"Cela ne saurait tarder" ou "cela ne serait tarder" ?

Bonjour,

Ma collègue a dit "cela ne serait tarder" et je lui ai dit : non : "cela ne saurait tarder"
Qui de nous deux a raison ?

Merci d'avance.

"Cela ne saurait tarder" ou "cela ne serait tarder" ?

Cela na SAURAIT tarder (dans le sens de "cela ne pourrait tarder") car le moût tarde ahahah 

"Cela ne saurait tarder" ou "cela ne serait tarder" ?

Normalement, c'est POUVOIR qui exprime la possibilité.
* Cela ne peut tarder.

Mais, dans la langue soignée, SAVOIR s'emploie au conditionnel présent avec le sens de pouvoir ; dans des phrases négatives + NE (sans PAS).
* Cela NE saurait tarder.

Grevisse cite une douzaine de références dans ce sens.
* Les problèmes politiques ne sauraient (= peuvent) être exclus des conversations. (Charles de Gaulle)

Dans mon corpus, j'en ai d'autres moins austères :

* On ne saurait médire sans injustice d'un sentiment [l'amour] qui a survécu au romantisme et au bidet. (EMIL CIORAN. SYLLOGISMES DE L’AMERTUME)
* On ne saurait aller chercher trop loin le plaisir de rentrer chez soi. (PAUL MORAND)
* Amour est un mot au sujet duquel on ne saurait être trop prudent : dans certains cas, il a une signification sexuelle. (PIERRE DANINOS. LES CARNETS DU MAJOR THOMPSON)
* Une bouche si belle qu'on ne saurait dire qu'elle a une lèvre inférieure. (JULES RENARD. JOURNAL)
* Un homme qui n'aime ni les chiens ni les enfants ne saurait être foncièrement mauvais. (W.C. FIELDS)
* Qui n'a pas été député ne saurait se faire une idée du vide humain. (LEON DAUDET. MELANCHOLIA)
* La justice est une si belle chose qu'on ne saurait trop cher l'acheter. (ALAIN LESAGE. CRISPIN, RIVAL DE SON MAITRE)
* On ne saurait mieux comparer l'absurdité des demi-mesures qu'à celle des mesures absolues. (GEORGES COURTELINE. LA PHILOSOPHIE DE GEORGES COURTELINE)

Vous remarquerez que, dans cet emploi, le sujet peut être un nom de chose.
* Même le plus bel amour ne saurait résister au mal de mer. (BENOITE GROULT. LA PART DES CHOSES)
* La science ne saurait être rendue responsable de l’illusion des imbéciles qui prétendent qu’elle doit assurer leur bonheur. (GEORGES BERNANOS. FRANÇAIS, SI VOUS SAVIEZ)