Bonsoir !
On peut s'étonner en effet des étrangetés auxquelles aboutit l’application de la règle.
C’est le sort des noms qui possèdent un genre étymologique et un genre naturel. Étymologiquement, « gens » est en effet un pluriel venu du latin « gentes » : un FÉMININ signifiant « les barbares », à savoir « les peuples non romains ». A l’inverse, ce féminin a été combattu par le MASCULIN, plus proche de la nature des choses : « les êtres humains ». C’est ce double statut qui a amené les grammairiens du XVIe siècle à essayer de mettre de l’ordre.
Toutefois, il en va des règles de grammaire comme des règles de droit : même en présence d’une formulation précise, il se trouve toujours quelques malins ou quelques mauvais esprits pour les contourner, pour en utiliser les failles ou pour mettre en évidence leur étrangeté.
Souvenez-vous :
* Cet amour est le plus BEAU des plus BELLES amours. (Georges Courteline)
* Cinquante grosses dames et un petit garçon sont VENUS me voir. (Tristan Bernard)
C’est ce que font aussi certains écrivains, peut-être avec malice :
* J’écris pour ces PETITES gens d’entre LESQUELS je suis sorti. (Duhamel)
* Qu’est-ce qu’ILS diraient TOUTES ces BONNES gens de ne pas me voir revenir ? (Proust)
Même de part et d’autre du nom :
* C’étaient deux VIEILLES gens très FINS. (Tharaud)
* Mes amis étaient de VIEILLES BONNES gens PLEINS de saveur antique et fruste. (Henriot)
J’admets que c’est assez ridicule, surtout aux yeux de non francophones.
Faites comme moi : dans le doute, j’utilise « personnes », qui, à coup sûr, est féminin dans toutes les directions.