Mythe des frères ennemis en littérature

salut à tous,

je recherche des infos littéraires sur la notion de frères ennemis (au sens propre, c'est à dire antagonisme (rivalité, jalousie, haine, etc) entre personnes de même parenté ) traitée en littérature.
je livre mes premières pistes. si vous avez des points de vues sur ces pistes ou d'autres indices à suivre, je vous remercie beaucoup de m'aider

point de départ : l'antiquité avec cain et abel, texte de la genese.
rémus et romolus (peuvent-ils rentrer dans ce thème ?)
d'autres mythes antiques ?

dans la littérature moderne, pierre et jean de maupassant (texte http://www.bacdefrancais.net/pierre_et_jean.htm)

a l'est d'eden de steinbeck

les frères karamazov de dostoievsky.

d'autres oeuvres ?

merci à vous wink

Mythe des frères ennemis en littérature

Ce n'est pas ça qui manque dans la littérature, si tu parles de conflits violents entre gens de la même famille (et non entre frères uniquement) ... Deux exemples :

- Le Père Goriot, Balzac. 2 filles maltraitent moralement leur père qui leur a tout donné. Elles font partie, grâce à lui, de la haute bourgoisie parisienne alors qu'il vit dans une auberge.
- Le Roi Lear, Shakespeare. D'un côté, un roi demande à ses 3 filles de lui dire à quel point elles l'aiment si elles veulent avoir son royaume. 2 acceptent, mais mentent, une refuse, mais est honnête. La dernière est répudiée et les deux autres promises à un brillant avenir. La dernière va alors tout faire pour ne pas que son père soit abusé par ses deux soeurs, malhonnêtes et intéressées, qui finiront pas la faire tuer. Entre temps, l'une des deux autres soeurs a fait empoisonner l'autre, par jalousie.
D'un autre côté, Gloucester, comte, se laisse convaincre par son fils bâtard (Edmund) que son fils légitime (Edgar) complote contre lui. Edmund est répudié et, se faisant passer pour un fou (Tom), tue son frère.

L'intrigue du second est assez complexe mais pleine de bonnes choses pour ta problématique.

EDIT. Compter la Genèse comme un texte "antique" me paraît être une mauvaise idée.

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Mythe des frères ennemis en littérature

EDIT. Compter la Genèse comme un texte "antique" me paraît être une mauvaise idée.

Je parlerais plutôt de texte fondateur. Et je te conseille vivement de te pencher sur Les Crimes de l'amour de Sade dont le thème principal n'est ni plus ni moins que les rapports très conflictuels, incestueux voire meurtriers entre les membres d'une même famille.
Tu peux aussi analyser le conflit adultes/enfants avec Zazie dans le métro ou Alice au pays des merveilles par exemple. Les exemples ne manquent vraiment pas.

Mythe des frères ennemis en littérature

Tu peux aussi largement puiser dans les contes (Perrault, Grimm, Andersen...).

Mythe des frères ennemis en littérature

merci human pour la piste du roi lear, je cherche en effet des textes parlant de frères ou soeurs ennemis et l'intrigue gloucester pourrait bien coller.
quand à sade, je vais aussi voir ça de plus près ! merci thomas

j'ai décrit la genese comme un texte antique en rapport avec la découpe historique. soit c'est moise l'auteur et ça le fait remonter vers l'an 1250 av JC soit c'est le fruit d'une mise au point tardive mais ça reste dans le VII-VIe S av JC (avant la déportation à babylone des hébreux)
"textes fondateurs", oui c'est mieux comme acception wink

Oregann a écrit :

Tu peux aussi largement puiser dans les contes (Perrault, Grimm, Andersen...).

oui, intéressant. merci oregann

je recherche surtout des textes avec de vrais portraits psychologiques.

l'objectif à terme : j'aimerais monter une séquence français pour des classes de 2e bac pro (parcours de personnages) qui conduirait vers une sensibilisation humaniste en rapport avec l'éducation civique (fraternité républicaine versus rejet/racisme/ostracisme)

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Mythe des frères ennemis en littérature

caspi a écrit :

je recherche des infos littéraires sur la notion de frères ennemis (au sens propre, c'est à dire antagonisme (rivalité, jalousie, haine, etc) entre personnes de même parenté ) traitée en littérature.

Outre Cain et Abel, pensez aussi à Jacob et Esaü, ou encore à Perez et Zerah, pour les jumeaux bibliques. Pour la mythologie, outre Romulus et Remus que vous devez bien sûr envisager, pensez à Apollon et Artémis, Castor et Pollux, Héraclès et Iphiclès, Hélène et Clytemnestre, etc.

Quelques suggestions :

Georges Dumézil, Le Roman des jumeaux - Esquisses de mythologie, édition posthume par Joël Grisward, 1995, publié aux éditions Gallimard (mais il en parle beaucoup ailleurs dans son œuvre) ;
Raymond Kuntzmann, Le symbolisme des jumeaux au Proche-Orient ancien : naissance, fonction et évolution d'un symbole (la plus grande partie du livre est consultable gratuitement en ligne — parties écrites en bleu dans la table des matière) ;
Pierre Grenand, Deux nouvelles versions du mythe des jumeaux chez les Wayapi de Guyane ;
Véronique Dasen, Jumeaux, jumelles dans l'antiquité grecque et romaine ;
Jean Perrot, Mythe et littérature sous le signe des jumeaux, PUF.

Enfin voyez ce petit article, sur Afrik.com : « Symbolisme des jumeaux : entre adoration et crainte ».

Cette petite bibliographie de 5 ouvrages pour vous montrer que, quelle que soit l'ère géographique, la gémellité ne laisse personne indifférent : c'est un archétype universel (Carl Gustav Jung a probablement écrit des choses là-dessus, mais je n'ai pas le temps de chercher plus). Enfin, n'oubliez pas de chercher du côté de Mircea Eliade et Claude Lévi-Strauss.

Mythe des frères ennemis en littérature

Etéocle et Polynice.

Mythe des frères ennemis en littérature

L'Île du Jour d'Avant d'Umberto Eco : Roberto de la Grive, personnage principal du roman s'invente un frère ennemis, Férante, pour expliquer tout les déboires et les échecs de sa propre vie (enfin, c'est un peu plus compliqué que ça mais bon). Au fur et à mesure que les pages se tournent, Férante prend de plus en plus d'ampleur, au point qu'on oscille entre la conscience qu'il n'existe pas et le sentiment étrange de sentir sa présence. Enfin bref, je pense que ça peut être intéressant. Tout est tissé avec énormément de profondeur et finit de façon grandiose...

Mythe des frères ennemis en littérature

Après les grandes invasions, les conquètes, les honneurs, et le rang se transmettaient dans une lignée. Le détenteur du titre désignait son héritier, choisi parmi ses enfants et parfois ses neveux. D'où des rivalités entre ceux qui pouvaient y prétendre, qui prenaient des formes sanglantes et un état de guerre permanent.
Pour remédier à cela l'église a utilisé le mariage qui distinguait et honorait la mère de l'héritier désigné à partir de la désignation de celui-ci, et lancé le mariage de rite chrétien pour remplacer le mariage de rite danois. En choisissant l'épouse au lieu de choisir l'héritier, celui-ci devenait le fils ainé de l'épouse et la qualité d'héritier étant devenue automatique, une cause des guerre fratricides était écartée. Vers le XIIème siècle cet usage se généralise.
Un épisode connu de cette transformation est l'histoire de Guillaume le batard, le conquérant, voir là.
La rivalité des héritiers n'est pas un mythe et sa présence dan la littérature (Shakespeare etc..) tient tout simplement à ce qu'elle cause la guerre entre les rivaux.

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Mythe des frères ennemis en littérature

Le message de Putakli me fait penser aux enfants d'Aliénor d'Aquitaine et de Henri II Plantagenêt, notamment deux d'entre eux, Richard et Jean (tu sais, ceux qui se disputent le trône dans l'histoire bien connue de Robin des Bois). Mais ce n'est pas une base "littéraire" en soi...
Bon courage! wink