#61 07/09/2006 17:21

Edy
1431 message(s)
Littérature française Félix Arvers, Sonnet

Bonjour !
Bravo, cher Jean-Luc !
Le « cher Lock » a manqué de perspicacité. Et pourtant, j’étais sur la voie avec le quoique et en m’étonnant que la belle n’en ait rien su.
Je partage l’opinion de Jean-Luc : la vacherie a été voulue.

J’en profite pour reproduire ici quelques acrostiches extraits de mon livre.
On peut raisonnablement supposer que le premier, celui de Corneille, a été involontaire, tout comme son : « Et le désir s’accroît quand l’effet se recule ». Encore que, dirait le docteur Freud…
Amicalement vôtre,
Edy


* S’attacher au combat contre un autre soi-même,
  Attaquer un parti qui prend pour défenseur
  Le frère d’une femme et l’amant d’une sœur
  Et, rompant tous ces nœuds, s’armer pour la patrie
  Contre un sang qu’on voudrait racheter de sa vie,
  Une telle vertu n’appartenait qu’à nous ;
  L’éclat de son grand nom lui fait peu de jaloux…
(PIERRE CORNEILLE. HORACE. 444 ET SUIV.)

* Louis est un héros sans peur et sans reproche.
   On désire le voir. Aussitôt qu’on l’approche,
   Un sentiment d’amour enflamme tous les cœurs.
   Il ne trouve chez nous que des adorateurs.
   Son image est partout… excepté dans ma poche.
(ANONYME DEDIE A LOUIS XIV)

* Quand je vous jure, hélas ! un éternel hommage,
   Voulez-vous qu'un instant je change de langage ?
   Vous seule possédez mon esprit et mon cœur.
   Que ne puis-je avec vous goûter le vrai bonheur !
   Je vous aime, ma belle, et ma plume en délire
   Couche sur le papier ce que je n'ose dire.
   Avec soin, de mes vers lisez les premiers mots,
   Vous saurez quel remède apporter à mes maux.
(ALFRED DE MUSSET)
* Cette grande faveur que votre ardeur réclame,
   Nuit peut-être à l'honneur, mais répond à ma flamme.
(GEORGE SAND)

* Je ne saurais nommer celle qui sut me plaire.
  Un fat peut se vanter, un amant doit se taire.
  La pudeur qu’alarmait l’impétueux désir
  Inventa sagement le voile du mystère
  Et l’amour étonné connut le vrai plaisir.
(ANONYME)

#62 20/10/2006 09:48

fombonne
Littérature française Félix Arvers, Sonnet

Je suis un peu éonné que vous soyez tous resté sur l'étude de l'idée.
Aucun d'entre vous n'a regardé la construction technique de ce texte.
Il est sonnet de nom (simplement) ! Car ce n'est pas un sonnet comme convenus de les
écrire depuis la dernière modification faite par Vcto Hugo.
Voyons comme l'auteur; commençons par un vers féminin. La construction est TOUJOURS la suivante. 1°& 2° quatrain A B B A (donc, A,féminin & B masculin )
Mais le 1° quatrain est écrit en rime croisée ( 1° erreur-)
Le second en rime embrassée commence par un vers M et non F (féminin)comme il devrait être (2 erreurs )
Les deux tercets sont conformes ( 1° C C D )  Second ( E D E mais la formule E E D reste admise )
Je sais bien que BAUDELAIRE a écrit ses sonnets sous cette forme hybride.
(sauf 2)
Alors,avec moi, admettez qu'il s'agit d'un texte de 14 vers, dans une belle envolée romantique.

#63 20/10/2006 11:07

Léah
9933 message(s)
Littérature française Félix Arvers, Sonnet

Il me semble que Jean-Luc a bien mentionné "sonnet"
Donc c'est la déf du sonnet, poème de 14 vers ; on ne peut faire autrement que de l'admettre   
Sonnet écrit selon certaines règles de dispostion de strophes et de rimes, et pour lequel Hugo n'est pas plus spécialiste que Ronsard, Heredia ou Arvers. "convenu de les écrire" mais par qui ?
Dans les sonnets de Ronsard, les tercets sont CCD EDE ou CCD EED ; la disposition d'Arvers n'a rien de révolutionnaire ; la disposition CCD EED  n'a jamais été "admise", elle est parfaitement classique (relis les Parnassiens !)


Tenir un seul cheveu dans sa main.
Y parvenir.

#64 20/10/2006 11:09

Léah
9933 message(s)
Littérature française Félix Arvers, Sonnet

Quant à l'envolée romantique, ça n'a rien à voir avec la technique prosodique, et "l'admettre" reste à l'appréciation de chacun. Musset, Lamartine, planent à d'autres hauteurs !