Jacques le fataliste de Denis Diderot - Tandis que Jacques et son maître reposent...

Bonjour.

C'est l'heure des entrainements oraux et notre professeur nous donne une question d'oral nouvelle sur un texte que nous avons déja étudié. Le texte en question est extrait de Jacques le fataliste de Diderot, la partie avec ''l'histoire du patissier et de la patissière'', ici donc :

Tandis que Jacques et son maître reposent, je vais m’acquitter de ma promesse, par le récit de l’homme de la prison, qui raclait de la basse, ou plutôt de son camarade, le sieur Gousse.

"Ce troisième, me dit-il, est un intendant de grande maison. Il était devenu amoureux d’une pâtissière de la rue de l’Université. Le pâtissier était un bon homme qui regardait de plus près à son four qu’à la conduite de sa femme. Si ce n’était pas sa jalousie, c’était son assiduité qui gênait nos deux amants. Que firent-ils pour se délivrer de cette contrainte ? L’intendant présenta à son maître un placet où le pâtissier était traduit comme un homme de mauvaises moeurs, un ivrogne qui ne sortait pas de la taverne, un brutal qui battait sa femme, la plus honnête et la plus malheureuse des femmes. Sur ce placet il obtint une lettre de cachet, et cette lettre de cachet, qui disposait de la liberté du mari, fut mise entre les mains d’un exempt, pour l’exécuter sans délai. Il arriva par hasard que cet exempt était l’ami du pâtissier. Ils allaient de temps en temps chez le marchand de vin ; le pâtissier fournissait les petits pâtés, l’exempt payait la bouteille. Celui-ci, muni de la lettre de cachet, passe devant la porte du pâtissier, et lui fait le signe convenu. Les voilà tous les deux occupés à manger et à arroser les petits pâtés ; et l’exempt demandant à son camarade comment allait son commerce ?

"Fort bien.

— S’il n’avait aucune mauvaise affaire ?

— Aucune.

— S’il n’avait point d’ennemis ?

— Il ne s’en connaissait pas.

— Comment il vivait avec ses parents, ses voisins, sa femme ?

— En amitié et en paix.

— D’où peut donc venir, ajouta l’exempt, l’ordre que j’ai de t’arrêter ? Si je faisais mon devoir, je te mettrais la main au collet, il y aurait là un carrosse tout prêt, et je te conduirais au lieu prescrit par cette lettre de cachet. Tiens, lis..."

Le pâtissier lut et pâlit. L’exempt lui dit: "Rassure-toi, avisons seulement ensemble à ce que nous avons de mieux à faire pour ma sûreté et pour la tienne. Qui est-ce qui fréquente chez toi ?

— Personne. Ta femme est coquette et jolie.

— Je la laisse faire à sa tête.

— Personne ne la couche-t-il en joue ?

— Ma foi, non, si ce n’est un certain intendant qui vient quelquefois lui serrer les mains et lui débiter des sornettes ; mais c’est dans ma boutique, devant moi, en présence de mes garçons, et je crois qu’il ne se passe rien entre eux qui ne soit en tout bien et en tout honneur.

— Tu es un bon homme !

— Cela se peut; mais le mieux de tout point est de croire sa femme honnête, et c’est ce que je fais.

— Et cet intendant, à qui est-il?

— A M. de Saint-Florentin.

— Et de quels bureaux crois-tu que vienne la lettre de cachet ?

— Des bureaux de M. de Saint-Florentin, peut-être.

— Tu l’as dit.

— Oh! manger ma pâtisserie, baiser ma femme et me faire enfermer, cela est trop noir, et je ne saurais le croire !

— Tu es un bon homme! Depuis quelques jours, comment trouves-tu ta femme ?

— Plutôt triste que gaie.

— Et l’intendant, y a-t-il longtemps que tu ne l’as vu ?

— Hier, je crois ; oui, c’était hier.

— N’as-tu rien remarqué ?

— Je suis fort peu remarquant; mais il m’a semblé qu’en se séparant ils se faisaient quelques signes de la tête, comme quand l’un dit oui et que l’autre dit non.

— Quelle était la tête qui disait oui?

— Celle de l’intendant.

— Ils sont innocents ou ils sont complices. Ecoute, mon ami, ne rentre pas chez toi; sauve-toi en quelque lieu de sûreté, au Temple, dans l’Abbaye, où tu voudras, et cependant laisse-moi faire ; surtout souviens-toi bien...

— De ne pas me montrer et de me taire.

— C’est cela."

Au même moment la maison du pâtissier est entourée d’espions. Des mouchards, sous toutes sortes de vêtements, s’adressent à la pâtissière, et lui demandent son mari ; elle répond à l’un qu’il est malade, à un autre qu’il est parti pour une fête, à un troisième pour une noce. Quand il reviendra ? Elle n’en sait rien.

Le troisième jour, sur les deux heures du matin on vient avertir l’exempt qu’on avait vu un homme, le nez enveloppé dans un manteau, ouvrir doucement la porte de la rue et se glisser doucement dans la maison du pâtissier. Aussitôt l’exempt, accompagné d’un commissaire, d’un serrurier, d’un fiacre et de quelques archers, se transporte sur les lieux. La porte est crochetée, l’exempt et le commissaire montent à petit bruit. On frappe à la chambre de la pâtissière : point de réponse; on frappe encore : point de réponse; à la troisième fois on demande du dedans : "Qui est-ce ?

— Ouvrez.

— Qui est-ce?

— Ouvrez, c’est de la part du roi.

— Bon ! disait l’intendant à la pâtissière avec laquelle il était couché ; il n’y a point de danger : c’est l’exempt qui vient pour exécuter son ordre. Ouvrez : je me nommerai; il se retirera, et tout sera fini."

La pâtissière, en chemise, ouvre et se remet dans son lit.

L’EXEMPT: Où est votre mari ?

LA PÂTISSIÈRE: Il n’y est pas.

L’EXEMPT, écartant le rideau : Qui est-ce qui est donc là ?

L’INTENDANT: C’est moi ; je suis l’intendant de M. de Saint-Florentin.

L’EXEMPT: Vous mentez, vous êtes le pâtissier, car le pâtissier est celui qui couche avec la pâtissière. Levez-vous, habillez-vous, et suivez-moi.

Il fallut obéir; on le conduisit ici. Le ministre, instruit de la scélératesse de son intendant, a approuvé la conduite de l’exempt, qui doit venir ce soir à la chute du jour le prendre dans cette prison pour le transférer à Bicêtre, où, grâce à l’économie des administrateurs, il mangera son quarteron de mauvais pain, son once de vache, et raclera de sa basse du matin au soir..." Si j’allais aussi mettre ma tête sur un oreiller, en attendant le réveil de Jacques et de son maître ; qu’en pensez-vous ?

Le lendemain Jacques se leva de grand matin mit la tête à la fenêtre pour voir quel temps il faisait, vit qu’il faisait un temps détestable, se recoucha, et nous laissa dormir, son maître et moi, tant qu’il nous plut.

Voila donc, désolé le texte est assez long, mais je n'ai trouvé la partie en question seule sur aucun site, sinon c'était l'oeuvre intégrale. Donc j'ai collé la partie.

Enfin, la question n'est pas la.
La question d'oral sur ce texte est : comment s'exprime ici la position du philosophe par rapport au pouvoir?
J'ai construit le plan suivant pour y répondre :

I. Un texte distrayant
1. La théatralité
2. La vivacité (conversation > débat d'idées)
3. Fin loufoque

II. Critique du pouvoir
1. Par la raison
2. Arbitraire du pouvoir
3. Lien vérité mensonge

Voila, mais le problème c'est que ce plan rejoint un précédent dont la question était ''quel usage Diderot fait-il du dialogue dans son argumentation?'' donc je ne suis pas totalement sur que le plan corresponde, notamment la première partie. Mais en meme temps, j'ai l'impression que c'est juste vu que la question est ''comment s'exprime ici la position du philosophe par rapport au pouvoir?'', sa position c'est qu'il est contre en résumé, donc on pourrait reformuler la question ''comment s'exprime ici le désaccord du philosophe par rapport au pouvoir?'', et par comment, par l'aspect ludique d'ou mon I.
Pourriez-vous me donner votre avis, des modifications ou des améliorations?
Merci d'avance à tous.

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Jacques le fataliste de Denis Diderot - Tandis que Jacques et son maître reposent...

Bonjour à tous !
Je suis en terminale littéraire et en ce moment, nous sommes sur Jacques le Fataliste de Diderot. J'ai un sujet à traiter, j'ai déjà quelques idées et un plan mais j'aimerais en avoir davantage si cela est possible. J'attends vos réponses avec impatience. Merci d'avance  smile

Voici mon sujet : La relation maître / valet

Rappel : pas de travail personnel = pas d’aide.
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.