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Saint-Amant, Assis sur un fagot, une pipe à la main...

Bonjour, je suis nouveau sur ce forum et j'aimerais avoirs quelques conseils sur un devoir que j'ai traité (bac blanc) .  C'est urgent car le bac français c'est le 15/06/11.
Voici la réponse à la question et le commentaire.  Combien m'auriez vous mis ?
Soyez franc! n'hésitez pas à mettre des commentaires.


Textes :
A)    Saint-Amant « le Fumeur », Poésies,1629
B)    Charles Baudelaire, « Harmonie du soir », les Fleurs du mal ,1857
C)    Guillaume Apollinaire [1880-1918], « Adieu ! », Lettres à Lou, Gallimard,1990.
D)    Alain Bosquet, « Défense du poète », Sonnet pour une fin de siècle ,1980


Questions (4points)

Analyser brièvement la structure de ces poèmes et l’effet produit par ces choix formels.


Ces quatre poèmes présentent chacun une structure différente produisant des effets variés sur le lecteur. Tout d’abord le poème de Saint-Amant publié en 1629 présente toutes les caractéristiques d’un sonnet, poème à forme fixe. En effet, il est constitué de deux quatrains et de deux tercets. Répondant aux règles classique, les vers sont en alexandrins et les rimes sont embrassées dans les deux premiers quatrains (abba) et de la forme aab dans les deux tercets. De plus les différentes strophes sont séparées par un espace net. On peut également noter une opposition entre les deux tercets. Ce poème exprime donc la tristesse, la déception du poète et suscite la compassion du lecteur.
Quant à Baudelaire, poète « maudit », il publie en 1857 Les fleurs du mal suscitant une grande polémique dans la société du 19ème siècle. Son poème «  Harmonie du soir » présente une structure équilibrée. Il est constitué de quatre quatrains d’alexandrins. On peut également noter qu’il y a reprise  du second vers et du quatrième au début du paragraphe suivant dans chaque strophe. Cette idée d’harmonie est parfaitement traduite par la structure régulière du poème et produit une certaine paix, un apaisement au lecteur.
« Adieu ! »  issu de Lettres à Lou, œuvre posthume de Guillaume Apollinaire publié en 1990 chez Gallimard est un poème très particulier : d’une part parce qu’il présente certaines marques caractéristiques de l’épistolaire « 4 fev.1915 », d’autre part parce que c’est un calligramme d’où les premières lettres de chaque lignes formant le nom «LOU », destinataire de cette déclaration d’amour. Ce poème en rimes suivies permet à l’auteur de partager ses avec le lecteur.
Enfin « la mort simple » paru en 1980, extrait de Sonnets pour une fin de siècle paru en 1980 est un poème moderne d’Alain BOSQUET. Il peut s’apparenter à un sonnet du fait des 14 lignes mais ce n’en est pas un. C’est un poème qui ne présente aucune rime mais que des successions de questions rhétoriques et philosophiques. Ce poème suscite également une réflexion et amène le lecteur à s’interroger sur celles-ci (les questions).
Ainsi , les quatre  poètes atteignent leur but celui de faire partager au lecteur leurs émotions par le choix de la structure de leurs poèmes. Ce corpus montre également l’évolution de la forme poétique qui aujourd’hui s’est libérée de toutes contraintes.




Commentaire  (16 pts) Texte A Saint Amant « le Fumeur »

Assis sur un fagot, une pipe à la main,
Tristement accoudé contre une cheminée,
Les yeux fixés vers terre, et l’âme mutinée,
Je songe aux crautés de mon sort inhumain.
L’espoir qui me remet du jour au lendemain,
Essaye à gagner temps sur ma peine obstinée,
Et me venant promettre une autre destinée,
Me fait monter plus haut qu’un Empereur Romain.
Mais à peine cette herbe est-elle mise en cendre,
Qu’en mon premier estat il me convient descendre,
Et passer mes ennuis à redire souvent :
Non, je ne trouve point beaucoup de différence
De prendre du tabac à vivre d’espérance,
Car l’un n’est que fumée, et l’autre n’est que vent.


D’origine italienne, le sonnet apparait en France au XVI ème siècle et reste très utilisé au XVII ème siècle par de nombreux poètes dont Saint-Amant qui relate sa déception à travers « le Fumeur », sonnet classique issu de son recueil Poésies qu’il publie en 1629.
En quoi ce poème est-il révélateur de l’état d’âme  de notre poète ?
Nous nous intéresserons tout d’abord à l’intertextualité de ce poème avant d’analyser les sentiments de notre poète qui semble triste et son aspect tragique.


Ce poème apparait après plusieurs lectures comme un carrefour, un mélange de genre.
En premier lieu, il se présente comme un sonnet classique. En effet, il est constitué de deux quatrains et de deux tercets dont les vers sont des alexandrins.
Cependant lorsqu’on regarde plus attentivement, ce poème peut se lire à la manière d’un récit : Un récit qui commence au deuxième quatrain et qui relate l’ascension puis la déchéance, la chute du poète, traduite par l’opposition entre le deuxième quatrain et les deux tercets. Opposition à la fois typographique (quatrain/tercet) mais également sonore avec le changement de rimes (abba pour le quatrain et aab pour le tercet).
Enfin, ce récit peut s’apparenter à un témoignage voire même à un récit autobiographique car auteur, narrateur et personnages fusionnent en « je », omniprésent dans ce poème.
Ainsi Saint-Amant retranscrit sa déception, sa tristesse à travers ce poème, à la croisée de plusieurs genres.

En effet, notre poète apparait déçu, triste dès le premier quatrain qui s’assimile à un portrait statique reflétant la tristesse de Saint-Amant.
Un portrait comme le suggère les indices spatiaux « sur » « contre », les indices de manière « à la main », l’adverbe « tristement », le participe « fixés ». Tous ces indices décrivent la manière et la position du poète et donc reflétant ses sentiments.
Le poète est très présent comme le met en relief l’accumulation du pronom personnel « je » et le discours direct  dans le dernier tercet où il prend la parole.
Tout ceci crée l’illusion du réel, d’authenticité, et rend plus crédible, plus réel la tristesse de Saint Amant. Tristesse accentuée par le rythme lent  des alexandrins.
Tout ceci crée ou plutôt met en relief l’aspect tragique de notre poète. Caractère tragique, évoqué par la référence à l’antiquité « empereur » , la présence d’alexandrins considérés comme des vers « nobles » suggérant donc la position sociale de notre Saint Amant , frappé par la fatalité , le destin inéluctable comme le montre la présence du champ lexical du fatum « sort » ; « destiné ». C’est un personnage souffrant comme le traduit les adjectifs « mutiné » ; « cruautés » montrant la véhémence à laquelle il est confronté.
« L’espoir » qui est ici personnifié l’a abandonné et n’est désormais que « vent ». Le dernier vers du dernier tercet à un écho solennelle. Il n’a plus confiance. Il n’a plus d’espoir et sombre dans le chagrin, la mélancolie.


Ainsi Saint-Amant apparait comme un personnage tragique et pathétique , victime du « sort » en relatant à travers ce poème sa tristesse et sa déception. D’autres poètes expriment leur mélancolie, leur  « Spleen » comme Charles Baudelaire dans Les Fleurs du mal (1857)Les doublons ne sont pas autorisés sue ce forum.

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Saint-Amant, Assis sur un fagot, une pipe à la main...

Bonsoir , j'aurais besoin d'aide pour le commentaire de ce sonnet " le fumeur" de St-Amant.

Assis sur un fagot, une pipe à la main,
Tristement accoudé contre une cheminée,
Les yeux fixés vers terre, et l’âme mutinée,
Je songe aux cruautés de mon sort inhumain.

L’espoir, qui me remet du jour au lendemain,
Essaie à gagner temps sur ma peine obstinée,
Et me venant promettre une autre destinée
Me fait monter plus haut qu’un empereur romain.

Mais à peine cette herbe est-elle mise en cendre,
Qu’en mon premier état il me convient descendre,
Et passer mes ennuis à redire souvent:

Non, je ne trouve point beaucoup de différence
De prendre du tabac à vivre d’espérance,
Car l’un n’est que fumée, et l’autre n’est que vent.


Problématique : En quoi ce poème reflète t-il l'état d'âme de notre poète?
Voici mon plan

I- Un carrefour de genre
   a) un sonnet apparemment classique mais irrégulier
   b)un récit état-d'âme
   c) un témoignage voir récit autobiographique
II)- Un poète souffrant
   a) triste
   b) déçu
   c) tragique

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Saint-Amant, Assis sur un fagot, une pipe à la main...

Bonjour, je passe mon oral de français au mois de juillet et j'ai besoin d'aide pour ce texte.
"Le fumeur" de saint Amant .

Assis sur un fagot, une pipe à la main,
Tristement accoudé contre une cheminée,
Les yeux fixés vers terre, et l’âme mutinée,
Je songe aux crautés de mon sort inhumain.
L’espoir qui me remet du jour au lendemain,
Essaye à gagner temps sur ma peine obstinée,
Et me venant promettre une autre destinée,
Me fait monter plus haut qu’un Empereur Romain.
Mais à peine cette herbe est-elle mise en cendre,
Qu’en mon premier estat il me convient descendre,
Et passer mes ennuis à redire souvent :
Non, je ne trouve point beaucoup de différence
De prendre du tabac à vivre d’espérance,
Car l’un n’est que fumée, et l’autre n’est que vent.

A l'oral blanc des personnes ont eu la problèmatique suivante et ont eu du mal à répondre : "En quoi l'état du poète est-il une représentation de la condition humaine ?" . Pouvez vous m'aider à trouver un plan pour répondre à cette problématique qui ne correspond pas du tout à celle que nous avons vu en cours ?

Pour le moment j'ai pensé à faire une partie sur le poète qui est un être triste, pensif... mais je ne vois pas de quoi parler dans une autre partie.
Merci d'avance.

Saint-Amant, Assis sur un fagot, une pipe à la main...

Une ou deux idées qui peuvent aider:
Les désillusions du poète (l'espérance "n'est que vent", "cruautés") et sa tristesse (l.2, 3 "mutinée"), l'évocation de sa destinée  ("sort inhumain"), la pensée de la mort ("vers terre" = sous terre, là où est la mort; mais aussi là où vivent les hommes, donc ce qui rappelle leur condition d'humain) avec l'évocation de la pipe et des cendres.
Le poète se laisse emporter par l'espoir "plus haut qu'un empereur romain", en espérant ainsi dépasser sa condition de simple être humain, pour finalement retomber dans son amertume.
Peut-être aussi une vision péjorative de l'existence, avec des comparaisons péjoratives et négations.
Enfin, il faut aussi se poser des questions sur l'auteur (je ne connais pas du tout): quelle époque? quel contexte d'écriture?
Voilà, j'espère avoir été utile!!  smile

Pour ma part, j'ai besoin d'aide au sujet d'un commentaire (pour l'oral). Je ne l'ai jamais travaillé en cours, donc j'aimerais compléter mes idées. J'ai commencé cette discussion : Hugo, Ruy Blas, acte IV, scène 2. Merci pour votre aide!  big_smile