Bonsoir,
je dois rendre la semaine prochaine une dissertation dont le sujet est: "Qu'est ce qu'un personnage de roman?". J'ai accompagné ma réflexion de nombreuses recherches. Les résultats en matière d'exemple sont fructueux, et j'ai déjà une idée pour mon introduction et ma conclusion. Cependant, c'est dans l'organisation de mes idées en un plan très bien construit que je me heurte aux premières difficultés. Je viens vous voir ce soir à titre consultatif, et vous demande de bien vouloir apprécier la qualité de mes recherches, de mon introduction et des prémices de ma conclusion. Je cherche encore d'autres exemples pour étoffer mon propos et vous seriez très aimables de me suggérer quelques pistes encore.
N.B: la plupart des paragraphes ci-dessous ne sont pas écrit de ma main et ne seront, bien entendu, pas présentés comme tel sur ma copie. Et si je n'ai pas réussi à organiser mes idées en plan, j'ai suivi pour cette présentation l'ordre qui me paraissait le plus intéressant et qui devrait se rapprocher du travail fini. Par avance, je vous remercie.
(je n'ai pas encore noté mon introduction.)
Extrait du site Magister:
- sur le plan physique : le personnage est solidement campé dans un corps avec ses traits caractéristiques, choisis pour le pittoresque mais aussi en fonction de détails particuliers susceptibles de suggérer des traits psychologiques (ainsi les personnages de Balzac);
- sur le plan moral : le romancier s'attache à l'expression des sentiments, s'intéresse à leurs manifestations extérieures (larmes, sourires, gestes significatifs). Le caractère du personnage peut le situer en individu particulier, voire le signaler comme un héros d'exception; il peut au contraire faire de lui un simple exemplaire d'une espèce sociale (cf. les employés chez Balzac);
- sur le plan social : le personnage reflète un milieu par ses vêtements, sa profession, son langage, son idéologie (les personnages de Zola ou Balzac sont parfois de simples exemplaires des milieux sociaux systématiquement décrits dans leur entreprise réaliste). Il devient ainsi un type (« Un type [...] est un personnage qui résume en lui-même les traits caractéristiques de tous ceux qui lui ressemblent plus ou moins, il est le modèle du genre », dit Balzac dans sa préface d'Une ténébreuse affaire), voire un mythe (la Carmen de Mérimée).
-Un personnage peut être caractérisé par son discours: le pédantisme ampoulé du pharmacien Homais signale sa bêtise satisfaite.
Les éléments pertinents du portrait ne sont pas des signes facilement localisables : ils parcourent l'ensemble du récit. D'autre part, le personnage n'est jamais donné comme une entité définitive : il évolue, se transforme, parcourt un itinéraire d'apprentissage qui nous force à recenser dans un roman tous les signes actifs et à construire de nos propres armes une créature qui, pour une bonne part, a échappé au romancier lui-même.
-Se poser la question du personnage c'est aussi se poser celle de la focalisation:
"Le romancier est, de tous les hommes, celui qui ressemble le plus à Dieu." François Mauriac (point de vu omniscient) -l'écrivain est un démiurge, il s'agit montrer le personnage en expliquant tous les ressorts psychologiques. (Chez Flaubert par exemple)
"(...) il est libre. Je me glisse en lui et le voilà qui s'attend avec mon attente, il a peur de lui en moi; il vit." Sartre (focalisation interne) : au nom du concept de liberté, respect de l'opacité des êtres. Par exemple le "K." du Château et du Procès, qui se "contente d'une initiale, n'a pas de visage, pas de famille" (Robbe-Grillet)
-Le personnage de Roman
Il se définit par son nom, son hérédité une identité propre: ce n'est pas un anonyme. Chez Balzac il s'agit même "de faire concurence à l'état civil". Enfin il doit posséder un caractère: "un visage qui le reflète, un passé qui a modelé celui-ci et celui-là. Son caractère dicte ses actions, le fait réagir de façon déterminée à chaque événement". En effet, ce dernier permet au lecteur de le juger, de l'aimer, de le haïr. "C'est grâce à ce caractère qu'il léguera un jour son nom à un type humain, qui attendait, dirait-on, la consécration de ce baptême" (Flaubert qui donnera un nom au "bovarysme").
(extrait de Pour un nouveau roman de Robbe-Grillet)
Extrait du site Magister (certains passages ont été réécrit)
Mais, écrit Robbe-Grillet, "avoir un nom était important à l'époque de la bourgeoisie balzacienne" -car avoir une personnalité était à la fois le moyen et le but de toute recherche ("Lucien de Rubempré" dans les Illusions Perdues par exemple). Cependant la notion de personnage a été remise en cause au XXe siècle dans ses fondements mêmes, depuis la naissance de la psychanalyse jusqu’au Nouveau Roman français, en passant par l’éclatement de la conscience perceptive chez des romanciers tels que Proust, Céline ou Gide. "Le roman paraît chanceler, ayant perdu son meilleur soutien d'autrefois, le héros. S'il ne parvient pas à s'en remettre, c'est que sa vie était liée à celle d'une société maintenant révolue."
Robbe-Grillet soutient donc l'idée que les formes littéraires sont liées à un type de société et qu'elles évoluent donc historiquement. Mais on peut s'interroger si Robbe-Grillet est bien fondé dans son rapport historique entre forme littéraire et époque: voyons Jacques le Fataliste et son Maitre où ce dernier n'a pas de nom.(c.f: site Magister). Néanmoins cet "anti-roman", tout comme celui de Furetière, apparait comme une réaction contre l'histoire littéraire en train de se constituer.
Le personnage romanesque s’offre comme un réservoir infini d’aventures et de destins possibles, le personnage de roman est l’un des plus étroitement lié à l’expression la conscience. (comme chez Proust par exemple)
-Sur le Nouveau Roman (& la Nouvelle Critique):
Le texte n'est plus donné comme le reflet du réel mais comme une interprétation de la réalité par son auteur. La critique moderne adopte le point du vu contraire de la tradition: le sens n'est pas préexistant à l'interprétation. Ainsi, chez Roland Barthes, le personnage est "un simple support de hasard".
Extrait de http://robert.marty.perso.cegetel.net
"L'homme et sa présence dans le monde tels que le romancier les perçoit d'abord, les conçoit ensuite". (Zéraffa) Le personnage est donc l'émergence dans le texte, non de l'individu directement, mais de la personne, c'est-à-dire de l'individu passé au filtre de la psychologie, de l'idéologie de l'auteur et de ses partis pris romanesques.
"L'homme et sa présence dans le monde": c'est à dire les rapports du Moi avec la société. Deux grandes tendances se dégagent alors:
Dans un premier cas de figure, la société est si prégnante, les cadres sociaux si bien établis ("chacun à sa place") que l'individu n'a pas de latitude et qu'il est "agi" par cette société : il ne peut quitter sa classe ou sa catégorie sociale (sinon à ses risques et périls) dans laquelle il doit s'intégrer en acceptant l'ordre établi. Les relations sociales sont déterminantes et le Moi est le reflet de la société (les personnages balzaciens en sont un exemple).
Autre cas de figure (et c'est l'aspect fondamental de ce qu'on a appelé les "romans de la modernité" dont on a vu le point de départ avec les romans de Stendhal): l'individu est autonomisé, considéré comme ayant sa propre vision du monde qu'il affronte. Le personnage est un "ego expérimental". Il a des états de conscience qui sont le reflet de son Moi qui tend à s'affirmer contre le monde et il "se construit" ou "se détruit" dans cette tentative. (Mme. Bovary en est un bon exemple).
Conclusion::
Il nous parait très périlleux de donner une définition du personnage d'un roman. Personnages et formes romanesques sont intimement liés: définir le premier revient à dire ce que le second doit être. L'envisager [le personnage] comme un potentiel infini d’aventures et de destins, celui qui parmi les personnages de fiction est le plus étroitement lié à l'expression de la conscience, ce n'est alors plus envisager le roman comme un genre ou comme une forme, mais comme un "espace de la pensée".
(voilà j'ai fait le tri webmestre, mais je tiens à rappeller il s'agit surtout d'une sélection de documents)
Dernière modification par Hölderlin (17/01/2008 07:12)
Bonsoir Hölderlin,
Pouvez-vous éditer votre message en distinguant ce qui vient du site Magister et ce qui est le fruit de vos recherches ?
Par avance, merci.
Voyez la F.A.Q. : http://www.etudes-litteraires.com/forum/faq.php#10