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Mauriac, Thérèse Desqueyroux - L'avocat ouvrit une porte...

J'ai un commentaire à faire sur Thérèse Desqueyroux de François Mauriac. L'extrait que l'on nous propose est l'incipit du roman :

« L'avocat ouvrit une porte. Thérèse Desqueyroux, dans ce couloir dérobé du Palais de Justice, sentit sur sa face la brume et, profondément, l'aspira. Elle avait peur d'être attendue, hésitait à sortir. Un homme, dont le col était relevé, se détacha d'un platane ; elle reconnut son père. L'avocat cria : "Non-Lieu" et, se retournant vers Thérèse :
— Vous pouvez sortir : il n'y a personne.
Elle descendit des marches mouillées. Oui, la petite place semblait déserte. Son père ne l'embrassa pas, ne lui donna pas même un regard ; il interrogeait l'avocat Duros qui répondait à mi-voix, comme s'ils eussent été épiés. Elle entendait confusément leurs propos :
— Je recevrai demain l'avis officiel du non-lieu.
— Il ne peut plus y avoir de surprise ?
— Non : les carottes sont cuites, comme on dit.
— Après la déposition de mon gendre, c'était couru.
— Couru... couru... On ne sait jamais.
— Du moment que de son propre aveu, il ne comptait jamais les gouttes...
— Vous savez, Larroque, dans ces sortes d'affaires, le témoignage de la victime...
La voix de Thérèse s'éleva :
— Il n'y a pas eu de victime.
— J'ai voulu dire : victime de son imprudence, madame. »

La consigne est : Réalisez un commentaire sur ce texte.
J'ai une problématique, je sais déjà de quoi parler un peu... :
"En quoi cet extrait pourra-t-il annoncer le thème du roman ?"
Mais je n'arrive pas à trouver un autre axe...
Pour répondre à ma problématique, je vais parler du champ lexical de... La justice ?, de la relation entre la fille et son père puis entre le père et l'avocat. Je ne sais pas si c'est suffisant pour prouver cela... Faudrait-il que je mentionne les figures de styles ou autres choses comme ça ? (s'il y en a)
Notre professeur dit qu'il y a beaucoup à dire, mais j'avoue qu'à part ça, je bloque... Si vous pouviez m'aider ? Pas forcément me donner les réponses (ce qui m'aiderait pas vraiment faut avouer !) mais certaines pistes...

Merci !

EDIT : J'ai peut être trouvé une autre problématique pour pouvoir compléter mon commentaire : Comment démontrer que cet extrait est l'incipit du roman ?
Merci de vos réponses.

Mauriac, Thérèse Desqueyroux - L'avocat ouvrit une porte...

J'ai fait une explication de texte niveau capes sur cet extrait.

Je n'était pas vraiment partie dans le même sens.

J'avais proposé une pbq autour du parcours herméneutique du lecteur et de l'opacité des personnages.

Vois aussi quel genre ce début de roman peut te rappeler (roman réaliste, policier...?).

Prends en considération les fonctions d'un incipit: pacte de lecture (intéresser le lect et donner envie de lire, projet de lecture), informations, atmosphère de l'oeuvre etc. N'oublies pas non plus le titre. Pourquoi le nom de l'héroïne etc.




Bon courage.

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Mauriac, Thérèse Desqueyroux - L'avocat ouvrit une porte...

Ah oui, je n'avais pas du tout pensé à ça... Je pourrais éventuellement en parler. Je rajoute une petite question...
Auriez vous des conseils pour réussir mes citations ? On me reproche souvent ce problème, j'ai du mal à bien citer dans mon commentaire.
J'ai regardé sur le forum, et je n'ai pas trouvé de sujet là dessus...

Merci de vos réponses.

4 (Édité par Ghost Of Abyss 05/10/2013 à 14:59)

Mauriac, Thérèse Desqueyroux - L'avocat ouvrit une porte...

Bonjour tout le monde !  smile

Je suis en 1ère L et dois faire prochainement un commentaire littéraire sur l'incipit de Thérèse Desqueyroux et je dois avouer que j'ai beaucoup de mal à trouver la problématique et le plan.

Pourriez-vous m'aider ?

Voici le texte à étudier :

L'avocat ouvrit une porte. Thérèse Desqueyroux, dans ce couloir dérobé du palais de
justice, sentit sur sa face la brume et, profondément, l'aspira. Elle avait peur d'être
attendue, hésitait à sortir. Un homme, dont le col était relevé, se détacha d'un platane, elle
reconnut son père. L'avocat cria : « Non-lieu » et, se retournant vers Thérèse :
« Vous pouvez sortir, il n'y a personne. »
Elle descendit des marches mouillées. Oui, la petite place semblait déserte. Son père ne
l'embrassa pas, ne lui donna pas même un regard ; il interrogeait l'avocat Duros qui répondait à
mi-voix, comme s'ils eussent été épiés. Elle entendait confusément leurs propos :
« Je recevrai demain l'avis offciel du non-lieu.
- Il ne peut plus y avoir de surprise ?
- Non : les carottes sont cuites, comme on dit.
- Après la déposition de mon gendre, c'était couru.
- Couru... couru... On ne sait jamais.
- Du moment que, de son propre aveu il ne comptait jamais les gouttes...
- Vous savez, Larroque, dans ces sortes d'affaires, le témoignage de la victime... »
La voix de Thérèse s'éleva :
« Il n'y a pas eu de victime.
- J'ai voulu dire : victime de son imprudence, madame. »
Les deux hommes, un instant, observèrent la jeune femme immobile, serrée dans
son manteau, et ce blême visage, qui n'exprimait rien. Elle demanda où était la voiture ; son
père l'avait fait attendre sur la route de Budos, en dehors de la ville, pour ne pas attirer
l'attention.
Ils traversèrent la place : des feuilles de platane étaient collées aux bancs trempés de pluie.
Heureusement, les jours avaient bien diminué. D'ailleurs, pour rejoindre la route de
Budos, on peut suivre les rues les plus désertes de la sous-préfecture. Thérèse marchait
entre les deux hommes qu'elle dominait du front et qui de nouveau discutaient
comme si elle n'eût pas été présente ; mais, gênés par ce corps de femme qui les séparait, ils le
poussaient du coude. Alors elle demeura un peu en arrière, déganta sa main gauche pour arracher
de la mousse aux vieilles pierres qu'elle longeait. Parfois un ouvrier à bicyclette la dépassait, ou une
carriole ; la boue jaillie l'obligeait à se tapir contre le mur. Mais le crépuscule recouvrait
Thérèse, empêchait que les hommes la reconnussent. L'odeur de fournil et de
brouillard n'était plus seulement pour elle l'odeur du soir dans une petite ville : elle
y retrouvait le parfum de la vie qui lui était rendue enfn ; elle fermait les yeux au souffe
de la terre endormie, herbeuse et mouillée ; s'efforçait de ne pas entendre les propos du
petit homme aux courtes jambes arquées qui, pas une fois, ne se retourna vers sa
flle ; elle aurait pu choir au bord de ce chemin : ni lui, ni Duros ne s'en fussent aperçus.

5 (Édité par Delia 05/10/2013 à 17:04)

Mauriac, Thérèse Desqueyroux - L'avocat ouvrit une porte...

Vous l'avez dit vous même : il s'agit d'un incipit.
Quelle est la fonction d'un incipit ? Celui-ci remplit-il cette fonction ?

Vous trouverez des pistes intéressantes dans le message 2.

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Mauriac, Thérèse Desqueyroux - L'avocat ouvrit une porte...

sweetpeewee a écrit :

Auriez vous des conseils pour réussir mes citations ? On me reproche souvent ce problème, j'ai du mal à bien citer dans mon commentaire.
J'ai regardé sur le forum, et je n'ai pas trouvé de sujet là dessus...

Merci de vos réponses.

On peut:

* intégrer la citation dans la phrase elle-même.
* on peut utiliser un verbe introducteur, style : "X précise (ou tout autre verbe) que...", ou encore : "....", comme le rappelle X (tout dépend du contexte).
* ou aussi : "Avec l'utilisation de cette formule  "....", l'auteur démontre que...
* etc.

Il faut bien sûr éviter l'énoncé  brutal d'un argument suivi de deux points et de la citation.

Je suis très sensible à ce problème d'intégration des citations dans un texte. Ce n'est pas un détail.

Bon courage !