Agrégation de lettres en 2012

Bonjour à tous,

Je viens de lire cet article http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2 … _3232.html selon lequel l'agrégation de lettres, modernes ou classiques, externe ou interne, serait fermée au moins pour l'année 2012.
Les inquiétudes que soulèvent cet article sont-elles fondées ? Il ne repose, après tout, que sur une lecture entre les lignes du journal officiel ; mais les suppressions de postes récentes rendent tout à fait plausible la suppression du concours.
Je voudrais savoir si d'autres personnes ont eu des échos à ce sujet, et, si l'on a déjà par le passé supprimé l'agrégation de lettres pour une année, comment cela s'était terminé.

Agrégation de lettres en 2012

Non non, le ministère a corrigé ses annonces : n'ont été publiées ouvertes que les sections dont le programme est déjà déterminé. big_smile

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Agrégation de lettres en 2012

Mon sentiment, c'est que personne n'a pris la peine de lire attentivement (et franchement, supprimer les agrégations de mathématiques, de lettres modernes comme classiques et de philosophie, c'est très très gros), et a fantasmé la disparition de l'agrégation. Oui, fantasmé.

Agrégation de lettres en 2012

Peut-être une psychose pour ce cas-ci, mais l'agrégation est menacée de disparaître à terme. Il n'y a qu'à regarder les nombreuses réformes depuis un an. On cherche à démotiver, ce qui pourrait bien finir par être un argument en faveur de sa suppression...

Agrégation de lettres en 2012

Nine a écrit :

Peut-être une psychose pour ce cas-ci, mais l'agrégation est menacée de disparaître à terme. Il n'y a qu'à regarder les nombreuses réformes depuis un an. On cherche à démotiver, ce qui pourrait bien finir par être un argument en faveur de sa suppression...

Moins de postes, moins de candidats... Ça sent pas bon, c'est clair roll

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Agrégation de lettres en 2012

Il est très probable en effet, que l'agrégation disparaisse au profit d'un concours unique de recrutement d'enseignants du secondaire, ce qui serait "logique", quand on voit que des agrégés (parfois même normaliens) sont nommés en collège, alors qu'en théorie, un agrégé n'a pas vocation du tout à enseigner en collège. Le fait d'exiger un M2 pour pouvoir passer ces deux concours est d'ailleurs révélateur d'un désir d'unification.

De mon point de vue, j'estime que ce ne serait pas une immense perte si le nombre de postes d'enseignants titulaires s'en trouve augmenté et les traitements de même. Ce serait la moindre des choses, après cinq ans d'études supérieures, qui coûtent cher à certains étudiants. De toute façon, l'agrégation a perdu son sens aujourd'hui, et selon les disciplines elle n'a pas la même valeur. Un étudiant qui veut faire de la recherche en mathématiques n'est pas obligé d'avoir l'agrégation (loin de là), c'est surtout dans les disciplines littéraires qu'elle sert à discriminer les candidats (alors que ce n'est pas sa vocation première !).

Évidemment, je n'ai pas la naïveté de croire que les choses évolueront dans le sens d'une séparation plus claire entre secondaire et supérieur (qui n'ont pas les mêmes objectifs), d'une revalorisation des salaires et d'un concours unique pour les professeurs du secondaire. Bien sûr, l'objectif est la réduction du nombre de fonctionnaires, l'économie que représente des profs agrégés en moins à payer, etc. Pour faire simple, je pense qu'il faut donc surtout redonner son vrai sens à l'agrégation : ne pas en faire le sésame nécessaire pour pouvoir devenir maître de conférences mais bien plutôt la clé qui ouvre la porte de classes de lycée, de la seconde à bac +2.

Agrégation de lettres en 2012

macbland a écrit :

Il est très probable en effet, que l'agrégation disparaisse au profit d'un concours unique de recrutement d'enseignants du secondaire, ce qui serait "logique", quand on voit que des agrégés (parfois même normaliens) sont nommés en collège, alors qu'en théorie, un agrégé n'a pas vocation du tout à enseigner en collège. Le fait d'exiger un M2 pour pouvoir passer ces deux concours est d'ailleurs révélateur d'un désir d'unification.
[…]
ne pas en faire le sésame nécessaire pour pouvoir devenir maître de conférences mais bien plutôt la clé qui ouvre la porte de classes de lycée, de la seconde à bac +2.

Petite nuance : pour le CAPES, il faut être inscrit en M2 (ou avoir un master, pour les redoublants), alors que pour l'agrégation, il faut avoir validé le master en entier !
Les salaires ont été augmentés à la rentrée (et de façon substantielle je crois), et pour le gouvernement, en effet, une suppression de l'agrégation serait intéressante d'un point de vue financier...

Les professeurs agrégés peuvent actuellement enseigner au delà du bac+2, par exemple les Agrégés Préparateurs au niveau des ENS ; et perso, j'ai une prof agrégée en L3.

Il faudrait simplement qu'on enlève l'affectation en collège dans le décret des profs agrégés vu qu'ils n'ont pas vocation à enseigner là-bas...

Agrégation de lettres en 2012

macbland a écrit :

et franchement, supprimer les agrégations de mathématiques, de lettres modernes comme classiques et de philosophie, c'est très très gros

très gros, peut-être, très cohérent, sûrement : c'est tout-à-fait en accord avec la ligne du gouvernement, le concours repousse : programmes démentiels, bibliographie gargantuesque, épreuves bidon en plus, nombre de postes réduits, ça ne donne pas envie, d'autant plus qu'en effet, les agrégés peuvent se retrouver en collège, voire même TZR dans certaines disciplines. Le concours est inaccessible, le bâton bien dur, la carotte bien maigre. Ce concours a-t-il encore un sens ? Depuis la création du CAPES, le système de double recrutement est remis en cause pour des raisons qui ne sont pas infondées. Aujourd'hui, le seul véritable atout de l'agrégation est d'ouvrir les portes de la fac, mais cela sent l'hypocrisie à plein nez : la fac ? Soyons réalistes, dans les disciplines littéraires, le nombre de postes en fac fond autant que le nombre d'étudiants. Est-on sûr qu'on la regrettera ?

Agrégation de lettres en 2012

Foedor a écrit :

Soyons réalistes, dans les disciplines littéraires, le nombre de postes en fac fond autant que le nombre d'étudiants. Est-on sûr qu'on la regrettera ?

Deux nuances à ceci :
- le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche est le seul à travailler à effectifs constants depuis 2008, c.-à-d. que tous les départs en retraite sont remplacés ;
- le nombre d'étudiants fond dans les facs littéraires ? Je ne pense pas, non...

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Agrégation de lettres en 2012

Tenno a écrit :
Foedor a écrit :

Soyons réalistes, dans les disciplines littéraires, le nombre de postes en fac fond autant que le nombre d'étudiants. Est-on sûr qu'on la regrettera ?

Deux nuances à ceci :
- le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche est le seul à travailler à effectifs constants depuis 2008, c.-à-d. que tous les départs en retraite sont remplacés ;
- le nombre d'étudiants fond dans les facs littéraires ? Je ne pense pas, non...

Bonsoir,
Lectrice régulière de ce forum, la dernière intervention m'a poussée à m'inscrire pour y apporter une réponse.

- S'il est vrai que le ministère de l'enseignement et de la recherche travaille à effectifs constants, il existe pourtant bien des départs en retraites non remplacés, puisque les présidents d'université ont tout loisir de redistribuer un poste selon leur bon vouloir. Ainsi, un départ en retraite en lettres peut aboutir à l'attribution d'un poste en informatique...
- En ce qui concerne le nombre d'étudiants en fac littéraire, je confirme, chiffres et expérience à l'appui, qu'il fond effectivement, et brutalement (exemple : passage de plus de 350 étudiants à 120 - réduits à 70 au second semestre, en lettres modernes dans une université du sud-est). Mes collègues d'autres universités me font part des mêmes constatations.

Pour la parution tronquée au BO, on peut effectivement espérer un complément, annoncé sur le site de SIAC2, mais cela ne modifie en rien le fait que certaines agrégations sont promises à une mort annoncée. De plus, est-ce vraiment un hasard si les agrégations non mentionnées sur le BO pour l'instant représentent les matières pour lesquelles le nombre de candidats au CAPES a été déficitaire ?