Bonsoir !
Les trentes années qu'elle a vécues.
Je suis obligé de rectifier : -> qu'elle a vécu.
(Modestement et avec courtoisie !)
MOTIF
Lorsque le verbe exprime la durée (vivre), la distance (courir), la valeur (coûter) ou la mesure (peser), le participe reste invariable.
Le complément n'est d'ailleurs pas un COD mais un CC. Bizarre ?
* Les dix minutes que j'ai attendu.
-> Les dix minutes pendant lesquelles...
Exemples :
* Les cinquante ans que j'ai vécu.
* Les nombreuses années qu'il a vécu.
* Les cent euros que cela m'a coûté.
* Les cent mètres que j'ai couru.
* Les années qu'il a régné / souffert.
* Les cent kilos qu'il a pesé.
Mais on fait l'accord avec le COD antéposé lorsque le verbe est employé transitivement :
* Les factures que j'ai attendues.
* Les soucis que j'ai vécus (= soufferts).
* La vie heureuse qu'il a vécue.
* Les efforts que cela m'a coûtés.
* Les marchandises qu'il a pesées.
On est parfois sur le fil du rasoir :
* Les cent euros que j'ai dépensés / pariés / perdus / gagnés.
* Les cinq années que j'ai passées en Amérique.
* La nuit que j'ai couché à la belle étoile.
* Les dix années de misère qu'il a vécues.
Mais :
* Les dix années qu'il a vécu.
J'espère que je ne me suis pas fourvoyé ; je vous écris à livre ouvert.
Que de subtilités, dira-t-on !
Enfin, jusqu'à l'adoption aléatoire d'une réforme, il faut bien s'en accommoder...
Bonjour !
Je voulais savoir si l'orthographe était bonne :
"Les échos que l'on m'en a donné"
Je ne mets pas de "s" parce que le "en" (peut-on me donner la fonction de ce "en" ? C.O.S ?) est toujours invariable ?
Merci d'avance !
Bonjour aussi !
"Les échos que l'on m'en a donné."
Extrait de la grammaire Le Robert et Nathan :
" Selon la plupart des grammairiens, le participe passé précédé de EN (ayant valeur de COD antéposé) reste invariable. Néanmoins, dans l'usage, l'accord a souvent lieu.
* J'ai ramassé des crevettes. J'en ai ramassé(es)."
Grevisse exprime la même opinion et donne quelque 34 citations : 14 avec l'invariabilité et 20 avec l'accord.
Les instruction officielles Haby de 1976 disent aussi : "L'usage admet l'un et l'autre accord." Comprenez : invariabilité ou accord.
MAIS le EN de votre énoncé n'est pas un COD ; c'est un complément indirect, et plus précisément un CC (certains y verront un COI) :
-> Les échos qu'on m'a donnés de cela / au sujet de cela.
Il doit donc rester sans effet quant à l'accord.
Par conséquent, vous ferez l'accord avec le pronom relatif QUE antéposé, et, à travers lui, avec son antécédent LES ECHOS.
Grevisse donne un exemple dans le même sens :
* Il retournait contre sa mère les armes qu'il EN avait reçuES. ( Romain Rolland. Jean-Christophe)
(= les armes qu'il avait reçues D'ELLE.)
Merci beaucoup pour la clarté et la rapidité de votre réponse. Mais alors,
"des pâtes, j'en ai pris" ?
Bonsoir !
EN est, dans votre énoncé, un vrai COD antéposé, qui représente le nom pâtes (mis en emphase).
Comme je l'ai dit, vous avez donc le choix : pris ou prises.
Mais, comme il s'agit de pâtes, c'est-à-dire d'un substantif non comptable, je donnerais la préférence au singulier : pris.
* Des nouilles, j'en ai souvent mangé, à cause de mes fins de mois qui commencent le quinze.
Les meilleurs auteurs se font parfois piéger.
Grevisse cite Barrès :
* En ai-je VU jetéS à terre par les politiciens de ces courageux officiers !
Effectivement, le voisinage de vu et de jetés a l'air d'une fausse note.
Sauf restect, j'aurais écrit vus et jetés pour ne pas avoir une discordance.
Un énorme merci ! Les plus grands font donc des fautes : quel espoir !
Bonsoir tout le monde. N'est-ce pas un peu redondant "les échos que l'on m'en a donné"? puisque le COD est déjè exprimé"échos"? Ça serait plus logique de dire "des échos, l'on m'en a donné", avec virgule après le COD. Je demande, je ne dis pas que c'est correcte comme ça. Quelqu'un peut me répondre? Merci.
Bonjour, Alice !
Les échos que l'on m'en a donnés...
Refaisons l'analyse :
- Les échos : sujet d'une suite implicite (par exemple, sont inexacts).
- Que : pronom relatif, dont l'antécédent est "les échos".
- En : pronom personnel adverbial équivalant à "de cela".
-> Les échos que l'on m'a donnés de l'événement sont inexacts.
En n'est donc pas un COD ; il n'intervient pas dans l'accord.
Seul "que" est COD de la relative ; et, comme il est antéposé, il entraîne l'accord du participe passé avec lui et, à travers lui, avec l'antécédent masculin pluriel "les échos" ; donc, donnés.
Il n'y pas de redondance, puisque "en" ne représente pas "les échos".
Pas de redondance non plus entre "les échos" et "que".
L'énoncé est, en réalité, la transformation de deux phrases simples :
* Les échos sont inexacts.
* On m'en a donné les échos.
-> Les échos QUE l'on m'en a donnés sont inexacts.
Par contre, votre transformation est exacte, mais elle a un autre sens :
* Des échos, l'on m'en a donné(s).
Dans votre énoncé, vous avez mis "des échos" en emphase, vous l'avez fait justement fait suivre d'une virgule, et EN est bien ici un COD qui représente "des échos".
Avec EN, vous avez le choix d'accorder le participe passé ou de le laisser invariable.
Est-ce que nous nous sommes bien compris ?
Bonne journée !
Edy