C'est le problème dont auquel je vous cause ;-)
"au moment dont je vous parle" ce n'est pas le moment pendant lequel tu es actuellement en conversation ; mais c'est un moment (d'une histoire, de ta journée...) que tu relates à quelqu'un "au moment dont je vous parle c'était ce matin, mon réveil a sonné, j'étais de méchante humeur..."
Au moment où je vous parle, c'est ici et maintenant "au moment où je vous parle j'attends un appel d'une importance capitale" (On pourrait emphaser "au moment même où je vous parle")
Bonsoir, Jérémy !
* Au moment où je vous parle.
1 C'est la forme normale : pronom relatif exprimant une circonstance de temps (ou de lieu).
Trop lourd : Au moment auquel je vous parle.
Littéraire : Au moment que je vous parle. (Que est ici un pronom relatif complément adverbial de temps.)
* Il y a des années où (= pendant lesquelles) l'on n'est pas en train. (Alphonse Allais)
* La première fois où / que j'ai vu une femme nue, j'ai cru que c'était une erreur. (Woody Allen)
* La Tour de Pise penche du côté où elle doit tomber. (Raymond Devos)
* Les baisers sont bons partout où on les trouve. (Henri Jeanson)
2 L'autre, avec DONT, ne serait correcte que dans un énoncé tel que celui-ci :
* Au moment DONT je vous parle, je préfère celui DONT je vous ai parlé hier.
-> Je vous parle d'un moment auquel je préfère...
Cordialement,
Edy
Bonjour, j'aimerais attirer cette fois l'attention sur cette phrase : "je ne me suis pas contenté de capricieuses allégories auxquelles je vous laisse le soin de découvrir"
Le pronom relatif est-il bon dans cette phrase ?
Merci d'avance, cette question m'embarrasse.
Dernière modification par Jérémy (13/11/2006 18:15)
Bonsoir, Jérémy !
* Je ne me suis pas contenté de capricieuses allégories auxquelles je vous laisse le soin de découvrir.
Le pronom relatif "auxquelles" n'est pas grammatical : la préposition A qu'il contient ne peut être rattachée à rien.
-> QUE je vous laisse le soin de découvrir.
= Je vous laisse le soin de LES découvrir.
-> auxquelles je vous laisse le soin de faire confiance.
= Je vous laisse le soin d'y (à elles) faire confiance.
Bonjour,
Je viens de tomber sur votre discussion, et après avoir lu tout votre bon savoir, je reste encore pleine de doutes quant à certaines utilisations de "dont", "duquel/de laquelle".
Peut-on dire;
Je parlais hier avec ma maman et lui disais;
"C'est le seul dont je mange"/"C'est le seul duquel je mange".
Les deux propositions sont-elles également correctes/incorrectes ?
Merci !
Bonsoir, Lili !
"C'est le seul dont je mange."/"C'est le seul duquel je mange."
Aucune des deux tournures n’est grammaticale : manger est un verbe transitif direct ; son COD se construit donc sans préposition. Or le pronom relatif DONT sous-entend la préposition DE.
-> C’est le seul QUE je mange.
Votre erreur vient peut-être d’une confusion avec l’article partitif :
* Je mange DE la viande / DU (= de le) poulet / DES (=de les pâtes).
Le DE n’est pas une préposition.
En revanche, vous auriez une véritable préposition dans :
* Je parle DE la pluie et DU (= de le) beau temps.
Vous pourriez employer DONT :
-> La pluie et le beau temps DONT je parle.
Revenant à vos tournures, je précise que vous pourriez écrire :
* C’est le seul fruit DONT je mange la peau.
= Je mange la peau du (= DE le) fruit.
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Je reste quand même sur ma faim, si j’ose dire.
* Je mange DE tout.
Je ne mange pas tout, seulement de tout. S’agit-il d’une extension de la notion de « partition » ? S’agit-il de la préposition DE, qui marque l’extraction : une partie tirée du tout ?
* Je vous donne DE mon vin.
Ceci aussi me laisse perplexe.
Il ne me semble pas possible de faire une transformation en DONT, même si, avec certains linguistes, nous considérons qu’il y a là une préposition :
* ° Tout DONT je mange.
* ° Mon vin DONT je vous donne.
Je fais appel à mes collègues. Merci !
Bien bien bien.
La forme grammaticale n'est aucunement contestable et votre démonstration me satisfait tout à fait.
Cependant, mon oreille ne sonne pas si faux avec un "C'est le seul dont/duquel je mange". Mon oreille serait donc défaillante ?
D'éventuelles contre-expertises ?
Merci Edy !
Bonsoir,
Je sais qu'on en avait déjà parlé antérieurement sur ce forum, c'est pourquoi je me permets de revenir brièvement dessus. En effet, je viens de terminer la lecture de "A Rebours" de J.K. Huysmans - assez déroutante par ailleurs - et j'ai rencontré cette expression : "je me rappelle des souvenirs". Je me rappelle justement qu'on avait traité le problème en soulignant qu'on "se souvenait de quelque chose" et que l'on se rappelait quelque chose. Mais peut-on se rappeler des souvenirs ?
Bonjour Jeremy,
Il faudrait le contexte.
En effet des souvenirs pourrait être une expression partitive : quelques-uns des souvenirs.
Si, au contraire, elle est égale à de les, elle serait fautive. Mais je serais étonné que Huysmans se soit livré à une faute aussi grossière.
Pour en revenir au roman, tu as découvert les vertiges de la décadence et la confusion entre artificieux et artificiel. D'ailleurs l'enfermement de des Esseintes est au propre et au figuré étouffant. Mais quel style ! quel sens de la nuance en particulier dans les sensations !