#11 25/04/2008 21:51

JSC
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Entraide scolaire et méthode Dissertation - "Le premier homme qui passe est un héros suffisant"

guimers8 a écrit :

, je n'ai pas lu le livre.

Disserter sur une œuvre que l'on connaît pas? C'est comme parler dans le vent.

Et crois-tu que Zola est sincère "le premier homme qui passe"?
Ses personnages, ses héros, sont-ils si creux?


La moralité moderne veut que l'on accepte les normes de son époque. Qu'un homme cultivé puisse les accepter me semble la pire des immoralités. (O. Wilde)
 

#12 25/04/2008 21:58

guimers8
6 message(s)
Entraide scolaire et méthode Dissertation - "Le premier homme qui passe est un héros suffisant"

JSC a écrit :

guimers8 a écrit :

, je n'ai pas lu le livre.

Disserter sur une œuvre que l'on connaît pas? C'est comme parler dans le vent.

Et crois-tu que Zola est sincère "le premier homme qui passe"?
Ses personnages, ses héros, sont-ils si creux?

J'ai une dissertation à faire à partir des textes que j'ai lu (Mme Bovary, L'Etranger), et des extraits que j'ai dans mon corpus (Michel Strogoff, Germinal, Voyage au bout de la nuit, et Extension du domaine de la lutte). Je ne suis pas sensé avoir lu tous les livres, je fais avec ce que je sais, ainsi que mes extraits.

En l'occurrence, l'incipit de Germinal ne décrit pas un "héros" à proprement parler. À moins d'avoir lu l'œuvre, si j'avais eu ce devoir à faire sur table, comment aurais-je deviné que cet extrait n'est pas représentatif du reste de l'œuvre ?

 

#13 25/04/2008 22:00

Zadek
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Entraide scolaire et méthode Dissertation - "Le premier homme qui passe est un héros suffisant"

Le début, ou l'incipit comme tu dis, ne décrit-il pas plus une victime qu'un personnage médiocre ?

 

#14 25/04/2008 22:08

guimers8
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Entraide scolaire et méthode Dissertation - "Le premier homme qui passe est un héros suffisant"

Zadek a écrit :

Le début, ou l'incipit comme tu dis, ne décrit-il pas plus une victime qu'un personnage médiocre ?

Mon extrait se limite aux deux premiers paragraphes. Le second évoque le fait que le personnage (dont on ne sait pas grand chose) ait froid, mais s'arrête là. Il est en tout cas clair qu'il n'apparait pas comme un héros. Mais s'il n'est pas médiocre (j'entends par là : banal), alors qu'est-ce que je fais de cet extrait ?

 

#15 25/04/2008 22:30

Muriel H.
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Entraide scolaire et méthode Dissertation - "Le premier homme qui passe est un héros suffisant"

Bonsoir Guimers,

Le mieux serait que tu nous donnes les textes de ton corpus, s'ils ne sont pas trop longs. S'ils sont longs, donne-les en liens, en nous en disant les limites.

Muriel

 

#16 25/04/2008 22:42

guimers8
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Entraide scolaire et méthode Dissertation - "Le premier homme qui passe est un héros suffisant"

D'accord. Voici mon corpus :

Michel Strogoff, Jules Vernes
Michel Strogoff était haut de taille, vigoureux, épaules larges, poitrine vaste. Sa tête puissante présentait les beaux caractères de la race caucasique.

Ses membres, bien attachés, étaient autant de leviers, disposés mécaniquement pour le meilleur accomplissement des ouvrages de force. Ce beau et solide garçon, bien campé, bien planté, n’eût pas été facile à déplacer malgré lui, car, lorsqu’il avait posé ses deux pieds sur le sol, il semblait qu’ils s’y fussent enracinés. Sur sa tête, carrée du haut, large de front, se crépelait une chevelure abondante, qui s’échappait en boucles, quand il la coiffait de la casquette moscovite. Lorsque sa face, ordinairement pâle, venait à se modifier, c’était uniquement sous un battement plus rapide du cœur, sous l’influence d’une circulation plus vive qui lui envoyait la rougeur artérielle. Ses yeux étaient d’un bleu foncé, avec un regard droit, franc, inaltérable, et ils brillaient sous une arcade dont les muscles sourciliers, contractés faiblement, témoignaient d’un courage élevé, « ce courage sans colère des héros », suivant l’expression des physiologistes. Son nez puissant, large de narines, dominait une bouche symétrique avec les lèvres un peu saillantes de l’être généreux et bon.

Michel Strogoff avait le tempérament de l’homme décidé, qui prend rapidement son parti, qui ne se ronge pas les ongles dans l’incertitude, qui ne se gratte pas l’oreille dans le doute, qui ne piétine pas dans l’indécision. Sobre de gestes comme de paroles, il savait rester immobile comme un soldat devant son supérieur; mais, lorsqu’il marchait, son allure dénotait une grande aisance, une remarquable netteté de mouvements, — ce qui prouvait à la fois la confiance et la volonté vivace de son esprit. C’était un de ces hommes dont la main semble toujours « pleine des cheveux de l’occasion », figure un peu forcée, mais qui les peint d’un trait.

Germinal, Emile Zola
Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d'une obscurité et d'une épaisseur d'encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n'avait la sensation de l'immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d'avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d'arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d'une jetée, au milieu de l'embrun aveuglant des ténèbres.
    L'homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d'un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait beaucoup; et il le serrait contre ses flancs, tantôt d'un coude, tantôt de l'autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des mains gourdes que les lanières du vent d'est faisaient saigner. Une seule idée occupait sa tête vide d'ouvrier sans travail et sans gîte, l'espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque sur la gauche à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D'abord, il hésita, pris de crainte; puis, il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains.

Voyage au bout de la nuit, L-F Céline
j'avais beau essayer de me perdre pour ne plus me retrouver devant ma vie, je la retrouvais partout simplement. Je revenais sur moi-même. Mon trimbalage à moi, il étais fini. à d'autres!... Le monde était refermé!Au bout qu'on était arrivés nous autres!... comme à la fête!... avoir du chagrin c'est pas tout, faudrait pouvoir recommencer la musique, aller en chercher davantage du chagrin... Mais à d'autres!... C'est la jeunesse qu'on redemande comme ça sans avoir l'air.. Pas gène!... d'abord pour endurer davantage j'étais plus prêt non plus!... et cependant javas même pas été aussi loin que Robinson moi dans la vie!... J'avais pas réussi en définitive. J'en avais pas acquis moi une seule idée bien solide comme celle qu'il y avait eue pour se faire dérouiller. Plus grosse encore une idée que celle de ma tête, plus grosse que toute la peur qui était dedans, une belle idée, magnifique et bien commode pour mourir... Combien il m'en faudrait à moi pour que je m'en fasse ainsi une idée plus forte que tout le monde ?C'était impossible à dire! c'était raté! Les miennes d'idées elles vadrouillaient plutôt dans ma tête avec plein d'espace entre, C'étaient comme des petites bougies pas fières et clignoteuses à trembler toute la vie au milieu d'un abominable univers bien horrible. Ça allait peut-être un peu mieux qu'il y a vingt ans, on pouvait pas dire que j'avais pas fait des début de progrès mais enfin c'était pas à envisager que je parvienne jamais moi, comme Robinson, à me remplir la tête avec une seul idée, mais alors une superbe pensée tout à fait plus forte que la mort et que j'en arrive rien qu'avec mon idée à en juter partout de plaisir, d'insouciance et de courage. Un héros juteux.

Extension du domaine de la lutte, Michel Houellebecq
La difficulté, c’est qu’il ne suffit pas exactement de vivre selon la règle. En effet vous parvenez (parfois de justesse, d’extrême justesse, mais dans l’ensemble vous y parvenez) à vivre selon la règle. Vos feuilles d’imposition sont à jour. Vos factures, payées à la bonne date. Vous ne vous déplacez jamais sans carte d’identité (et la petite pochette spéciale pour la carte bleue !...). Pourtant, vous n’avez pas d’amis.

La règle est complexe, multiforme. En dehors des heures de travail il y a les achats qu’il faut bien effectuer, les distributeurs automatiques où il faut bien retirer de l’argent (et où, si souvent, vous devez attendre). Surtout, il y a les différents règlements que vous devez faire parvenir aux organismes qui gèrent les différents aspects de votre vie. Par-dessus le marché vous pouvez tomber malade, ce qui entraîne des frais, et des nouvelles formalités. Cependant, il reste du temps libre. Que faire ? Comment l’employer ? Se consacrer au service d’autrui ? Mais, au fond, autrui ne vous intéresse guère. Ecouter des disques ? C’était une solution, mais au fil des ans vous devez convenir que la musique vous émeut de moins en moins. Le bricolage, pris dans son sens le plus étendu, peut offrir une voie. Mais rien en vérité ne peut empêcher le retour de plus en plus fréquent de ces moments où votre absolue solitude, la sensation de l’universelle vacuité, le pressentiment que votre existence se rapproche d’un désastre douloureux et définitif se conjuguent pour vous plonger dans un état de réelle souffrance. Et, cependant, vous n’avez toujours pas envie de mourir.

Je rappelle que mon principal problème est d'arriver à découper mes parties en sous-parties.

Merci à tous de votre aide.

 

#17 04/05/2008 14:57

guimers8
6 message(s)
Entraide scolaire et méthode Dissertation - "Le premier homme qui passe est un héros suffisant"

Pas d'idées ?

C'est pour demain, et j'ai encore du mal à développer quoi que ce soit pour la seconde partie …

Dernière modification par guimers8 (04/05/2008 18:08)