Différence entre hypozeuxe et anaphore

Bonjour à tous!
Je fais des études de Littérature française, et je suis en train d'étudier les figures de style. Voilà ma question: quelle est la différence (qui à mon avis doit être très subtile) entre l'anaphore et l'hypozeuxe? Dans un manuel sur les figures de style voici les exemples donnés pour chaque figure:

Hypozeuxe:
Je suis la plaie et le couteau !
Je suis le soufflet et la joue !
Je suis les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau !

Anaphore:
Double vaisseau de charge aux deux rives de Seine,
Vaisseau de pourpre et d’or, de myrrhe et de cinname,
Vaisseau de blé, de seigle, et de justesse d’âme,
D’humilité, d’orgueil, et de simple verveine ;

Merci d'avance de votre aide!

Différence entre hypozeuxe et anaphore

Une anaphore est une répétition d'un terme voire un groupe de termes en début de phrases, tandis qu'un hypozeuxe contient une succession de propositions qui sont construites par parallélisme.
Ton premier exemple contient et une anaphore, et un hypozeuxe.

Je suis la plaie et le couteau !
Je suis le soufflet et la joue !
Je suis les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau

La répétition " Je suis " constitue l'anaphore et les propositions construites en parallélisme
" La plaie et le couteau !
  Le soufflet et la joue !
  Les membres et la roue " constituent l'hypozeuxe.

Pas tant de subtilité que ça, en fait.

Différence entre hypozeuxe et anaphore

Bonjour.

L'anaphore est la répétition du même mot ou groupe de mots en début ou en fin de phrase, de vers, de strophe ou de paragraphe.
En somme, un seul mot répété au début de chaque vers suffit pour qu'il y ait anaphore, même si la construction syntaxique de chaque vers est différente, comme dans cette célèbre anaphore de Corneille :

Rome, l'unique objet de mon ressentiment !
Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant !
Rome qui t'a vu naître, et que ton cœur adore !
Rome enfin que je hais parce qu'elle t'honore !

L'hypozeuxe, elle, désigne le parallélisme de constructions syntaxiques répétées.
Ainsi, il n'y a pas d'hypozeuxe dans l'exemple de Corneille que je viens de citer : chaque vers a une syntaxe différente des autres.
Les deux exemples de ton cours me semblent avoir été mal choisis et peu explicites, puisqu'ils contiennent tous deux à la fois anaphore et hypozeuxe. L'hypozeuxe saute même davantage aux yeux dans le premier exemple  :

Je suis la plaie et le couteau !
Je suis le soufflet et la joue !
Je suis les membres et la roue...

Il y a bien anaphore du fait des "Je suis" répétés au début des vers, mais il y a aussi hypozeuxe du fait de la répétion de la construction syntaxique : dans chaque vers, deux noms attributs coordonnés par "et".

Différence entre hypozeuxe et anaphore

Merci beaucoup!!!!! C'est plus clair maintenant!  smile

Différence entre hypozeuxe et anaphore

Je pense que "Rome..." ou le "Je suis..." comme "Moi, Président de la République, je..." sont des épanaphores plutôt que des anaphores.
Qu'en pensez-vous?

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Différence entre hypozeuxe et anaphore

on parle d'épiphore quand les mots se répètent à la fin d'une suite vers, ou de phrase.

7 (Édité par Le Chevalier au Lion 26/11/2013 à 10:03)

Différence entre hypozeuxe et anaphore

Bonjour à tous,

Je cherche un texte qui me permettrait de travailler l'anaphore grammaticale avec mes élèves. J'ai déjà trouvé ce texte, qui est pas mal pour cela : "Le soir d'un jour de marche", extrait des Misérables, de Victor Hugo


Dans les premiers jours du mois d’octobre 1815, une heure environ avant le coucher du soleil, un homme qui voyageait à pied entrait dans la petite ville de Digne. Les rares habitants qui se trouvaient en ce moment à leurs fenêtres ou sur le seuil de leurs maisons regardaient ce voyageur avec une sorte d’inquiétude. Il était difficile de rencontrer un passant d’un aspect plus misérable. C’était un homme de moyenne taille, trapu et robuste, dans la force de l’âge. Il pouvait avoir quarante-six ou quarante-huit ans. Une casquette à visière de cuir rabattue cachait en partie son visage brûlé par le soleil et le hâle et ruisselant de sueur. Sa chemise de grosse toile jaune, rattachée au col par une petite ancre d’argent, laissait voir sa poitrine velue ; il avait une cravate tordue en corde, un pantalon de coutil bleu usé et râpé, blanc à un genou, troué à l’autre, une vieille blouse grise en haillons, rapiécée à l’un des coudes d’un morceau de drap vert cousu avec de la ficelle, sur le dos un sac de soldat fort plein, bien bouclé et tout neuf, à la main un énorme bâton noueux, les pieds sans bas dans des souliers ferrés, la tête tondue et la barbe longue.
    La sueur, la chaleur, le voyage à pied, la poussière, ajoutaient je ne sais quoi de sordide à cet ensemble délabré.


mais je souhaiterais un texte qui emploie des anaphores plus travaillées, presque sophistiquées, afin de leur montrer jusqu'où on peut aller avec ce procédé syntaxique essentiel. En connaitriez-vous ?