#1 14/09/2006 00:08

webmestre
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Littérature française Pierre de Marbeuf (1596-1645), À Philis

Pierre de Marbeuf est né en 1596 à Sahurs dans l'Eure. Élève du collège de La Flèche où il a été le condisciple de Descartes, le chevalier Pierre de Marbeuf est juriste de formation. Il exercera aussi la fonction de maître des eaux et forêts comme Jean de La Fontaine. Son Recueil des vers est publié à Rouen en 1628. En 1633 paraissent Le Portrait de l'homme d'État et Le Miracle de l'amour. Auteur de sonnets baroques, il met en œuvre les thèmes de la nature, de la fragilité de la vie et de l'amour.
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Dernière modification par publications (14/09/2006 00:08)

#2 14/09/2006 22:14

mozart62000
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Littérature française Pierre de Marbeuf (1596-1645), À Philis

Simple question : pouvons nous parler de "préciosité" pour ce sonnet de Marbeuf ? N'est-ce pas un anachronisme ?...


L'innocence palmaire implorant les noirs cieux

#3 14/09/2006 22:19

mozart62000
425 message(s)
Littérature française Pierre de Marbeuf (1596-1645), À Philis

rectification immédiate : je me suis emporté, je suis désolé, je viens de répondre à ma question. Oui, ce sonnet est de caractère précieux comme l'a si justement montré Jean-Luc dans son évocation des hyperboles et des métaphores amoureuses, ou encore de l'aspect ludique et virtuose de la langue.

#4 14/09/2006 23:25

Jean-Luc
2919 message(s)
Littérature française Pierre de Marbeuf (1596-1645), À Philis

Bonsoir Mozart,

Comme on dit gentiment dans mon pays provençal, tu as "fait le clerc et le capelan", ou "l'enfant de choeur et le chapelain", ou les questions et les réponses.

Mais tu as une immense qualité, tu sais reconnaître tes erreurs et tu sais les corriger.

Bravo donc !

Amicalement   


Jean-Luc    "Il n'y a jamais nulle part où aller qu'en dedans." Doris Lessing :)

#5 15/09/2006 11:53

Léah
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Littérature française Pierre de Marbeuf (1596-1645), À Philis

Rien à redire à ton excellent commentaire Jean-Luc, seule restriction la citation
Il n'y a pas d'amours heureuses
qui est Il n'y a pas d'amour heureux ; poème de Louis Aragon chanté par Brassens. La généralisation au pluriel se conçoit, mais alors il n'aurait pas fallu parler du refrain ;-)


Tenir un seul cheveu dans sa main.
Y parvenir.

#6 15/09/2006 16:36

poilue
281 message(s)
Littérature française Pierre de Marbeuf (1596-1645), À Philis

Excusez-moi, mais un tel titre me rapelle inévitablement les vers "présumés"  de Théophile qui lui couteront tant :

"Philis tout est ...tu [...]"


Je n'en citerai pas plus pour ne pas décontenancer nos plus jeunes lecteurs...

Sinon, admirable commentaire...

#7 16/09/2006 20:23

Jean-Luc
2919 message(s)
Littérature française Pierre de Marbeuf (1596-1645), À Philis

Bonsoir Léah,

J'ai été repéré par la patrouille.
Il est vrai que Brassens le sétois n'a jamais chanté "il n'y a pas d'amours heureuses".
Ton objection est donc recevable.
Mais…
Dans mon esprit, je n'ai jamais pensé au poème d'Aragon.
J'ai plutôt cherché à évoquer Pauvre Rutebeuf ou cette curiosité grammaticale du mot amour (masculin au singulier et féminin au pluriel, comme délice et orgue).
De là à me reprocher que je fais mes nourrissantes délices de l'amour heureux… !
Il faut que je réfrène mes ardeurs d'en découdre sur le refrain et que je lui préfère rengaine en rengainant mes justifications.

Amicalement.

#8 16/09/2006 22:11

Jean-Luc
2919 message(s)
Littérature française Pierre de Marbeuf (1596-1645), À Philis

Bonsoir Poilue,

Merci de nous faire partager ce lien vers l'enfer de nos bibliothèques.
Mais ces vers sont-ils de ce cher Théophile ? Il semble qu'ils lui ont été attribués par quelques ennemis désireux de nuire à sa réputation. Mais il pourrait en être l'auteur si on considère un autre poème lui aussi à Philis et clairement signé :
ici.
Viau a donc écrit des poèmes licencieux comme Mainard, Malherbe, Racan ou Saint-Amant.
Nous sommes à l'opposé de la brûlante préciosité de Marbeuf qui a, lui aussi, fait preuve d'esprit libre et satirique dans d'autres œuvres. Regardez ce poème ici ou celui-là à double entente :
là.
Quant à Philis, c'est le prénom commun d'une maîtresse inconnue comme Isis, Cloris, Caliste et Marie pour Théophile. Le sens étymologique du mot est évident pour désigner une maîtresse, et peut même être un jeu de mots si l'on ne s'arrête pas à cinq.

#9 13/01/2007 15:51

Claire12
Littérature française Pierre de Marbeuf (1596-1645), À Philis

Bonjour,
J'aimerais ajouter quelque chose a ce commentaire. En effet, il me semble qu'il manque quelque chose de capital, l'analyse de ce que je crois qu'on appelle la volta, le retournement de situation au dernier tercet d'un sonnet.
Ici, si les deux quatrains et le premier tercet servent à décrire et comparer l'amour et la mer, le dernier tercet contient une apostrophe, et plus exactement une déclaration d'amour, que tout le début du poème sert à introduire, en quelque sorte.
Vous faites très bien de dire que ce poème s'adresse à l'intellect plutôt qu'à l'affectivité, puisque dans ce tercet, le poète se prète à un exercice se style qui ressemble un peu à la pirouette d'un nageur lorsqu'il fait demi-tour au bout de la piscine (ne me demandez pas pourquoi c'est l'image que ça m'inspire).
Il se sert de sa métaphore de l'amour et du feu (très cliché, tout de même) pour ensuite démontrer la force de son amour. Mais il démontre la force de son amour en parlant de l'éteindre. C'est en disant comment il pourrait l'éteindre (hypothèse introduite par le "Si" à l'entrée du tercet, et réfutée d'avance à la fin du premier tercet: "Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes") qu'il compte prouver à quel point son amour est douloureux.
Je ne sais pas si mon explication est très claire, c'est un exercice de style assez complexe qu'il est difficile de décrire.
Ce poème me semble assez "lourd", ces répétitions et ces paronomases qui semblent bien venues à la première lecture donnent finalement au poème un rythme assez lourd, avec beaucoup d'assonnances et d'allitérations qui sont les mêmes presque tout le long du poème. Il ressemble effectivement plus à un exercice de style qu'à une déclaration d'amour, la déclaration d'amour s'adressant généralement au coeur et pas à l'esprit.
Qu'en pensez-vous? Moi je n'aimerai pas être celle à qui il a été adressé.

#10 13/04/2007 16:21

Colyne1505
Littérature française Pierre de Marbeuf (1596-1645), À Philis

Salut Claire12,

Tu dis que ce poème est lourd, trop plein d'assonances, de paronomase, d'homophones,... et tu n'aimerais pas être le destinataire de ce poème, mais c'est une oeuvre baroque. Et qui dit oeuvre baroque dit oeuvre riche et complète. C'est le principal caractéristique du mouvement, ce poème ne fait donc pas exeption et est même un repère du baroque.
Quant au destinataire, à part le dernier tercet qui concerne une personne en particulier, de Marbeuf s'adresse à tous les prétendants de l'amour quels qu'ils soient. Surtout dans le deuxième quatrain où il utilise un présent de vérité générale et où il désigne "celui qui craint les eaux/les maux".
Chaque lecteur de ce poème peut se sentir destinataire.