#1 20/01/2008 19:02

elnico86
7 message(s)
Autres littératures William Faulkner, Sanctuaire

Votre avis sur ce bouquin .. je l'ai trouvé superbe ... vraiment balèze le père Faulkner ... mais on sent l'ivrogne ... c'est ça qui est bon ...

#2 21/02/2008 09:11

Rodolphe
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Autres littératures William Faulkner, Sanctuaire

Après le désastre...

Elle était là, comme une chiffe, rencoignée sur la banquette, regardant l’incessante et vertigineuse dérobade de la campagne : de larges allées de pins que rompaient la tache flétrie des cornouillers, des roseaux, des champs de coton immobiles et vides sous leur jeune verdure, paisibles comme si c’eût été aussi dimanche dans l’air, dans la lumière, dans les teintes ; assise, les jambes serrées, elle suivait le tiède et insensible écoulement de son sang, et répétait en elle-même avec hébétude : « Je saigne toujours. Je saigne toujours. »
    C’était une tendre et lumineuse journée, une exubérante marée toute baignée de la douce et miraculeuse clarté de mai, une surabondante promesse de chaud midi. Tout là-haut, de gros nuages semblables à des flocons de crème fouettée planaient légèrement, comme des reflets dans un miroir, et leurs ombres traversaient la route avec une hâtive lenteur. Le printemps avait été précoce. Les arbres fruitiers, ceux dont les fleurs sont blanches, avaient poussé dans leurs premières feuilles au moment de la floraison et n’avaient pas revêtu l’éclatante blancheur du printemps précédent. Les cornouillers, eux-mêmes étaient entrés en pleine floraison alors que les feuilles étaient déjà poussées et flétries avant d’avoir atteint leur développement. Mais les lilas, les glycines, les arbres de Judée, même les arbres de paradis au feuillage misérable, n’avaient jamais été plus beaux, plus resplendissants, le souffle de leur ardente senteur épandu à plus de cent mètres à la ronde dans l’air léger d’avril et de mai. Les bougainvilliées le long de la véranda allaient être aussi gros que des balles de basket, suspendues avec une légèreté de ballons en baudruche. Et, tout en suivant d’un regard vague et stupide la fuite éperdue des accotements, Temple se mit à crier.

Trad. R.N. Raimbault et Henri Delgove, Ed. Folio Gallimard pp.172-173


RODOLPHE du Dissidrome
http://dissidrome.over-blog.com

#3 21/02/2008 10:00

Léah
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Merci de nous rappeler ce superbe roman  (que j'ai lu voilà bien des années !)


Tenir un seul cheveu dans sa main.
Y parvenir.

#4 07/03/2008 07:31

sigismond
98 message(s)
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Il y a aussi Tandis que j'agonise, qui m'a laissé une impression encore plus forte.