La Fontaine, Le Héron / La Fille

Bonjour,
Je suis un petit peu en peine sur la fable double de La Fontaine "Le héron / La fille" , en effet j'avais fais ma fiche bac en début d'année et je me rends compte qu'elle ne vaut rien...

voila le plan que j'avais adopté :
I- un fable double
    - Parallèle entre le héron et la fille
    - Pourquoi insister sur la fille
II- La moralité
    - Sa place particulière
    - Le message véhiculé

Pour la première partie je trouve que ça va à quelques modifications près, mais pour la deuxième pas du tout, faut il mélanger les deux moralités : explicite et générale dans le héron / implicite et plus centrée sur les précieuses pour la fille
Ca me parait douteux, mais c'est tout de même une fable double...

Par ailleurs je pense que le passage au discours direct occupe une place importante dans ces fables, il trahit au mieux les propos des personnage (comme souvent) mais je ne sais pas quel place lui réserver dans mon plan ...

Si quelqu'un pouvait donc me venir en aide ce ne serait pas de refus je dois avouer, j'ai 1chance/51 pour tomber dessus mais tout de même, on dit toujours qu'on tombe sur le texte sur lequel on a fait impasse 

Du reste voici le texte :
Merci beaucoup !

LE HÉRON

   Un jour sur ses longs pieds allait je ne sais où
   Le Héron au long bec emmanché d’un long cou.
              Il côtoyait une rivière.
   L’onde était transparente ainsi qu’aux plus beaux jours ;
   Ma commère la Carpe y faisait mille tours
              Avec le Brochet son compère.
   Le Héron en eût fait aisément son profit :
   Tous approchaient du bord, l’Oiseau n’avait qu’à prendre ;
              Mais il crut mieux faire d’attendre
              Qu’il eût un peu plus d’appétit.
   Il vivait de régime, et mangeait à ses heures.
   Après quelques moments l’appétit vint ; l’Oiseau
              S’approchant du bord vit sur l’eau
   Des Tanches qui sortaient du fond de ces demeures.
   Le mets ne lui plut pas ; il s’attendait à mieux,
              Et montrait un goût dédaigneux
              Comme le Rat du bon Horace. (1)
   Moi des Tanches ? dit-il, moi Héron que je fasse
   Une si pauvre chère ? Et pour qui me prend-on ?
   La Tanche rebutée (2), il trouva du Goujon.
   Du Goujon ! c’est bien là le dîné d’un Héron !
   J’ouvrirais pour si peu le bec ! aux Dieux ne plaise !
   Il l’ouvrit pour bien moins : tout alla de façon
              Qu’il ne vit plus aucun Poisson.
   La faim le prit ; il fut tout heureux et tout aise
              De rencontrer un Limaçon.
              Ne soyons pas si difficiles :
   Les plus accommodants, ce sont les plus habiles :
   On hasarde de perdre en voulant trop gagner.
            Gardez-vous de rien dédaigner ;
   Surtout quand vous avez à peu près votre compte.
   Bien des gens y sont pris ; ce n’est pas aux Hérons
   Que je parle ; écoutez, humains, un autre conte ;
   Vous verrez que chez vous j’ai puisé ces leçons.


LA FILLE

            Certaine Fille, un peu trop fière
            Prétendait trouver un mari
   Jeune, bien fait, et beau, d'agréable manière (3),
   Point froid et point jaloux ; notez ces deux points-ci.
            Cette Fille voulait aussi
            Qu'il eût du bien, de la naissance,
   De l'esprit, enfin tout ; mais qui peut tout avoir ?
   Le destin se montra soigneux de la pourvoir (4) :
            Il vint des partis d'importance. 
   La Belle les trouva trop chétifs (5) de moitié :
   Quoi moi ? quoi ces gens-là ? l'on radote, je pense.
   A moi les proposer ! hélas ils font pitié .
            Voyez un peu la belle espèce !
   L'un n'avait en l'esprit nulle délicatesse ;
   L'autre avait le nez fait de cette façon-là ;
            C'était ceci, c'était cela,
            C'était tout ; car les précieuses
            Font dessus tout les dédaigneuses.
   Après les bons partis les médiocres (6) gens
            Vinrent se mettre sur les rangs.
   Elle de se moquer.  Ah vraiment,  je suis bonne
   De leur ouvrir la porte : ils pensent que je suis
            Fort en peine de ma personne.
            Grâce à Dieu je passe les nuits
            Sans chagrin, quoique en solitude.
   La Belle se sut gré de tous ces sentiments.
   L'âge la fit déchoir ; adieu tous les amants (7).
   Un an se passe et deux avec inquiétude.
   Le chagrin (8) vient ensuite : elle sent chaque jour
   Déloger quelques Ris, quelques Jeux, puis l'Amour ;
            Puis ses traits choquer et déplaire ;
   Puis cent sortes de fards. Ses soins ne purent faire
   Qu'elle échappât au Temps, cet insigne larron :
            Les ruines d'une maison
   Se peuvent réparer : que n'est cet avantage
            Pour les ruines du visage !
   Sa préciosité changea lors de langage.
   Son miroir lui disait : Prenez vite un mari.
   Je ne sais quel désir le lui disait aussi ;
   Le désir peut loger chez une précieuse.
   Celle-ci fit un choix qu'on n'aurait jamais cru,
   Se trouvant à la fin tout aise et tout heureuse
           De rencontrer un malotru (9).