#11 21/02/2008 21:26

JSC
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Littérature et esthétique générale Musique minimaliste, art primitif : vers une littérature dégradée au XXIe siècle ?

bastie_no a écrit :

1.Tu critiques donc la perte d'autres critères de jugement au profit de la seule facilité d'écoute ?

  2. "Less is more" ... Je suis curieux de voir quel avis tu développerais sur cette phrase, JSC ...

  3. J'adhère en partie à ta critique ...
   Il serait un peu cliché de désigner comme cause la démocratisation de la culture et surtout le consumérisme, mais ...
   D'autre part : Performance de Peter Brötzmann, 2007
4.  Est-ce réellement facile d'écoute ?

1.Oui.
2.Unsinn. Less is more -original
Unsinn
3. Tant mieux.
4. Je ne le dirais pas. de plus, c'est anachronique. J'ai un enregistement de "Chamberpot" de 1969 avec des choses semblables. C'étaient des pôtes. 


La moralité moderne veut que l'on accepte les normes de son époque. Qu'un homme cultivé puisse les accepter me semble le pire des immoralités. (O. Wilde)

#12 21/02/2008 23:04

Léah
9336 message(s)
Littérature et esthétique générale Musique minimaliste, art primitif : vers une littérature dégradée au XXIe siècle ?

On est ici (je crois !) sur un forum littéraire
Il existe d'autres forums où vous pouvez discuter de musique entre passionnés, me semble-t-il
Pour en revenir à la littérature, le style dit “blanc” d'un Houellebecq me paraît aussi digne d'intérêt que les débridements romantiques.


Tenir un seul cheveu dans sa main.
Y parvenir.

#13 21/02/2008 23:27

JSC
4333 message(s)
Littérature et esthétique générale Musique minimaliste, art primitif : vers une littérature dégradée au XXIe siècle ?

Bonsoir, Léah.
On ne pourrait pas être plus d'accord,
L'étendu de cette rubrique est

Littérature et esthétique générale
Définitions de la littérature, relations entre la littérature et les autres arts, philosophie esthétique.

Je crois que mon titre et la dernière phrase de msg#1 sont assez clairs.

Rappel: le premier lien en msg #11 cite un poème de Browning.

Si tu pouvais m'expliquer "style blanc" de Houllebec comme j'avais essayé de faire pour le style d'Arvo Pärt, on verrait peut-être mieux la comparaison.

#14 22/02/2008 00:49

bastie_no
117 message(s)
Littérature et esthétique générale Musique minimaliste, art primitif : vers une littérature dégradée au XXIe siècle ?

Si j'en crois la légende, la performance est de 2007... Pourquoi anachronique? Parce qu'il emploie une forme de l'avant-garde des années 60? (Une performance de Sonny, ténor montant des années 50 face àTrane, une performance de 2007, est-elle anachronique ? ...)

   Bon, pour tes liens, JSC, il est un peu tard pour moi pour les lire (et les comprendre surtout ...), mais j'espérais en fait ton avis personnel, qui bien sûr ne se réduit pas à un j'aime/j'aime pas ...


Und war es endlich dir gelungen \ Und bist du vom Gefühl durchdrungen: \ Was fruchtbar ist, allein ist wahr -                                            Goethe

#15 22/02/2008 09:56

Alph
50 message(s)
Littérature et esthétique générale Musique minimaliste, art primitif : vers une littérature dégradée au XXIe siècle ?

J'ai apprécié les musiques que tu nous as laissées en écoute JSC. Steve Reich, Phillip Glass et Arvo Pärt sont des noms connus des jeunes gens qui s'intéressent à la chose musicale. Ce qui ennuie certains c'est l'austérité, et l'absence de rythme vifs. La posture contemplative n'est pas très prisée chez les jeunes. Je croirais presque ce genre de musique délicieusement anachronique.

Bastie_no, ne te méprends pas. Quand je parlais de démocratisation de la culture, je n'incluais pas dans le phénomène les  compositeurs dont on parle et ceux dont tu nous as soufflé mot, ni même sous aucune de ses formes le minimalisme "savant", qui, comme je le pense, reste assez éloigné des plaisirs populaires. Il se peut éventuellement qu'il dialogue avec ceux-ci, mais il est loin de remporter les suffrages. Et ni Reich ni Pärt ne me feront inférer de la facilité avec laquelle on les écoute un quelconque rapport avec la démocratie.
Je me limitais à la littérature (à laquelle nous étions censés nous acheminer) et je remarquais que la simplicité, le style concis, expéditif, brut de décoffrage, presque primitif, l'avait emporté sur la complexité et le raffinement. En Amérique, où la démocratie s'est ancrée dans les moeurs d'une façon spectaculaire, au point de devenir un esprit, un état d'âme, la chose est encore plus sensible: Miller, Kerouac, Harrison...

#16 22/02/2008 10:09

Léah
9336 message(s)
Littérature et esthétique générale Musique minimaliste, art primitif : vers une littérature dégradée au XXIe siècle ?

Kerouac est un de mes préférés parmi les poètes des States
Qui a lu Big sur en VO ? (le poème, pas le roman)

#17 22/02/2008 10:52

JSC
4333 message(s)
Littérature et esthétique générale Musique minimaliste, art primitif : vers une littérature dégradée au XXIe siècle ?

Alph a écrit :

J'ai apprécié les musiques que tu nous as laissées en écoute JSC. Je croirais presque ce genre de musique délicieusement anachronique.

Il m'est intéressant d'examiner la "contemporanéité" et l' "anachronisme" dans un mouvement artistique moderne.*
Le minimalisme artistique a déjà vécu pendant 40 ans. Établi dans la recherche et au nom d'une contemporanéité, en parant et pelant les éléments inessentiels pour laisser une essence, la démarche me semble valide. Est-ce qu'elle est valable quand on fait les mêmes gestes 40 ans plus tard? Où est passé la contemporanéité?
Pour Balzac->Hugo->Zola, on remarquera (1840-1880 au hasard)une progression stylistique, non seulement un choix différent de couleur ou de situation, ce que je trouve est le cas des trois compositeurs.
D'autres formes d'expression contemporaines** (musique concrète, musique microtonale.....) ne se sont pas pérennisées. Il n'est pas anodin qu'elles ne sont pas faciles d'écoute. La musique sérielle non plus (Boulez en chef de fil). Hautement structurée, le compositeur qui le mieux a mis ces structures au service d'une expression sentimentale est, à mon avis, Berg (Concerto pour Violon). Boulez et ses disciples se jouent dans l'austérité sonore, souvent dans l'acerbe et même la violence. C'est dire que les émotions sont suscitées, mais l'écoute est loin d'être facile. Marteau sans Maître
- À ÉCOUTER sans regarder l'image dans un premier temps pour internaliser vos réactions.
- Dans un deuxième temps CONTEMPLER ces thèmes du texte qui inspiraient l'œuvre et se rendre compte du dernier titre qui s'appliquerait à cet extrait.
(Titre des parties)
Avant L'Artisanat furieux
Commentaire I de Bourreaux de solitude
L'Artisanat furieux (avec voix)
Commentaire II de Bourreaux de solitude
Bel édifice et les pressentiments - version première (avec voix)
Bourreaux de solitude (avec voix)
Après l'Artisanat furieux
Commentaire III de Bourreaux de solitude
Bel édifice et les pressentiments - double (avec voix).
- À REGARDER le clip une deuxième fois pour voir les riches dimensions qu'un chorégraphe peut ajouter aux sons.
La musique, hautement organisée rythmiquement, mélodiquement et dans les timbres utilisés, se joue avec seuls 9 instruments et la voix d'une alto. Cette dernière a tendance à 'humaniser' l'effet un peu métallique. Les corps des danseurs vont encore plus loin dans ce sens. On n'est plus en contact direct avec l'écriture. Mais attention; ils ne sont que des interprètes d'une interprétation musicale! Quand on lit, on est en contact direct avec l'écriture. Le système de Boulez et le style qui en écoule ont une bande de dévoués, mais n'évoquent pas les même passions des Wagnerites du 19e s. Auraient-ils des suites dans la XXIe?

Je me limitais à la littérature (à laquelle nous étions censés nous acheminer) et je remarquais que la simplicité, le style concis, expéditif, brut de décoffrage, presque primitif, l'avait emporté sur la complexité et le raffinement. En Amérique, où la démocratie s'est ancrée dans les moeurs d'une façon spectaculaire, au point de devenir un esprit, un état d'âme, la chose est encore plus sensible: Miller, Kerouac, Harrison...

Je veux bien, mais pour comprendre, il faudrait me citer des passages et me montrer la concision, l'expédition, la simplicité, le bruit.....

* J'ose attendre des réactions des gens qui se connaissent en littérature mieux que moi, pour dire que tout ça pourrait correspondre (ou non) à l'écriture littéraire contemporaine, et en quoi.
** On peut utiliser ce mot pour décrire les 50 dernières années, par exemple.

#18 22/02/2008 10:59

JSC
4333 message(s)
Littérature et esthétique générale Musique minimaliste, art primitif : vers une littérature dégradée au XXIe siècle ?

Léah a écrit :

Kerouac* est un de mes préférés parmi les poètes des States
Qui a lu Big sur en VO ? (le poème, pas le roman)

OUF! Big Sur.
Ceci sera une tâche agréable pour tout le weekend.
À première vue (très rapide) il y a une richesse
- sonore
- de références culturelles
- de contemporanéité (en utilisant des mots comme "mantra"
- de rythlme à tourner la tête;..........

Je commence à douter que ce poème est très minimaliste.....

Édit: peut-être ce n'est pas le bon poème????

*spontaneous writing? Language spinner? Tout comme les troubadours et autres conteurs.

Dernière modification par JSC (22/02/2008 11:18)

#19 22/02/2008 11:47

Léah
9336 message(s)
Littérature et esthétique générale Musique minimaliste, art primitif : vers une littérature dégradée au XXIe siècle ?

Non 
Il me semble que ton lien est un poème de Bob Holman écrit sur le modèle de celui de Jack ?
Faudrait que je retrouve mon bouquin, et là pas trop le temps...

#20 24/02/2008 23:14

Alph
50 message(s)
Littérature et esthétique générale Musique minimaliste, art primitif : vers une littérature dégradée au XXIe siècle ?

JSC a écrit :

Alph a écrit :

En Amérique, où la démocratie s'est ancrée dans les moeurs d'une façon spectaculaire, au point de devenir un esprit, un état d'âme, la chose est encore plus sensible: Miller, Kerouac, Harrison...

Je veux bien, mais pour comprendre, il faudrait me citer des passages et me montrer la concision, l'expédition, la simplicité, le bruit.....

Ce serait peut-être malvenu de citer une traduction, je vois que tu peux lire l'original -l'écart est peut-être immense. Je m'étais renseigné auprès d'un ami qui avait lu "sur la route" dans sa version originale et dans sa version traduite, il m'avait assuré que l'une et l'autre étaient semblables, mais je ne l'ai jamais cru. Pour Miller, je me rends compte, à la relecture, que les phrases sont traduites dans un français plutôt riche, ce qui laisse supposer une langue idoine en anglais. Cette impression de brutalité qui m'avait frappé venait sans doute du contenu, de la révolte qui l'imprègne.