Racine, Phèdre, acte IV, scène 6

Bonsoir à tous et à toutes,

je suis en 1ère STI européene génie électrotechnique et comme cette série l'indique le français est loin d'être la matière qui m'intéresse, mais bon bref, je dois faire avec.

j'ai un commentaire de texte à faire sur Phèdre de Racine, acte IV scène 6 du vers 1269 à 1294.
c'est en gros la tirade de Phèdre.

J'en suis à trouver la problématique, et j'essaye d'en trouver une, qui soit assez précise car pour le moment j'ai mis cela : "Quel sera le dénouement de la réflexion de Phèdre ?" , comme vous pouvez le constater, c'est loin d'être "précis".

Si une personne pouvait m'indiquer le chemin pour la trouver ça serait cool...
Mais pour être franc, ça serait vachement mieux si quelqu'un pourrait me faire comprendre le sens de cette tirade qui pour moi est incompréhensible, cela m'aidera à definir mon plan en 2 axes . (à noter que mes 2 axes sont formés pas 2 questions auquel je dois repondre dans ce commentaire :
1. Vous montrerez par quels moyens Racine parvient à evoquer une héroine en proie à la violence de la passion.
2. De quels manière le desir de meurtre, la peur du chatiment, et la tentation de suicide sont evoqués dans le discours de ce personnage au bord de la folie. )

voila merci d'avance de votre aides  wink

Scène 6

Phèdre, Œnone
PHÈDRE
Chère Œnone, sais-tu ce que je viens d’apprendre ?
ŒNONE
Non ; mais je viens tremblante, à ne vous point mentir.
J’ai pâli du dessein qui vous a fait sortir ;
J’ai craint une fureur a vous-même fatale.
PHÈDRE
Œnone, qui l’eût cru ? j’avais une rivale !
ŒNONE
Comment !
PHÈDRE
Hippolyte aime ; et je n’en puis douter.
Ce farouche ennemi qu’on ne pouvait dompter,
Qu’offensait le respect, qu’importunait la plainte,
Ce tigre, que jamais je n’abordai sans crainte,
Soumis, apprivoisé, reconnaît un vainqueur :
Aricie a trouvé le chemin de son cœur.
ŒNONE
Aricie !
PHÈDRE
Ah ! douleur non encore éprouvée !
À quel nouveau tourment je me suis réservée !
Tout ce que j’ai souffert, mes craintes, mes transports,
La fureur de mes feux, l’horreur de mes remords,
Et d’un cruel refus l’insupportable injure,
N’était qu’un faible essai du tourment que j’endure.
Ils s’aiment ! Par quel charme ont-ils trompé mes yeux ?
Comment se sont-ils vus ? depuis quand ? dans quels lieux ?
Tu le savais : pourquoi me laissais-tu séduire ?
De leur furtive ardeur ne pouvais-tu m’instruire ?
Les a-t-on vus souvent se parler, se chercher ?
Dans le fond des forêts allaient-ils se cacher ?
Hélas ! ils se voyaient avec pleine licence :
Le ciel de leurs soupirs approuvait l’innocence ;
Ils suivaient sans remords leur penchant amoureux ;
Tous les jours se levaient clairs et sereins pour eux !
Et moi, triste rebut de la nature entière,
Je me cachais au jour, je fuyais la lumière ;
La mort est le seul dieu que j’osais implorer.
J’attendais le moment où j’allais expirer ;
Me nourrissant de fiel, de larmes abreuvée,
Encor, dans mon malheur de trop près observée,
Je n’osais dans mes pleurs me noyer à loisir.
Je goûtais en tremblant ce funeste plaisir ;
Et sous un front serein déguisant mes alarmes,
Il fallait bien souvent me priver de mes larmes.
ŒNONE
Quel fruit recevront-ils de leurs vaines amours ?
Ils ne se verront plus.
PHÈDRE
Ils s’aimeront toujours !
Au moment que je parle, ah, mortelle pensée !
Ils bravent la fureur d’une amante insensée !
Malgré ce même exil qui va les écarter,
Ils font mille serments de ne se point quitter…
Non, je ne puis souffrir un bonheur qui m’outrage ;
Œnone, prends pitié de ma jalouse rage.
Il faut perdre Aricie ; il faut de mon époux
Contre un sang odieux réveiller le courroux :
Qu’il ne se borne pas à des peines légères !
Le crime de la sœur passe celui des frères.
Dans mes jaloux transports je le veux implorer.
Que fais-je ? où ma raison se va-t-elle égarer ?
Moi jalouse ! et Thésée est celui que j’implore !
Mon époux est vivant, et moi je brûle encore !
Pour qui ? quel est le cœur où prétendent mes vœux ?
Chaque mot sur mon front fait dresser mes cheveux.
Mes crimes désormais ont comblé la mesure :
Je respire à la fois l’inceste et l’imposture ;
Mes homicides mains, promptes à me venger,
Dans le sang innocent brûlent de se plonger.
Misérable ! et je vis ! et je soutiens la vue
De ce sacré Soleil dont je suis descendue !
J’ai pour aïeul le père et le maître des dieux ;
Le ciel, tout l’univers est plein de mes aïeux :
Où me cacher ? Fuyons dans la nuit infernale.
Mais que dis-je ? mon père y tient l’urne fatale ;
Le sort, dit-on, l’a mise en ses sévères mains :
Minos juge aux enfers tous les pâles humains.
Ah ! combien frémira son ombre épouvantée,
Lorsqu’il verra sa fille à ses yeux présentée,
Contrainte d’avouer tant de forfaits divers,
Et des crimes peut-être inconnus aux enfers !
Que diras-tu, mon père, à ce spectacle horrible ?
Je crois voir de ta main tomber l’urne terrible ;
Je crois te voir cherchant un supplice nouveau,
Toi-même de ton sang devenir le bourreau…
Pardonne : un dieu cruel a perdu ta famille ;
Reconnais sa vengeance aux fureurs de ta fille.
Hélas ! du crime affreux dont la honte me suit
Jamais mon triste cœur n’a recueilli le fruit :
Jusqu’au dernier soupir de malheurs poursuivie,
Je rends dans les tourments une pénible vie.
ŒNONE
Eh ! repoussez, madame, une injuste terreur !
Regardez d’un autre œil une excusable erreur.
Vous aimez ; on ne peut vaincre sa destinée :
Par un charme fatal vous fûtes entraînée.
Est-ce donc un prodige inouï parmi nous ?
L’amour n’a-t-il encor triomphé que de vous ?
La faiblesse aux humains n’est que trop naturelle :
Mortelle, subissez le sort d’une mortelle.
Vous vous plaignez d’un joug imposé dès longtemps :
Les dieux mêmes, les dieux de l’Olympe habitants,
Qui d’un bruit si terrible épouvantent les crimes,
Ont brûlé quelquefois de feux illégitimes.
PHÈDRE
Qu’entends-je ! quels conseils ose-t-on me donner ?
Ainsi donc jusqu’au bout tu veux m’empoisonner,
Malheureuse ! voilà comme tu m’as perdue ;
Au jour que je fuyais c’est toi qui m’as rendue.
Tes prières m’ont fait oublier mon devoir ;
J’évitais Hippolyte, et tu me l’as fait voir.
De quoi te chargeais-tu ? pourquoi ta bouche impie
A-t-elle, en l’accusant, osé noircir sa vie ?
Il en mourra peut-être, et d’un père insensé
Le sacrilège vœu peut-être est exaucé.
Je ne t’écoute plus. Va-t’en, monstre exécrable ;
Va, laisse-moi le soin de mon sort déplorable.
Puisse le juste ciel dignement te payer !
Et puisse ton supplice à jamais effrayer
Tous ceux qui, comme toi, par de lâches adresses,
Des princes malheureux nourrissent les faiblesses,
Les poussent au penchant où leur cœur est enclin,
Et leur osent du crime aplanir le chemin !
Détestables flatteurs, présent le plus funeste
Que puisse faire aux rois la colère céleste !
ŒNONE, seule.
Ah dieux ! pour la servir j’ai tout fait, tout quitté ;
Et j’en reçois ce prix ! je l’ai bien mérité.

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Racine, Phèdre, acte IV, scène 6

Bonsoir,

Pour la problématique, tu pourrais envisager comment Racine se sert de la fureur de la jalousie pour faire progresser l'action tragique.

Phèdre est une tragédie de la passion,le personnage éponyme éprouve une passion pour son beau-fils. Sur un plan symbolique, cet amour est incestueux. Ce qui fonde la situation tragique du personnage, c’est qu’elle refuse cet amour sans pouvoir y résister. Phèdre subit deux affronts de la part d'Hippolyte et d'Aricie. Dans cette scène, Phèdre se confie à Oenone et laisse éclater sa fureur. A partir du vers 1668, Phèdre, pendant un moment de lucidité, prend conscience de sa noirceur, elle est envahie par l’effroi du jugement et ploie sous la tension.

Phèdre est mariée à Thésée mais elle aime Hippolyte. On annonce la mort de Thésée au cours d'un voyage. Phèdre avoue son amour à Hippolyte qui la repousse. Retour soudain de Thésée vivant. Phèdre supplie Vénus de rendre Hippolyte sensible. Elle le calomnie auprès de son mari. Thésée maudit Hippolyte. Phèdre veut se repentir, mais elle apprend l'amour entre Hippolyte et Aricie. D'où sa jalousie.
La jalousie de Phèdre n'existe pas chez les Grecs ; inventée par les latins. Racine préfère cette version pour laisser plus de place aux passions humaines et moins au sacré.
Examine le jeu des oppositions :
1. solitude couple.
2. ombre lumière.
3. innocence culpabilité.
Quelques autres pistes pour bâtir ton commentaire :
Prise de conscience d’une nature criminelle
Dédoublement de Phèdre qui fait d’elle la victime du jugement des autres
Prise de conscience par Phèdre de sa nature criminelle qui provoque en elle l’effroi
Intrusion du mythe et du surnaturel dans le discours de Phèdre
Hérédité illustre et mythique de Phèdre
Mise en scène de son jugement face à Minos
Acte d'accusation de Phèdre dans la démesure, l’excès

Cette scène dispose le lecteur à la pitié. Vois l'intention de Racine dans sa préface : "ni tout à fait coupable, ni tout à fait innocente". Phèdre est littéralement "hors d'elle-même". Le tragique de cette scène naît d’une prise de conscience et non pas d’une situation. Phèdre réussit à transformer l’opinion du spectateur : au début, elle provoque une répulsion puis la pitié. Chez Racine, la tragédie est fondée sur la parole et la passion alors que chez Corneille, elle est fondée sur l’action.

Racine, Phèdre, acte IV, scène 6

Merci de on aide, mais je rappel que mon commentaire se limite à la tirade  de phèdre du vers 1269 au vers 1294, pas toutes la scene en entière.

sinon, pour la problematique je dois prendre cela donc : "comment Racine se sert de la fureur de la jalousie pour faire progresser l'action tragique ?"

merci pour tous.

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Racine, Phèdre, acte IV, scène 6

Bonsoir,

Tu adaptes les pistes à l'extrait à étudier.
La version électronique du texte ne comprend pas la numérotation des vers.
Indique les bornes si tu as un doute.

Racine, Phèdre, acte IV, scène 6

Comment appelle-t-on la figure de style pour une personne qui se pose des questions à soi-même et qui y répond tout seul ?

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Racine, Phèdre, acte IV, scène 6

Bonjour,

Il ne s'agit pas d'une figure de style, mais d'une forme particulière du dialogue, ici le monologue délibératif.
Lorsque la question n'appelle pas de réponse et sert uniquement à varier la forme de l'énonciation, c'est une figure de style qu'on appelle interrogation oratoire.
La forte présence d'interrogations et d'exclamations traduit le trouble et l'émergence d'une affectivité ébranlée.

Racine, Phèdre, acte IV, scène 6

merci jean-luc.

Racine, Phèdre, acte IV, scène 6

Bonjour,
je dois faire du monologue de Phèdre, à partir de : "Ah ! douleur encore non éprouvée"
jusqu'à : "Oenone, prend pitié de ma jalouse rage", un commentaire composé.
Je ne viens pas ici pour vous demander de faire mon devoir puisque j'ai déjà mon plan smile :
I) Le personnage de Phèdre
a) Phèdre, une reine éprise de son beau-fils
b) Une gouvernante déchirée
c) Une reine déterminée

II) Le registre tragique
a) Phèdre, un personnage tragique
b) La relation héroïne/confidente
c) Les règles
voilà, je voulais juste vous demander votre avis, ce que vous pensez de mon plan...
merci beaucoup smile

Racine, Phèdre, acte IV, scène 6

Bonjour a tous,
je suis nouveau et je commence les  commentaires composé!
Je dois en faaire un sur la tirade de Phèdre de l'acte 4 scene 6!

Je voudrais que vous me donniez quelques axes , afin de faire mon plan, puis et surtout quelques idées a mettre dans mon intro sur laquelle je bloque totalement!

Merci d'avance...

Rappel : pas de travail personnel = pas d’aide.
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

Où est le texte ?
La version numérique de votre texte est peut-être disponible sur Internet. Avez-vous vérifié ?
Si vous trouvez le texte, recopiez-le dans votre message.

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Racine, Phèdre, acte IV, scène 6

Bonjour a tous,
je suis un americain qui etudie a un lycee francais aux etats unis.
Je suis en 1ereS et ma prof de francais vien de nous donner un commentaire compose a ecrire sur l'acte 4 scene 6 de phedre, plus prceisement de la ligne 1214 a 1250. Le probleme est que je n'arrive pas a degager une problematique. Le passage est celui ou Phedre annonce a Oenone que Hyppolite est amoureuse d'Aricie.  J'avais pense a "En quoi ce texte prvoit t-il la fin tragique de la piece mais je ne suis pas sur que cela marche, de toute facon je n'avais pas vraiment de plan pour cette problematique. Voila ce que j'ai juqu'a maintenant:

Phedre met tout culpabilité sur oenone → oenone se suicide
    Questions rhetoriques montrent delire de Phedre → Perd la raison
    Champ lexicale de la mort funeste, noyer, fatale, mort
    « La mort est le seul dieu que j’osais implorer »
    registre tragique (mort, fatalité)
    registre pathetique (douleur, mort, fatalité, figures de styles)
    genre theatre
    themes : la souffrance, place faute sur oenone, les dieux, opposition obscurite (phedre se cache)/clareté (hypo et aricie ne se cachent pas)


Pouvez cous m'aider a trouver un problematique et un plan?

Merci d'avance.

Rappel : pas de travail personnel = pas d’aide.
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