* Je ne pense pas que cette taille t'aille.
Pas très euphonique, n'est-ce pas ?
Lorsque la complétive est sous la forme négative (ou interrogative) et est introduite par un verbe d'opnion (penser), son verbe est mis au subjonctif. C'est effectivement ce que l'on constate à l'écrit et même à l'oral, du moins à un niveau soutenu.
* Je ne pense pas qu'il vienne.
Toutefois, l'indicatif est possible si l'on veut marquer la réalité des faits que l'on pense. C'est même souhaitable si l'on veut pallier les nuances temporelles absentes du subjonctif ; vous avez évidemment remarqué qu'il n'y pas de subjonctif futur.
APPLICATION
Je ne récuse pas les fines interprétations déjà énoncées.
Mais je suis assez enclin - d'autant que l'euphonie y trouverait mieux son compte - à reformuler les énoncés comme ceci :
* Je ne pense pas que cela t'ira.
(Tu as déjà acheté. Cela ne t'ira pas.)
* Je ne pense pas que cela t'irait.
(Ne fais pas cet achat ; cela ne t'irait pas, si tu le faisais.)
Je lis en substance ceci dans Denis-Sancier : un verbe d'opinion impose normalement l'indicatif, mais il PEUT se mettre au subjonctif lorsqu'il est soumis à la négation (l'énonciateur ne prend pas en charge le procès).
Les auteurs ne s'expliquent pas davantage.
Personnellement, je suis assez porté à employer l'indicatif lorsqu'il s'agit d'introduire une nuance de futur que le subjonctif ne possède pas explicitement. Mais je sais que cela paraît fautif à certains. Tant pis !
Je signale encore que la perception est un peu subjective ; dans une vision diachronique, on trouve matière à relativiser la question : dans les siècles antérieurs, les verbes d'opinion étaient souvent suivis du subjonctif dans des phrases où la langue moderne emploie normalement l'indicatif :
* Le peuple juge que ce soit tyrannie. (Mopntaigne)
* Tous présument qu'il ait un grand sujet d'enui. (Corneille)
* On croyait que son esprit allât revenir. (Sévigné)
Cet usage se rencontre encore parfois au niveau littéraire :
* Il pensait ce fût un crime. (Hermant)
Grevisse donne d'autres exemples, et fait observer que le subjonctif imparfait utilisé correspond à un conditionnel présent du discours direct. Je n'ai pas dit autre chose dans ma reformulation.
* Il pensait que ce serait un crime.
Qu'en pensez-vous ?