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Bonjour. Je dois effectuer un commentaire composé sur un extrait du chapitre de l'amitié ( de "Au demeurant" jusqu'à "ni qui fut ou sien, ou mien")
J'avais pensé a trois axe de lecture mais je ne suis pas très sûre de partir sur la bonne voie:
En première partie je pensais parler de la présence du destin dans leur amitié.
En deuxième partie, du fait que cette amitié était différente des autres.
Et en dernière partie, de fait que cette amitié était indicible.
Qu'en pensez-vous? Merci d'avance.
Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés, ce ne sont qu'accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodité, par le moyen de laquelle nos âmes s'entretiennent. En l'amitié de quoi je parle elles se mêlent et confondent l'une en l'autre, d'un mélange si universel, qu'elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer, qu'en répondant : « Parce que c'était lui ; parce que c'était moi. »
Il y a au delà de tout mon discours, et de ce que j'en puis dire particulièrement, ne sais quelle force inexplicable et fatale, médiatrice de cette union. Nous nous cherchions avant que de nous être vus, et par des rapports que nous oyions l'un de l'autre, qui faisaient en notre affection plus d'effort que ne porte la raison des rapports, je crois par quelque ordonnance du ciel ; nous nous embrassions par nos noms. Et à notre première rencontre, qui fut par hasard en une grande fête et compagnie de ville, nous nous trouvâmes si pris, si connus, si obligés entre nous, que rien dès lors ne nous fut si proche que l'un à l'autre. Il écrivit une satire latine excellente, qui est publiée, par laquelle il excuse et explique la précipitation de notre intelligence, si promptement parvenue à sa perfection. Ayant si peu à durer, et ayant si tard commencé, car nous étions tous deux hommes faits, et lui plus de quelques années, elle n'avait point à perdre temps et à se régler au patronelles amitiés molles et régulières, auxquelles il faut tant de précautions de longue et préalable conversation. Celle-ci n'a point d'autre idée que d'elle-même, et ne se peut rapporter qu'à soi. Ce n'est pas une spéciale considération, ni deux, ni trois, ni quatre, ni mille : c'est je ne sais quelle quintessence de tout ce mélange, qui ayant saisi toute ma volonté, l'amena se plonger et se perdre dans la sienne ; qui, ayant saisi toute sa volonté, l'amena se plonger et se perdre en la mienne, d'une faim, d'une concurrence pareille. Je dis perdre, à la vérité, ne nous réservant rien qui nous fût propre, ni qui fût ou sien, ou mien.
Michel de Montaigne, Essais, « De l'Amitié »
http://michel.balmont.free.fr/pedago/ar … aigne.html
Dernière modification par webmestre (13/02/2008 16:56)
Bonjour Marmaille,
Tes axes pourraient convenir.
Mais as-tu remarqué que cette amitié de Montaigne pour La Boétie dépasse de beaucoup une amitié et ressemble fort à une passion ?
Certains ont franchi le pas et ont considéré que Montaigne et La Boétie avaient entretenu une inclination homosexuelle.
Ces considérations pourraient t'amener à reconsidérer l'ordre des parties pour défendre au moins l'idée d'une amitié passionnée.
J'ai de nouveau réfléchit à mon plan que j'aimerais améliorer.
J'avais songer à développer également un axe sur la symétrie de leur amitié (symétrie brisée par la mort de La Boétie).
Cela pourrait donner quelque chose comme:
I. Présence du destin dans leur amitié.
II. Une amitiée passionnée : différente des autres et indicible.
III. Une amitié symétrique et obligation pour Montaigne de trouver un nouvel équilibre.
Qu'en pensez-vous. Ce plan est-il plus judicieux que le précédent?
Bonjour Marmaille,
Il faudrait reprendre ce plan :
1 la force contraignante
2 des perceptions communes
3 une relation fusionnelle
Nous avons là toutes les caractéristiques de la passion.
Regarde le plan qui a déjà été donné, ça peut t'éclairer.
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