Traduction d'une phrase de grec ancien

Bonsoir !

Un fragment d'une version me laisse pensif, et j'aimerais vous la soumettre :

Ἀθηναῖοι, μνήσθητε τὰ πεποιημένα Ἀνδοκίδῃ, ἐνθυμήθητε δὲ καὶ τῆς ἑορτῆς, δι´ ἣν ὑπὸ τῶν πολλῶν προὐτιμήθητε. Ἀλλ´ ἐστὲ γὰρ ὑπὸ τῶν τούτου ἁμαρτημάτων ἤδη καταπλῆγες διὰ τὸ πολλάκις ἰδεῖν καὶ ἀκοῦσαι, ὥστε οὐδὲ τὰ δεινὰ ἔτι δεινὰ δοκεῖ ὑμῖν εἶναι, ἀλλὰ προσέχετε τὸν νοῦν, δοκείτω δ´ ὑμῖν ἡ γνώμη ὁρᾶν ἃ οὗτος ἐποίει, καὶ διαγνώσεσθε ἄμεινον.

(Contre Andocide, Lysias)

Je peine à en comprendre le sens. Je ne pense pas que ἡ γνώμη désigne ici le jugement arrêté, l'avis, puisque c'est l'étape suivante si j'ose dire : διαγνώσεσθε ἄμεινον. Littéralement, je lis :
δοκείτω δ´ ὑμῖν ἡ γνώμη ὁρᾶν : que l'esprit vous semble voir
ἃ οὗτος ἐποίει : ce qu'il a fait.

Ce qui n'est pas très clair, et avant de trancher, je voudrais être sûr de bien comprendre. Lysias demande aux juges de voir en leur esprit ce qu'il a fait. Est-ce cela ?


Merci, et bonne soirée.

Traduction d'une phrase de grec ancien

Oui. A traduire par le verbe se figurer en français qui est le plus adapté.

Traduction d'une phrase de grec ancien

Ah oui, merci Arthur.

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Traduction d'une phrase de grec ancien

jeanlouis.harter a écrit :

Bonjour


je cherche une traduction de ces deux phreses de grec ancien, merci beaucoup si vous pouviez m'aider !

Ἢ οὐκ ἀνάγκη, ὃ τις δίδωσι, τοῡτο ἔχειν.

N'est-il pas nécessaire que ce que l'on donne, on le possède?

ἐὰν γάρ τι προσθῇς, ὅσῳ προσέθηκας ὁτιοῦν, ἐνδεὲς ποιήσεις

Si l'on ajoute quelque chose, quelle que soit la grandeur de ce à quoi on l'ajoute, on le rendra incomplet.

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Traduction d'une phrase de grec ancien

Je remarque toute l'importance de lire les textes philosophiques dans leur langue originelle; l'écart entre la traduction de Jacques, très proche du texte, et d'autres peut prêter à confusion sur des points de détails. Regardez la suivante, dans Plotin, III-8,  éditions G.F. sous la direction de Luc Brisson et J-F. Pradeau.
"Φθεγξάμενος οὖν τὸ ἀγαθὸν μηδὲν ἔτι προσνόει· ἐὰν γάρ τι προσθῇς, ὧι προσέθηκας ὁτιοῦν, ἐνδεὲς ποιήσεις."
"De sorte qu'en prononçant " le Bien", n'y ajoute rien d'autre en pensée; car si tu lui ajoutes quoi que ce soit, tu l'affaibliras d'autant que ce que tu lui ajoutes.
"
De sorte que si on ajoute au Bien l'Intellect, on l'affaiblit par surcroît, par le fait même de l'augmenter,  ce qui me semble contradictoire avec l'idée d'incomplétude comme le laisse entendre pourtant le terme ἐνδεὲς!

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Traduction d'une phrase de grec ancien

Malgré tout, il me manquait (sans jeu de mots) un contexte pour bien traduire la pensée de l'auteur. Isolée, cette phrase a tout de même un sens très platonicien (et même très chrétien) : On se saurait ajouter le moindre attribut à l'Etre (ou à Dieu) sans proclamer par là-même son incomplétude, ce qui est contradictoire avec la notion de perfection ou d'absolu qu'il suppose.

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Ha! Mais oui! Evidemment! smile

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Traduction d'une phrase de grec ancien

merci beaucoup jacques vaissier, je viens seulement de prendre connaissance de votre réponse car j'étais parti quelques jours. pardonnez-moi ce "merci" tardif...

je me permets juste une demande de précision, pour la première phrase :  serait-il possible de la traduire également par : "il n'est pas nécessaire que celui qui donne possède ce qu'il donne", ou – en dehors de l'aspect paradoxal de cette proposition – s'agit-il d'un contre sens ?

merci encore !

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Traduction d'une phrase de grec ancien

A mon avis, il n'est pas possible de comprendre la phrase ainsi! Philosophiquement d'autre part, l'idée est peu défendable!

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Traduction d'une phrase de grec ancien

d'accord, merci beaucoup ! Cette traduction semble particulièrement subtile, car en fait, comme vous l'aviez sans doute remarqué, il s'agit d'un passage de Plotin , dont je voulais vérifier la traduction de Bréhier (ed. des belles lettres), qui écrit en effet : "il n'est pas nécessaire qu'un être qui donne possède ce qu'il donne" (Enn VI, 7, 17, 3). Ces  précisions me sont vraiment très utiles...

voire d'ailleurs en V, 3, 15, 35 , Bréhier : "comment l'Un produit-il donc ce qu'il ne possède pas ?"

je ne possède que cette traduction des Ennéades, et peut-être n'est-elle pas très bonne, sur des points qui me paraissent particulièrement essentiels...

merci encore infiniment !

J Louis