Littérature underground française

Bonjour,

Je lis actuellement (entre autre) quelques auteurs américains d'après guerre qualifiés d'underground ou affiliés, parfois malgré eux, au mouvement beat.
J'ai donc lu quelques Kerouac (que je trouve un peu naïf parfois),  Seward Burroughs, John et Dan Fant et un peu de Miller, mais surtout Bukowski ou Hunter S Thomson dont j'achève actuellement la correspondance.
Je retrouve un peu cet héritage dans moins que zéro de breat easton ellis pour le roman américain mais j'ai du mal à trouver leurs alter égo français, contemporains ou disparus.

Bien que la recherche stylistique ne soit pas toujours au centre des préoccupations de ces auteurs, je préfèrerai lire des auteurs français pour ne pas me sentir « lésé » par la traduction.

En plus de quelques classiques français, j’ai lu Houellebecq, Nab, Céline, Baudelaire, Beigbeder, qui dans une certaine mesure, de par leurs écrits provocants, me semble plus ou moins dans la même cuvée que les auteurs américains que j’ai cité plus haut.

Je fais donc appelle à vous pour me conseiller des lectures de roman français (ou francophone).
J’ai conscience de la difficulté car les auteurs que j’ai cités appartiennent à des époques et des mouvements bien différents ; cependant il me semblait essentiel de cibler mes goûts.

Les qualités que je cherche chez un auteur sont entre autre une écriture réaliste, si possible même autobiographique, un mépris total du politiquement correct, un brin d’excentricité, une recherche de vocabulaire et un bon sens de la formule.

Merci d’avance.

Cordialement

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Genet.

Et Begbeider n'a rien à voir avec Nabe. Nabe est un grand écrivain, l'autre un romantique politiquement correct.

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rien qu'en voyant le titre, j'étais sur qu'on parlerait de Beigbeder. Qu'est-ce que c'est drôle !

Genet en est effectivement un.

Et Begbeider n'a rien à voir avec Nabe. Certes, Beigbeder est un romantique politiquement correct (j'aurais dit pire), mais Nabe n'est pas un écrivain... ce n'est pas parce qu'il se présente comme ça qu'il faut le croire.

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Alors qu'est-il ? big_smile

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Jérémy a écrit :

Alors qu'est-il ? big_smile

un imposteur, un con, un frustré, un hypocrite
je peux argumenter pour chacun
juste sur hypocrite, il fait croire qu'il est censuré, mais combien d'amis très proches dans les médias a-t-il ? le sais-tu ? La liste est longue... (de Philippe Vandel à Frédéric Taddeï dont il est le parrain de la fille, à Begbeider, certes plus maintenant...)

un mec qui a compris ce qu'est la vraie littérature et en veut à ceux qui ne l'ont pas compris. Il s'est situé très jeune dans cette situation (ce qui est très bien, car difficile), sauf qu'il n'a pas évolué. Il aurait évolué, il aurait pu commencer une vraie œuvre. Mais, il est resté un gamin génial (ce qui n'a rien à voir, je te vois venir, avec Rimbaud, qui n'a été un gamin génial que dans ses tous premiers poèmes, avant de devenir un vrai écrivain).

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Je deviens assez sensible à ta remarque.

Toutefois, je ne pense pas qu'on puisse nier la qualité de son style, cela me semble indéniable, qu'en penses-tu ?

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Jérémy a écrit :

Toutefois, je ne pense pas qu'on puisse nier la qualité de son style, cela me semble indéniable, qu'en penses-tu ?

Le problème (et ça m'embête de tenir les mêmes propos que Pivot, mais bon c'est comme ça), c'est que c'est quand Nabe est "amoureux" qu'il écrit le mieux ! Et là, s'il ne faisait que ça, il COMMENCERAIT à élaborer une vraie œuvre, ce ne serait que le début.

Seulement, il est parasité par sa haine. C'est personnel, mais bizarrement je ne crois pas au génie de Céline dans ses textes tardifs et violents. Pour moi, il est haineux, et c'est tout, on n'en sort pas grandi à la lecture. Oui, il y a un travail énorme sur le langage. Mais, moi, ça ne m'a pas bouleversé. Le problème n'est pas l'effort sur le langage, on s'en fout en fait qu'il y ait un effort OU non.

Pour moi, Céline n'est génial que dans le Voyage (et aussi dans l'Agité du bocal, sur Sartre).

Nabe est génial quand il parle de jazzmen, ou de peintres qu'il aime.
Il est un génial critique, qui se prend pour un écrivain. C'est le problème des gens "très intelligents", c'est qu'ils comprennent ce qu'est un bon écrivain, savent les reconnaître (très souvent), mais n'arrivent pas, eux, à en être, ou les imitent pitoyablement (c'est le cas, à mon sens, de Hugo ou Sartre aussi... ceci ne voulant pas dire que veuille mettre Nabe sur leur échelle dans l'histoire littéraire).

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Je te rejoins assez ; tu es en train de me dire qu'il est plus esthète qu'artiste.

Toutefois, cela me fait penser aux parnassiens cette affaire. Voire à du Huysmans. Baudelaire écrivait de sublimes critiques sur d'autres arts.

La critique d'art peut être un art, et je ne vois pas au nom de quoi on le bannirait du champ de la littérature.

De plus, cette "haine" que tu sembles attribuer à Nabe est un peu réductrice. Il a écrit, après "au régal des vermines" : "le bonheur" et il avait l'intention de publier "le bonheur" bien avant.

Plus qu'un critique d'art, un brillant connaisseur, il est aussi écrivain, cela me paraît indéniable.

C'est comme si tu réduisais, toutes proportions gardées, Flaubert à son nihilisme.

Nabe n'est pas simplement cet être emporté qu'il semble mettre en scène. Il y a chez lui, c'est mon impression, une écriture de l'introspection, avec une invitation au panache, son écriture est celle du Jazz où se mêlent la fièvre, la crasse, et le sublime, l'élévation, Apollon.

Et tout écrivain a une influence. Le mythe de la spontanéité est résolument romantique : j'oserais dire "inepte".

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Jérémy a écrit :

Je te rejoins assez ; tu es en train de me dire qu'il est plus esthète qu'artiste.

Oui, en gros c'est ça...

Jérémy a écrit :

Toutefois, cela me fait penser aux parnassiens cette affaire. Voire à du Huysmans. Baudelaire écrivait de sublimes critiques sur d'autres arts.

La critique d'art peut être un art, et je ne vois pas au nom de quoi on le bannirait du champ de la littérature.

Là par contre, je ne sus pas d'accord.
La critique et la création ce n'est pas la même chose. Après, je ne vais pas dire que la critique c'est nul, ça n'a rien à voir. J'adore lire les textes critiques, j'en achète plein, surtout en ce moment, des volumes entiers de critiques d'écrivains. Mais, pour moi il y a leur travail créatif d'un côté et leur travail critique de l'autre. A quelques exceptions près, où leur travail critique peut s'inscrire dans le prolongement de leur travail créatif (Artaud sur Van Gogh, Baudelaire traducteur de Poe mais c'est un autre problème, les essais de Genet).
Apollinaire par exemple, critique des cubistes, n'est plus dans sa posture de créateur prolongeant son art personnel, il redevient un critique... ce n'est pas une ... critique de ma part, car ce sont des textes vraiment intéressants, c'est juste dire qu'il y a deux démarches.

Jérémy a écrit :

De plus, cette "haine" que tu sembles attribuer à Nabe est un peu réductrice. Il a écrit, après "au régal des vermines" : "le bonheur" et il avait l'intention de publier "le bonheur" bien avant.

Mais, c'est ce que je dis, j'aime Nabe quand il est passionné. Et je l'aime bien moins quand il est haineux, pour aller vite.

Jérémy a écrit :

C'est comme si tu réduisais, toutes proportions gardées, Flaubert à son nihilisme.

Oula, faut pas me chercher sur Flaubert smile Justement... Flaubert est un peu comme Nabe. Il croyait que Bouvard et Pécuchet serait son œuvre ultime, or, c'est un roman de la haine universelle, d'un mépris stérile. Quel personne intéressante trouve (à part des ados) que Bouvard et Pécuchet l'a profondément marqué ? Bouvard et Pécuchet est justement le récit d'un intellectuel (Flaubert) qui a compris les travers de la société et veut les expliciter, mais sa démarche est intellectuel et perd tout l'amour : Genet, ou Kafka, ou Céline du Voyage, font la même chose, ils décrivent cette horreur, or, ils le font spontanément et non en l'intellectualisant. Et du coup, en ressort une humanité impressionnante, et une profondeur. Tandis que dans Bouvard et Pécuchet, il n'y a pas de profondeur. On ne peut pas le contredire dans ce qu'il écrit, mais.... il ne marque pas ! n plus, c'est ce bouquin qui l'a fait crever (enfin, ce n'est pas un argument), et c'est l'écriture des Trois contes (cette fois une perle !), entre temps, qui l'a un peu rétabli.

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Passion et haine ne sont pas incompatibles, que je sache ; elles sont même souvent complémentaires.

Genet, ou Kafka, ou Céline du Voyage, font la même chose, ils décrivent cette horreur, or, ils le font spontanément et non en l'intellectualisant.

Ne crois-tu pas qu'il soit un peu naïf de considérer que ces écrivains ont écrit cela spontanément ? Honnêtement ?

Concernant Bouvard, tes remarques me semblent trop personnalisées pour les intégrer dans un champ... disons critique. big_smile