Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, II - Madame de Clèves lut cette lettre...

Bonjour à tous ,

Je m'en sors pas trop avec ce texte en faite …

Mme de Clèves lut cette lettre et la relut plusieurs fois, sans savoir néanmoins ce qu'elle avait lu. Elle voyait seulement que M. de Nemours ne l'aimait pas comme elle l'avait pensé et qu'il en aimait d'autres qu'il trompait comme elle.
Quelle vue et quelle connaissance pour une personne de son humeur, qui avait une passion violente, qui venait d'en donner des marques à un homme qu'elle en jugeait indigne et à un autre qu'elle maltraitait pour l'amour de lui ! Jamais affliction n'a été si piquante et si vive : il lui semblait que ce qui faisait l'aigreur de cette affliction était ce qui s'était passé dans cette journée et que, si M. de Nemours n'eût point eu lieu de croire qu'elle l'aimait, elle ne se fût pas souciée qu'il en eût aimé une autre. Mais elle se trompait elle-même ; et ce mal, qu'elle trouvait si insupportable, était la jalousie avec toutes les horreurs dont elle peut être accompagnée. Elle voyait par cette lettre que M. de Nemours avait une galanterie depuis longtemps. Elle trouvait que celle qui avait écrit la lettre avait de l'esprit et du mérite ; elle lui paraissait digne d'être aimée ; elle lui trouvait plus de courage qu'elle ne s'en trouvait à elle-même et elle enviait la force qu'elle avait eue de cacher ses sentiments à M. de Nemours. Elle voyait, par la fin de la lettre, que cette personne se croyait aimée ; elle pensait que la discrétion que ce prince lui avait fait paraître, et dont elle avait été si touchée, n'était peut-être que l'effet de la passion qu'il avait pour cette autre personne à qui il craignait de déplaire. Enfin elle pensait tout ce qui pouvait augmenter son affliction et son désespoir. Quels retours ne fit-elle point sur elle-même ! quelles réflexions sur les conseils que sa mère lui avait donnés ! Combien se repentit-elle de ne s'être pas opiniâtrée à se séparer du commerce du monde, malgré M. de Clèves, ou de n'avoir pas suivi la pensée qu'elle avait eue de lui avouer l'inclination qu'elle avait pour M. de Nemours ! Elle trouvait qu'elle aurait mieux fait de la découvrir à un mari dont elle connaissait la bonté, et qui aurait eu intérêt à la cacher, que de la laisser voir à un homme qui en était indigne, qui la trompait, qui la sacrifiait peut-être et qui ne pensait à être aimé d'elle que par un sentiment d'orgueil et de vanité. Enfin, elle trouva que tous les maux qui lui pouvaient arriver, et toutes les extrémités où elle se pouvait porter, étaient moindres que d'avoir laissé voir à M. de Nemours qu'elle l'aimait et de connaître qu'il en aimait une autre. Tout ce qui la consolait était de penser au moins qu'après cette connaissance elle n'avait plus rien à craindre d'elle-même, et qu'elle serait entièrement guérie de l'inclination qu'elle avait pour ce prince.

Un plan :

I Exaltation des passions

II Une progression psychologique

Je vois pas vraiment de quoi je peux parler là dedans en faite …. surtout pour le I

Si vous aviez quelques idées je vous serai reconnaissant

@+ et bonne soirée

Jackass

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Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, II - Madame de Clèves lut cette lettre...

Bonjour,
Selon toi, quelles sont les passions exaltées ? (la recherche t'aidera à mieux cerner les attentes)
De plus, quels sont les procédés stylistiques pour montrer une exaltation ?
A quel mouvement littéraire ce texte appartient-il ?

Pour la progression, il faut identifier les mots de liaison, repérer les sentiments clefs, la disposition du texte; les passages qui se répondent...

J'espère t'avoir aidé !

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Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, II - Madame de Clèves lut cette lettre...

Il ne faut pas traiter de la psychologie dans un commentaire ; c'est à bannir. Repère le discours indirect libre, et l'ambivalence des sentiments. La Princesse est un personnage torturé qui oscille constamment entre passion et devoir.

Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, II - Madame de Clèves lut cette lettre...

Thomas je suis d'accord avec toi pour la psychologie mais je crois que les axes lui sont donnés, en se basant sur le fait que l'on considère souvent ce roman comme une des "premières tentative d'analyse psychologique" , et qu'il doit surtout montrer que ce passage nous plonge dans une analyse des sentiments éprouvés, du désordre intérieur, etc. donc voir comment on est plongé dans les sentiments et la réflexion de la princesse de clèves et comment cela évolue au fil du texte. Il ne faudrait surtout pas se borner à reformuler ce qu'elle ressent...

Jackass, Commence par étudier ton texte de façon linéaire et tu trouveras ce que tu peux mettre dans chaque partie :
regarde par exemple : "Jamais affliction n'a été si piquante et si vive "
ou "si insupportable" "les horreurs" et bien d'autres passages pour l'exaltation

Pour l'aspect psy, étudie comment on nous plonge dans la tête du personnage et comment on voit évoluer sa réflexion, comment elle est très confuse en même temps :
"il lui semblait que " "Elle trouvait que "
tu remarqueras aussi la ponctuation, les phrases complexes avec plusieurs subordonnées et des répétitions (comme le deuxième)
Tu peux aussi remarquer pour l'évolution qu'à la fin elle parvient à une sorte de résignation, du moins elle voudrait.