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Futur ou conditionnel présent ?

Bonjour

Y a-t-il une nuance de sens entre ces deux phrases?

"Je te téléphonerai quand je recevrai ta lettre."
"Je te téléphonerai quand j'aurai reçu ta lettre."

Merci d'avance

Futur ou conditionnel présent ?

corrigezmoitouts a écrit :

Bonjour

Y a-t-il une nuance de sens entre ces deux phrases?

"Je te téléphonerai quand je recevrai ta lettre."
"Je te téléphonerai quand j'aurai reçu ta lettre."

Pour moi ces phrases correspondent respectivement à
  Je te téléphonerai immédiatement à réception de ta lettre.
  Je te tréléphonerai après avoir reçu ta lettre, il pourra y avoir un délai...

Lucretius a écrit :

Il m'a expliqué qu'il me téléphonera...
C'est tout de même assez relâché.

Il suffit en effet d'écouter la radio ou la télé pour se rendre compte de la fréquence d'emploi du futur à la place di conditionnel. Pas plus tard qu'hier, sur France Info :

"Le porte-parole a déclaré que le gouvernement examinera cette proposition dès que possible."

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Futur ou conditionnel présent ?

Curieusement, ça me choque moins avec "déclarer" qu'avec "expliquer", mais je maintiens que c'est relâché.

Futur ou conditionnel présent ?

Eh oui... Seul Lucretius ne fait jamais relâche !  wink

Tiens, un extrait de Riegel, tout de même :

"Ces règles de transposition mécanique peuvent connaître des entorses parfaitement logiques. (...) Un futur peut être conservé s'il marque aussi l'avenir par rapport au moment où le discours est rapporté : J'ai dit que je viendrai demain. L'action de venir est postérieure à la fois au moment où le discours est prononcé et à celui où il est rapporté.

Finalement, hier, j'ai peut-être fait mon mea culpa un peu vite.

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Futur ou conditionnel présent ?

Ça reste une "entorse". Une autre entorse usuelle, est la manière dont les interrogatives indirectes sont sans cesse piétinées. On n'est pas obligé de se conformer aux usages fautifs des autres. Ici je ne ferai pas un mea culpa, mais un istorum culpa.

S'il y a une chose qui me fait douter dans cette histoire, ce n'est certainement pas la postériorité par rapport au temps de l'énonciation première. En effet, imaginons que le verbe principal est à l'imparfait.

Alors qu'ils passaient des vacances chez ma belle mère,  Josiane déclarait tous les jours à son mari qu'il mourrait avant elle. Maintenant, elle semble calmée et se tait, alors même que ce sombre avenir se prépare. Dans deux mois, je sais bien que ma belle mère va l'assassiner.

La nous avons bien un énoncé postérieur au temps de l'énonciation, doublement futur. Mais il est impossible de mettre au futur.

Donc si on n'applique pas la concordance, cela ne peut venir que d'une chose : qu'on ne considère pas tout à fait le passé composé comme un passé, mais comme un genre de présent avec une valeur aspectuelle d'achèvement. L'imparfait n'a pas ce genre d'ambiguïtés.

Futur ou conditionnel présent ?

Bonjour,

Lucretius a écrit :
Donc si on n'applique pas la concordance, cela ne peut venir que d'une chose : qu'on ne considère pas tout à fait le passé composé comme un passé, mais comme un genre de présent avec une valeur aspectuelle d'achèvement. L'imparfait n'a pas ce genre d'ambiguïtés.

Ce matin, j'avais eu envie de dire la même chose. Parce qu'à la réflexion, il me semble (surtout à l'oral) qu'on dira facilement (même si c'est fautif) Il m'a dit qu'il viendra ; alors qu'on dira instinctivement Il m'avait dit qu'il viendrait, ou Il me disait qu'il vendrait ses livres.

Muriel

Futur ou conditionnel présent ?

On n'est pas obligé de se conformer aux usages fautifs des autres.

Mais je n'ai jamais dit qu'on était obligé...  smile
Et puis c'est une simple licence, non un "usage fautif" !
Et qui se limite effectivement, sans doute pour les raisons que tu analyses, au cas d'une principale au passé composé.
La Grammaire pratique Hachette de 1971 précise que dans ce cas l'usage du conditionnel en place du futur...

...n'est obligatoire que si l'action exprimée se situe elle-même au passé, ou au présent, par rapport au narrateur : Il a dit, avant hier, qu'il reviendrait le lendemain. Si en revanche l'action exprimée par la subordonnée se situe dans l'avenir par rapport au narrateur, on peut avoir : "Il a dit qu'il reviendrait demain" ou "Il a dit qu'il reviendra demain."

On a donc le choix.
La phrase n'est pas plus ambiguë dans un cas que dans l'autre.
Le formaliste a tout à fait le droit de s'en tenir au sacro-saint conditionnel.
Et ceux qui utilisent ici le futur auraient grand tort de se sentir coupables de quoi que ce soit.

Futur ou conditionnel présent ?

Bonsoir,

J'ai passé le Bon Usage (13e édition) au peigne fin et je n'ai trouvé que cette remarque (§ 408, ) :

Modifications entraînées par la transformation du discours direct en discours indirect (lié ou libre).

[…]

Remarques. — 1. Lorsque les paroles représentent une chose vraie au moment où le narrateur les rapporte, on garde les temps primitifs :

Nous disions que vous ÊTES l'orateur le plus éminent du diocèse (A. France, Orme du mail, p. 6).
[…]

Les exemples conservant le temps du direct et ne se rapportant pas à cette remarque sont jugés non-conformes. À aucun moment il ne parle de possibilité de conservation du temps quand la principale est au passé composé.

Muriel

Futur ou conditionnel présent ?

Riegel aussi évoque ce cas du présent conservé dans la subordonnée :

Un présent de définition ou de vérité générale peut être maintenu dans le discours indirect: Elle pensait que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire.
Un présent peut être aussi maintenu par le locuteur lorsqu'il prend en charge les paroles rapportées : Il a dit que tu es un imbécile. La transposition à l'imparfait permet au contraire au locuteur de se détacher du discours rapporté, sans l'assumer : Il a dit que tu étais un imbécile. (= "C'est lui qui l'a dit, et pas moi, qui me contente de rapporter ses paroles").

Plus disert que Grevisse, en l'occurrence...
Avec en prime le cas du futur, également traité.

Futur ou conditionnel présent ?

Jehan a écrit :

Eh oui... Seul Lucretius ne fait jamais relâche !  wink

Tiens, un extrait de Riegel, tout de même :

"Ces règles de transposition mécanique peuvent connaître des entorses parfaitement logiques. (...) Un futur peut être conservé s'il marque aussi l'avenir par rapport au moment où le discours est rapporté : J'ai dit que je viendrai demain. L'action de venir est postérieure à la fois au moment où le discours est prononcé et à celui où il est rapporté.

Finalement, hier, j'ai peut-être fait mon mea culpa un peu vite.

Dans l'exemple que vous citez, je ne vois pas de discours rapporté, puisqu'il commence par "je". Pour moi un discours rapporté serait "Il a dit qu'il viendra demain".