Il est très probable en effet, que l'agrégation disparaisse au profit d'un concours unique de recrutement d'enseignants du secondaire, ce qui serait "logique", quand on voit que des agrégés (parfois même normaliens) sont nommés en collège, alors qu'en théorie, un agrégé n'a pas vocation du tout à enseigner en collège. Le fait d'exiger un M2 pour pouvoir passer ces deux concours est d'ailleurs révélateur d'un désir d'unification.
De mon point de vue, j'estime que ce ne serait pas une immense perte si le nombre de postes d'enseignants titulaires s'en trouve augmenté et les traitements de même. Ce serait la moindre des choses, après cinq ans d'études supérieures, qui coûtent cher à certains étudiants. De toute façon, l'agrégation a perdu son sens aujourd'hui, et selon les disciplines elle n'a pas la même valeur. Un étudiant qui veut faire de la recherche en mathématiques n'est pas obligé d'avoir l'agrégation (loin de là), c'est surtout dans les disciplines littéraires qu'elle sert à discriminer les candidats (alors que ce n'est pas sa vocation première !).
Évidemment, je n'ai pas la naïveté de croire que les choses évolueront dans le sens d'une séparation plus claire entre secondaire et supérieur (qui n'ont pas les mêmes objectifs), d'une revalorisation des salaires et d'un concours unique pour les professeurs du secondaire. Bien sûr, l'objectif est la réduction du nombre de fonctionnaires, l'économie que représente des profs agrégés en moins à payer, etc. Pour faire simple, je pense qu'il faut donc surtout redonner son vrai sens à l'agrégation : ne pas en faire le sésame nécessaire pour pouvoir devenir maître de conférences mais bien plutôt la clé qui ouvre la porte de classes de lycée, de la seconde à bac +2.