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Prévost, Manon Lescaut, incipit

Bonjour

Je suis plutôt mauvais en français, j'ai essayé de rédiger une introduction, veuillez me dire si c'est correct. Merci d'avance.


        Manon Lescaut, roman de l’Abbé Prévost, dont la première version est publiée en 1731 puis la seconde en 1753, évoque une passion amoureuse, racontée par le chevalier des Grieux, l’amant de Manon Lescaut. Ce roman est le septième et le dernier tome des Mémoires et Aventures d’un homme de qualité. Cependant, celui-ci ayant une certaine autonomie, fut publié par la suite séparément des autres. Dans l’incipit, la narration est menée par l’homme de qualité qui raconte la première rencontre avec le chevalier des Grieux lors d’un voyage. Ainsi, il nous offre une première description des personnages principaux du roman. Comment l’auteur parvient-il à éveiller l’attention du lecteur et à orienter le jugement sur ces personnages ? Pour répondre à cette question, nous nous intéresserons, dans un premier temps, sur le hasard des rencontres, nous étudierons ensuite les caractéristiques du narrateur, et enfin, nous terminerons sur la spécificité de la scène.

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Prévost, Manon Lescaut, incipit

Bonjour Huck,

L'accroche n'est pas assez tournée vers l'extrait à étudier.
Le lecteur n'a que faire de tous ces détails sur l'oeuvre.
En revanche, il aurait mieux valu insister sur l'originalité de l'oeuvre : la vogue du roman sentimental, la passion destructrice, les aventures de deux personnages opposés, le chevalier qui oublie son éducation et la fille légère...

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Prévost, Manon Lescaut, incipit

Paradoxe étonnant, l'Abbé Prévost publie en 1753 dans les Mémoires et Aventures d'un homme de qualité, le récit de l'amour du Chevalier des Grieux pour le personnage éponyme, Manon de Lescaut.
Oups j'ai perdu l'inspiration pour la suite, mais peut être que cette accroche (contenant également la présentation de l'oeuvre c-a-d auteur, publication, & titre) t'aidera..
Je parle de paradoxe parce que l'on ne s'attend pas à trouver dans les mémoires d'un homme de qualité le récit d'une aventure aussi scandaleuse que l'à été celle de Manon & du Chevalier des Grieux.
En tout cas, très beau livre que vous étudiez là..
Bonne chance & si t'a des questions n'hésite pas smile

4 (Édité par 09/01/2012 à 21:55)

Prévost, Manon Lescaut, incipit

Je dois faire un lecture analytique de Manon Lescaut de l'Abbé Prévost.
J'ai une idée de plan et de problématique mais je ne suis pas sure qu'elle soit intéressante. Pouvez-vous me donner votre avis et si possible des pistes de recherches s'il vous plait:
Problématique:En quoi l'incipit de l'Abbé Prévost incite à lire Manon Lescaut?

I Une scène d'ouverture qui maintient le suspend

II et qui suscite la compassion du lecteur.

Je suis obligé de faire remonter mon lecteur au temps de ma vie où je rencontrai pour la première fois le chevalier des Grieux. Ce fut environ six mois avant mon départ pour l’Espagne. Quoique je sortisse rarement de ma solitude, la complaisance que j’avais pour ma fille m’engageait quelquefois à divers petits voyages, que j’abrégeais autant qu’il m’était possible. Je revenais un jour de Rouen, où elle m’avait prié d’aller solliciter une affaire au Parlement de Normandie pour la succession de quelques terres auxquelles je lui avais laissé des prétentions du côté de mon grand-père maternel. Ayant repris mon chemin par Evreux, où je couchai la première nuit, j’arrivai le lendemain pour dîner à Pacy, qui en est éloigné de cinq ou six lieues. Je fus surpris, en entrant dans ce bourg, d’y voir tous les habitants en alarme. Ils se précipitaient de leurs maisons pour courir en foule à la porte d’une mauvaise hôtellerie, devant laquelle étaient deux chariots couverts. Les chevaux, qui étaient encore attelés et qui paraissaient fumants de fatigue et de chaleur marquaient que ces deux voitures ne faisaient qu’arriver. Je m’arrêtai un moment pour m’informer d’où venait le tumulte ; mais je tirai peu d’éclaircissement d’une populace curieuse, qui ne faisait nulle attention à mes demandes, et qui s’avançait toujours vers l’hôtellerie, en se poussant avec beaucoup de confusion. Enfin, un archer revêtu d’une bandoulière, et le mousquet sur l’épaule, ayant paru à la porte, je lui fis signe de la main de venir à moi. Je le priai de m’apprendre le sujet de ce désordre. Ce n’est rien, monsieur me dit-il ; c’est une douzaine de filles de joie que je conduis, avec mes compagnons, jusqu’au Havre-de-Grâce, où nous les ferons embarquer pour l’Amérique. Il y en a quelques-unes de jolies, et c’est, apparemment ce qui excite la curiosité de ces bons paysans. J’aurais passé après cette explication, si je n’eusse été arrêté par les exclamations d’une vieille femme qui sortait de l’hôtellerie en joignant les mains, et criant que c’était une chose barbare, une chose qui faisait horreur et compassion. De quoi s’agit-il donc ? lui dis-je. Ah ! monsieur entrez, répondit-elle, et voyez si ce spectacle n’est pas capable de fendre le cœur ! La curiosité me fit descendre de mon cheval, que je laissai, à mon palefrenier. J’entrai avec peine, en perçant la foule, et je vis, en effet, quelque chose d’assez touchant. Parmi les douze filles qui étaient enchaînées six par six par le milieu du corps, il y en avait une dont l’air et la figure étaient si peu conformes à sa condition, qu’en tout autre état je l’eusse prise pour une personne du premier rang. Sa tristesse et la saleté de son linge et de ses habits l’enlaidissaient si peu que sa vue m’inspira du respect et de la pitié. Elle tâchait néanmoins de se tourner, autant que sa chaîne pouvait le permettre, pour dérober son visage aux yeux des spectateurs.
L’effort qu’elle faisait pour se cacher était si naturel, qu’il paraissait venir d’un sentiment de modestie.