Il y a la définition de la litote et la philosophie de la litote, et il ne faut pas confondre les deux.
Je ne parlerai pas de la définition de la litote car il y a sur le site des gens fort compétents pour le faire.
Mais pour ce qui concerne la philosophie de la litote, je crois qu'il faut habiter en France , et surtout le 7ème arrondissement de Paris, pour la comprendre, donc la décoder.
Ce n'est pas la même chose que l'humour anglais, mais c'est assez proche, du moins en ce que c'est un usage national, du moins à la Cour.
Quand Paul Morand, s'approchant d'un autre diplomate, lui disait "Bonjour cher ami" en précisant "c'est-à-dire Monsieur", il dévoilait tout, Dans mon quartier, un professeur de "prépa" est connu sous le surmom de "chéramy", car il case inéluctablement la formule dans la première phrase. Et, dans le même quartier, on allait déjeuner chez "Régalot", car avec le même automatisme, en apportant un plat, il chuchotait à l'oreille du client "C'est un régal".
On passe de la Cour à la courtoisie et à la litote. Un courtisan ou un diplomate sont habités par la litote. C'est leur raison d'être et leur manière de paraitre, ne pas seulement être cravaté, mais aussi litoté. Je crois que les jésuites y sont pour beaucoup.