n° 1samedi 26 janvier 2008 à 17 h 28

minox
1 message(s)
Alfred de Musset, Poésies nouvelles, La Nuit de mai

bonjour je suis embête je n'arrive pas a répondre aux deux questions que voici :
En quoi se poème est-il allégorique ? et
En quoi se poème est-il un apologue

Quel que soit le souci que ta jeunesse endure,
Laisse-la s'élargir, cette sainte blessure
Que les séraphins noirs t'ont faite au fond du cœur;
Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur.
Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète,
Que ta voix ici-bas doive rester muette.

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.
Lui, gagnant à pas lent une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte;
En vain il a des mers fouillé la profondeur;
L'océan était vide et la plage déserte;
Pour toute nourriture il apporte son cœur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur;
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant;
Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort se recommande à Dieu.

Poète, c'est ainsi que font les grands poètes.
Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps;
Mais les festins humains qu'ils servent à leurs fêtes
Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.
Quand ils parlent ainsi d'espérances trompées,
De tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur,
Ce n'est pas un concert à dilater le cœur ;
Leurs déclamations sont comme des épées :
Elles tracent dans l'air un cercle éblouissant;
Mais il y pend toujours quelques gouttes de sang.

Alfred de Musset, Poésies nouvelles, La Nuit de mai

je vous remercie si vous pouvez m'aider
au revoir


Édité par Muriel H. (samedi 26 janvier 2008 à 18 h 19)

 

n° 2samedi 26 janvier 2008 à 17 h 30

Oregann
1733 message(s)
Alfred de Musset, Poésies nouvelles, La Nuit de mai

Bonjour.
Déjà c'est ce poème.
Tu peux rechercher les caractéristiques de l'apologue et de l'allégorie pour commencer.


Baccalauréat littéraire (2008). Hypokhâgne A/L spécialité Histoire de l'art (2008/2009). Khâgne A/L LSH spécialité Histoire de l'art (2009/2010).
 

n° 3samedi 26 janvier 2008 à 18 h 15

JSC
6331 message(s)
Alfred de Musset, Poésies nouvelles, La Nuit de mai

Bonjour, minox.
Jean-Luc a défini l'allégorie dans un autre fil Allégorie
comme

métaphore ou comparaison très développée qui transcrit une entité, une abstraction [sentiment, idée] en termes concrets et convergents

Le terme me semble plus approprié par la peinture que par la littérature, mais bon, on fait avec.
Une comparaison je trouve ici (avec beaucoup de difficulté, car il n'y a pas personnification per se)

c'est ainsi que font les grands poètes

Alors quelle entité a été acteur dans la deuxième partie de ce poème pour que l'on dise par la suite "ainsi"?
L'apologue est définie par La Fontaine comme tombant en deux parties: un corps et la moralité.APOLOGUE
Trouves-tu une moralité dans ce poème structuré en trois parties?

Édité par JSC (samedi 26 janvier 2008 à 18 h 17)


La moralité moderne veut que l'on accepte les normes de son époque. Qu'un homme cultivé puisse les accepter me semble la pire des immoralités. (O. Wilde)
 

n° 4mardi 07 avril 2009 à 16 h 36

lilizou
2 message(s)
Alfred de Musset, Poésies nouvelles, La Nuit de mai

est ce que quelqu 'un a déjà fait le commentaire de Nuit de Mai de Musset?
merci
:-)



Édité par Muriel (mardi 07 avril 2009 à 17 h 10)

 

n° 5jeudi 02 juillet 2009 à 17 h 56

limona
4 message(s)
Alfred de Musset, Poésies nouvelles, La Nuit de mai

Bonjour,
je passe très bientôt mon oral et je m'entraîne à répondre à des questions mais je ne sais pas encore très bien comment réorganiser mes plans...

Nous avons étudié "Le pélican" dans La nuit de Mai de Musset
question : comment ce texte définit-il le poète"

Puis-je répondre comme ceci à l'oral :
I. Le poète est définit à travers le pélican
II. Le poète est un être destiné à souffrir

Merci !

Le plan fait en classe était le suivant :
I. La parabole du pélican
a) symbole du pélican
b) structure-les actes du drame
    -texte narratif encadré par texte argumentatif
    -schéma narratif complet (3 parties)
c)La tension dramatique-le suspense
   -effets d'annonce
  -ce qui est décrit va en s'aggravant
d)les personnages
-personnages secondaires
- le pélican

II. La souffrance et la poésie

a) les rapports entre souffrance et poésie
-la souffrance
-"Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots."
-comparaison poète/pélican
b) Le sens de la parabole
-l'apostrophe au poète

Le texte :

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.
Lui, gagnant à pas lent une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte;
En vain il a des mers fouillé la profondeur;
L'océan était vide et la plage déserte;
Pour toute nourriture il apporte son cœur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur;
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant;
Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort se recommande à Dieu.

Poète, c'est ainsi que font les grands poètes.
Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps;
Mais les festins humains qu'ils servent à leurs fêtes
Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.
Quand ils parlent ainsi d'espérances trompées,
De tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur,
Ce n'est pas un concert à dilater le cœur ;
Leurs déclamations sont comme des épées :
Elles tracent dans l'air un cercle éblouissant;
Mais il y pend toujours quelques gouttes de sang.


Édité par webmestre (jeudi 02 juillet 2009 à 18 h 07)

 

n° 6vendredi 03 juillet 2009 à 18 h 50

limona
4 message(s)
Alfred de Musset, Poésies nouvelles, La Nuit de mai

Qu'en pensez-vous alors ?
merci !

 

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