Malraux, La Condition humaine, II - Moins cinq, dit Tchen. Les hommes de son groupe...

Bonjour , j'ai un commentaire a faire sur un extrait situé dans la 2e partie du roman à partir de "Une heure après midi.
"Moins cinq" dit Tchen." jusqu'à "un homme égorgé."

Je n'arrive pas a trouver un plan pour mon commentaire : j'ai trouvé une problématique la voici :
En quoi l'état d'âme reflète-t-il le paysage? Aider moi svp

1 heure après-midi.

— Moins cinq, dit Tchen.
Les hommes de son groupe attendaient. C’étaient tous des ouvriers des filatures, vêtus de toile bleue ; il portait leur costume. Tous rasés, tous maigres, — tous vigoureux : avant Tchen, la mort avait fait sa sélection. Deux tenaient des fusils sous le bras, le canon vers la terre. Sept portaient des revolvers du Shan-Tung ; un, une grenade ; quelques autres en cachaient dans leurs poches. Une trentaine tenaient des couteaux, des casse-tête, des baïonnettes ; huit ou dix, sans aucune arme, restaient accroupis près de tas de chiffons, de touques à pétrole, de rouleaux de fil de fer. Un adolescent examinait comme des graines, de gros clous à tête large qu’il tirait d’un sac :
« Sûrement plus hauts que les fers des chevaux… » La cour des Miracles, mais sous l’uniforme de la haine et de la décision.

Il n’était pas des leurs. Malgré le meurtre, malgré sa présence. S’il mourait aujourd’hui, il mourrait seul. Pour eux, tout était simple : ils allaient à la conquête de leur pain et de leur dignité. Pour lui… sauf de leur douleur et de leur combat commun, il ne savait pas même leur parler. Du moins savait-il que le plus fort des liens est le combat. Et le combat était là.

Ils se levèrent, sacs sur le dos, touques à la main, fil de fer sous le bras. Il ne pleuvait pas encore ; la tristesse de cette rue vide qu’un chien traversa en deux bonds, comme si quelque instinct l’eût prévenu de ce qui se préparait, était aussi profonde que le silence. Cinq coups de fusil partirent, dans une rue proche : trois ensemble, un autre, un autre encore. « Ça commence », dit Tchen. Le silence revint, mais il semblait qu’il ne fût plus le même. Un bruit de sabots de chevaux l’emplit, précipité, de plus en plus proche. Et, comme après un tonnerre prolongé le déchirement vertical de la foudre, toujours sans qu’ils vissent rien, un tumulte emplit d’un coup la rue, fait de cris emmêlés, de coups de fusil, de hennissements furieux, de chutes ; puis, pendant que les clameurs retombées s’étouffaient lourdement sous l’indestructible silence, monta un cri de chien qui hurle à la mort, coupé net : un homme égorgé.Malraux, La Condition humaine, éditions Gallimard, Paris.

Malraux, La Condition humaine, II - Moins cinq, dit Tchen. Les hommes de son groupe...

Il n'y a guère de paysage dans ce texte… Il faudrait plutôt étudier l'atmosphère d'attente —le calme des préparatifs avant la violence—, et la position de Tchen au sein du groupe —l'opposition entre l'action collective et l'individualisme de Tchen.

Malraux, La Condition humaine, II - Moins cinq, dit Tchen. Les hommes de son groupe...

L´opposition du côté solitaire de Tchen, personnage énigmatique et la collectivité des hommes.
Il faudrait que ce point-ci et le point d'attente soient joints en un même axe de réflexion argumentative. Quel peut être le point commun qui peut les rassembler ?