Hugo, Actes et paroles, Pour la Serbie

Bonsoir tout le monde, voilà j'ai un problème en français pour le commentaire composé à chaque fois que je dois en faire un, c'est trouver les axes, je n'arrive pas à faire ressortir trois idées importantes et formuler le titre pour l'axe.
Donc en fait je dois faire un commentaire composé pour mardi sur le discours de V.Hugo "Pour la Serbie", mais je n'arrive toujours pas à trouver les axes, dès que j'ai les axes j'arrive à faire un bon commentaire... Donc si vous pouviez m'aider pour les titres des axes ça serait cool  : voici le texte.

Il devient nécessaire d’appeler l’attention des gouvernements européens sur un fait tellement petit, à ce qu’il paraît, que les gouvernements semblent ne point l’apercevoir. Ce fait, le voici: on assassine un peuple. Où? En Europe. Ce fait a-t-il des témoins? Un témoin, le monde entier. Les gouvernements le voient-ils? Non.

Les nations ont au-dessus d’elles quelque chose qui est au-dessous d’elles les gouvernements. A de certains moments, ce contre-sens éclate: la civilisation est dans les peuples, la barbarie est dans les gouvernants. Cette barbarie est-elle voulue? Non; elle est simplement professionnelle. Ce que le genre humain sait, les gouvernements l’ignorent. Cela tient à ce que les gouvernements ne voient rien qu’à travers cette myopie, la raison d’état; le genre humain regarde avec un autre oeil, la conscience.

Nous allons étonner les gouvernements européens en leur apprenant une chose, c’est que les crimes sont des crimes, c’est qu’il n’est pas plus permis à un gouvernement qu’à un individu d’être un assassin, c’est que l’Europe est solidaire, c’est que tout ce qui se fait en Europe est fait par l’Europe, c’est que, s’il existe un gouvernement bête fauve, il doit être traité en bête fauve; c’est qu’à l’heure qu’il est, tout près de nous, là, sous nos yeux, on massacre, on incendie, on pille, on extermine, on égorge les pères et les mères, on vend les petites filles et les petits garçons; c’est que, les enfants trop petits pour être vendus, on les fend en deux d’un coup de sabre; c’est qu’on brûle les familles dans les maisons; c’est que telle ville, Balak, par exemple, est réduite en quelques heures de neuf mille habitants à treize cents; c’est que les cimetières sont encombrés de plus de cadavres qu’on n’en peut enterrer, de sorte qu’aux vivants qui leur ont envoyé le carnage, les morts renvoient la peste, ce qui est bien fait; nous apprenons aux gouvernements d’Europe ceci, c’est qu’on ouvre les femmes grosses pour leur tuer les enfants dans les entrailles, c’est qu’il y a dans les places publiques des tas de squelettes de femmes ayant la trace de l’éventrement, c’est que les chiens rongent dans les rues le crâne des jeunes filles violées, c’est que tout cela est horrible, c’est qu’il suffirait d’un geste des gouvernements d’Europe pour l’empêcher, et que les sauvages qui commettent ces forfaits sont effrayants, et que les civilisés qui les laissent commettre sont épouvantables.

Le moment est venu d’élever la voix. L’indignation universelle se soulève. Il y a des heures où la conscience humaine prend la parole et donne aux gouvernements l’ordre de l’écouter.

Les gouvernements balbutient une réponse. Ils ont déjà essayé ce bégaiement. Ils disent: on exagère.

Oui, l’on exagère. Ce n’est pas en quelques heures que la ville de Balak a été exterminée, c’est en quelques jours; on dit deux cents villages brûlés, il n’y en a que quatrevingt-dix-neuf; ce que vous appelez la peste n’est que le typhus; toutes les femmes n’ont pas été violées, toutes les filles n’ont pas été vendues, quelques-unes ont échappé. On a châtré des prisonniers, mais on leur a aussi coupé la tête, ce qui amoindrit le fait; l’enfant qu’on dit avoir été jeté d’une pique à l’autre n’a été, en réalité, mis qu’à la pointe d’une bayonnette; où il y a une vous mettez deux, vous grossissez du double; etc., etc., etc.

Et puis, pourquoi ce peuple s’est-il révolté? Pourquoi un troupeau d’hommes ne se laisse-t-il pas posséder comme un troupeau de bêtes? Pourquoi? ... etc.

Cette façon de pallier ajoute à l’horreur. Chicaner l’indignation publique, rien de plus misérable. Les atténuations aggravent. C’est la subtilité plaidant pour la barbarie. C’est Byzance excusant Stamboul.

Nommons les choses par leur nom. Tuer un homme au coin d’un bois qu’on appelle la forêt de Bondy ou la forêt Noire est un crime; tuer un peuple au coin de cet autre bois qu’on appelle la diplomatie est un crime aussi.

Plus grand. Voilà tout.

Merci et bonne soirée tout le monde.

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Hugo, Actes et paroles, Pour la Serbie

Bonsoir Homie-G,

Il te faudrait d'abord définir une problématique.
Par exemple : Pourquoi Hugo s'engage-t-il en faveur de la cause serbe ? Ou en quoi ce texte est-il un réquisitoire ?
Tu devrais alors trouver des axes qui vont répondre à ces questions.

Hugo, Actes et paroles, Pour la Serbie

Un axe de commentaire "se construit en regroupant tous les procédés stylistiques concourant à un même effet" ce qui permet "d'organiser son commentaire en 2 ou 3 centres d'intérêt".
Comme te l'a indiqué Jean-luc, tente de définir une problématique et ensuite procède à une lecture analytique de ton texte: chaque passage a un sens précis qu'il faut trouver et commenter.
Repère et relève les figures de style tout en cherchant pour chaque procédé littéraire l'effet produit (très très important) ce qui débouchera sur plusieurs axes.

Hugo, Actes et paroles, Pour la Serbie

Hé, que voici un beau texte !
Il faut d'abord comprendre que la Serbie est un exemple, qu'il y en a des quantités d'autres.
Un petit référentiel pour montrer qu'on est tout de même au courant de l'histoire, et qu'à cette époque-, ces choses- pouvaient être dénoncées, me parait nécessaire. Mais l'essentiel est de déboucher sur le débat.
Alors, selon son érudition et son courage, on peut, soit, condenser la référence historique dans une introduction, puis débattre du problème posé, soit, dans une attitude plus timorée, faire de la référence historique une première partie, et aller au-delà dans une deuxième.