Je ne sais pas pourquoi, mais vous me faites penser à ce livre de Sartre où il découvre qu'il existe.
Vous me faites penser aussi ( et je n'y mets pas d'allusion maligne ou blessante) à cette période de la vie des enfants où ils répondent systématiquement "non" à toute demande parce qu'enfin ils arrivent à se différencier de leur mère.
J'ai l'impression que vous vous êtes différencié du monde qui vous entoure: quelquechose comme la mort de l'ancien "Vous" vers la naissance du nouveau: une initiation auto déterminée en quelque sorte.
Et c'est probablement l'occasion à saisir, car ce genre de situation ouvre grand la porte aux possibilités qui sont en vous.
A votre place, je verrais cela comme une chance: vous vous êtes ouvert la porte du monde et tout vous est possible.....
Bonjour,
Je voulais dire que je suis tombé ici par hasard et que j'ai couru pour m'inscrire lorsque j'ai vu ce que tu avais écris.
Je ressens Mot pour Mot la même chose.
Lorsque j'étais enfant j'avais ce même "délire" disons. J'étais absolument envahi par un sentiment que mon Moi était trop gros pour mon corps que de me dire cette phrase ca m'ennèrerait dans les abîmes de la folie alors j'arretais.
Récemment j'ai encore pensé volontairement (car moi c'est volontaire cela n'arrive pas sans une décision de ma tête) ca m'a fait le même effet.
Je ne sais absolument pas d'ou cela vient ni pourquoi ca m'envahit comme ca mais je suis vraiment heureuse de voirr que je ne suis pas seule.
Galain a écrit :
Cette simple constatation, qui peut paraître absurde, même ridicule, me met dans une sorte de vertige. Comme si la révélation de ma propre existence, la prise de conscience du fait que j'existe, était trop énorme pour mon esprit.
si ça peut te rassurer, je ne trouve pas ça du tout absurde, et encore moins ridicule, car cela m'arrive souvent et c'est une sensation très...désagréable ^^
dans mon cas, je me surprends tout d'un coup à être moi. je me croise dans une glace, j'ai l'impression de n'avoir jamais vu mon visage, de n'avoir jamais vécu dans mon corps, dans mon esprit.
une fois cette première étape passée, j'ai l'impression que tout autour de moi et moi-même n'existe pas, tout cela paraît irréel...
j'en viens à douter de ma propre existence et de celle des personnes qui m'entourent. notre monde m'apparaît soudain si futile, si ridicule!
j'arrive donc à la conclusion qu'il est fort probable que nous n'existions pas. et là, si par malheur je pense à des choses lointaines qui passent bien au dessus de nos têtes, comme le système solaire par exemple, alors là, je sombre totalement dans l'angoisse...
autant rassurer ceux qui liront ce message, je ne suis pas folle, mais pétrie de doutes...
je ne pense pas que tu puisses faire quoi que ce soit contre ton sentiment de perdre pied quand tu penses à ton existence et à tout cet inconnu, car c'est une part de l'être humain de s'interroger sur des questions que l'on peut ici qualifier à raison "d'existentielles".
pour ma part, je pense que l'on n'obtiendra jamais ces réponses.
JSC a écrit :
. Ton Moi n'est qu'un Moi parmi des Milliards. Je ne sais plus qui a dit Moi est un 'autre'.
C'est A.Rimbaud, "Je est un autre."
Dans la même idée il y a aussi Nietzsche "Jadis le moi se cachait dans le troupeau, à présent c'est le troupeau qui se cache au fond du moi."
j'arrive donc à la conclusion qu'il est fort probable que nous n'existions pas. et là, si par malheur je pense à des choses lointaines qui passent bien au dessus de nos têtes, comme le système solaire par exemple, alors là, je sombre totalement dans l'angoisse...
Il me semble que nous existons toujours, même si la valeur de cette existence est tout simplement dérisoire face à l'immensité de l'univers.
Peut etre que la simple pensée que l'homme est inutile et qu'il n'a absolument aucun interet, aucun but, a exister dans cette espace infiniment grand, te pose un probleme majeur.
Pour ma part j'ai rejoint les stoïciens, "Donc, dès qu'une image viendra te troubler l'esprit, pense à te dire : « Tu n'es qu'image, et non la réalité dont tu as l'apparence. ».Puis, examine-la et soumets-la à l'épreuve des lois qui règlent ta vie : avant tout, vois si cette réalité dépend de nous ou n'en dépend pas ; et si elle ne dépend pas de nous, sois prêt à dire : « Cela ne me regarde pas. »" Epictete.
Dernière modification par Célérité (09/03/2008 21:16)
Le coup du "je suis moi"... Difficile à décrypter mais il n'en reste pas moins évident que nous sommes condamnés à être ce "moi". Et le pire dans tous ça, c'est que si le "moi" en question ne nous convient pas, et bien nous sommes les seuls fautifs... Nous sommes responsables de ce "moi". Qui veut bien s'occuper du mien, moi j'abandonne...

Louise Mette a écrit :
nous sommes condamnés à être ce "moi". Nous sommes responsables de ce "moi". (
Condamnés? C'est une peine (Cf de prison)?? Comdamnés, donc, à vie! 
Figure-toi que la plupart des gens est contente de son Moi ( quoique souvent par défaut). Ceux qui tordent leurs têtes sur des questions existentielles insondables deviendront rapidement malheureux ou des grands philosophes, mais c'est rare
).
Si c'est un choix, je me contente du Moi. 
Bien vue, cette phrase sur la responsabilité. 
Dernière modification par JSC (14/03/2008 17:22)
Mais de toute manière, "TU" n'est pas "TOI" ... 
et nous ne sommes pas si responsable de notre moi, "Je est un autre".
La seule entité responsable de notre moi c'est la Société.
Je crois que tu vas un peu vite "Célérité". 
Tu es responsable (dois rendre compte de toi) devant la société (tes interlocuteurs), devant les Lois, de ta perception de la moraalité.
Tout autre choix est....irresponsable, ç mon avis.
Je vais développer un ptit peu, il est vrai que je suis allé vite. :p
Lorsqu'on va acheter des vêtements, choisissons nous vraiment nos vêtements? Je choisis cette robe plutôt qu'une autre. Pourquoi?
Les goûts, les normes morale n'émane pas de moi, mais des autres. Ainsi si je choisis la robe rouge plutôt que la bleue, ce n'est pas pour moi, mais pour que je plaise aux autres, ce n'est pas moi pour moi, mais les autres pour moi.
Les jugements de valeurs ne dépendent pas de moi non plus. Si un occidental sourit, je peux penser qu'il est heureux et il l'est surement. Mais qu'en est il d'un asiatique? Dans certaines cultures asiatiques, sourire représente la colère, dans d'autres cultures, tout les enfants du village sont élevés par une seule mère...il y a beaucoup d'exemple.
Nietzsche disait, "Jadis le moi faisait partie du troupeau, aujourd'hui le troupeau se cache au fond du moi". Ainsi, mon moi n'est qu'une partie de la collectivité, je ne décide pas de mes vêtements, mais je me conforme à l'un des nombreux modèles de la Société.
Mais la vrai question, c'est choisissons qui nous sommes? L'homme actuel aurait tendance a croire qu'il est maitre de soi. Il ne faut pas oublier que l'homme est un être culturel, et par conséquent qu'il ne nait pas homme, mais qu'il devient homme. Ainsi j'ai envi de dire que dès la naissance, l'endroit où nous naissons va déterminer notre avenir. Un enfant qui naît dans une famille pauvre et qui subit le divorce de ses parents, va vouloir constamment se dépasser soi-même pour échapper a sa condition. A t-il choisit? Vous même avez vous choisit? L'homme évolue selon son environnement, selon la collectivité, c'est-à-dire selon la Société. Ainsi, la seule entité responsable de notre être est bel et bien la société.
ce n'est que mon humble avis, tout a fait discutable.
Dernière modification par Célérité (15/03/2008 13:15)