sans le vouloir à la torture

Déshabitués de tout

Hommes et femmes inhabiles à ce semblant de bonheur revenu

Les mains timides d'enfants

Le cœur étonné de battre



Leurs yeux



Derrière leurs yeux pourtant cette histoire

Cette conscience de l'abîme

Et l'abîme

Où c'est trop d'une fois pour l'homme être tombé

Il y a dans ce monde nouveau tant de gens

Pour qui plus jamais ne sera naturelle la douceur

Il y a dans ce monde ancien, tant et tant de gens

Pour qui tant de douceur est désormais étrange

Il y a dans ce monde ancien et nouveau tant de gens

Que leurs propres enfants ne pourront pas comprendre



Oh vous qui passez

Ne réveillez pas cette nuit les dormeurs"
Louis Aragon, Le nouveau crève-coeur


"La beauté

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études ;

Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !"
Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

"Rien de ce qui est beau n’est indispensable à la vie. — On supprimerait les fleurs, le monde n’en souffrirait pas matériellement ; qui voudrait cependant qu’il n’y eût plus de fleurs ? Je renoncerais plutôt aux pommes de terre qu’aux roses, et je crois qu’il n’y a qu’un utilitaire au monde capable d’arracher une plate-bande de tulipes pour y planter des choux.

À quoi sert la beauté des femmes ? Pourvu qu’une femme soit médicalement bien conformée, en état de faire des enfants, elle sera toujours assez bonne pour des économistes.

À quoi bon la musique ? à quoi bon la peinture ? Qui aurait la folie de préférer Mozart à M. Carrel, et Michel-Ange à l’inventeur de la moutarde blanche ?

Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid, car c’est l’expression de quelque besoin, et ceux de l’homme sont ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme nature."
Théophile Gautier, préface à Mademoiselle de Maupin


Je dois donc répondre à la question posée en développant des axes de lectures.
J'ai donc essayé d'analyser les textes

Dans "Le poète et la foule", on reconnait très bien le mouvement du parnasse. L'objet principal de la création est l'art poétique ("l'art pour l'art"). Pour Gautier, poésie ne doit pas avoir une utilité pour la société. "La source" à pour but d'étancher une soif de célébration de la beauté.

Pour "le mendiant", je ne suis pas sûr, mais je crois qu'ici la poésie est une forme d'engagement. Et plus précisément une forme d'engagement sociale.

Dans "Chanson pour oublier Dachau", on a une forme d'engagement politique caractéristique des surréalistes. Aragon s'insurge contre les crimes perpétrés par les nazis.

Je ne suis pas sûr non plus pour "La beauté", mais je crois comprendre que pour Baudelaire, la poésie est un moyen d'interpréter la beauté, sans pour autant l'atteindre.

Enfin, on retrouve la même idée que pour "le poète et la foule" dans "préface à Mademoiselle de Maupin". Pour Gautier, la poésie n'est pas utile au monde mais elle est belle, et cette beauté est nécessaire.

Alors voila ce que j'ai fait jusqu'à maintenant. Pouvez-vous m'aider? Avez-vous quelque chose à suggérer?

Quelles fonctions de la poésie sont mises en œuvre dans les textes de ce corpus ?

Bonjour, je suis en seconde et J'ai une question sur le corpus à faire. Les quatre textes sont "J'aime l'araignée" de V.Hugo ; "La chenille" de G.Apollinaire ; "L'huître " de F. Ponge et "Le lombric " de J. Roubaud.
Il faut répondre a la question suivante : Quelles fonctions de la poésie sont mises en oeuvres dans les textes de ce corpus ?
J'ai mis que le theme commun était les animaux, que le premier et le troisième texte exprimait des sentiments mais apres je sais pas quoi mettre. Merci pour vos reponces  smile
                           

J'aime l'araignée
J'aime l'araignée et j'aime l'ortie,
Parce qu'on les hait ;
Et que rien n'exauce et que tout châtie
Leur morne souhait ;
Parce qu'elles sont maudites, chétives,
Noirs êtres rampants ;
Parce qu'elles sont les tristes captives
De leur guet-apens ;
Parce qu'elles sont prises dans leur oeuvre ;
Ô sort ! fatals noeuds !
Parce que l'ortie est une couleuvre,
L'araignée un gueux;
Parce qu'elles ont l'ombre des abîmes,
Parce qu'on les fuit,
Parce qu'elles sont toutes deux victimes
De la sombre nuit...
Passants, faites grâce à la plante obscure,
Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
Oh ! plaignez le mal !
Il n'est rien qui n'ait sa mélancolie ;
Tout veut un baiser.
Dans leur fauve horreur, pour peu qu'on oublie
De les écraser,
Pour peu qu'on leur jette un oeil moins superbe,
Tout bas, loin du jour,
La vilaine bête et la mauvaise herbe
Murmurent : Amour !

                                 

La Chenille

Le travail mène à la richesse.
Pauvres poètes, travaillons !
La chenille en peinant sans cesse
Devient le riche papillon.




                                                                      L'huître

     

L'huître, de la grosseur d'un galet moyen, est d'une apparence plus rugueuse, d'une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C'est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l'ouvrir : il faut alors la tenir au creux d'un torchon, se servir d'un couteau ébréché et peu franc, s'y reprendre à plusieurs fois. Les doigts curieux s'y coupent, s'y cassent les ongles : c'est un travail grossier. Les coups qu'on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d'une sorte de halos.
      A l'intérieur l'on trouve tout un monde, à boire et à manger : sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d'en dessus s'affaissent sur les cieux d'en dessous, pour ne plus former qu'une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l'odeur et à la vue, frangé d'une dentelle noirâtre sur les bords.
      Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d'où l'on trouve aussitôt à s'orner.

Francis Ponge - Le parti pris des choses (1942)


le lombric
Dans la nuit parfumée aux herbes de Provence,
le lombric se réveille et bâille sous le sol,
étirant ses anneaux au sein des mottes molles
il les mâche, digère et fore avec conscience.
il travaille, il laboure en vrai lombric de France
comme, avant lui, ses père et grand-père ; son rôle,
il le connaît. Il meurt. La terre prend l'obole
de son corps. Aérée, elle reprend confiance.
Le poète, vois-tu, est comme un ver de terre
il laboure les mots, qui sont comme un grand champ
où les hommes récoltent les denrées langagières;
mais la terre s'épuise à l'effort incessant !
sans le poète lombric et l'air qu'il lui apporte
le monde étoufferait sous les paroles mortes.

Jacques Roubaud,