#1 03/01/2008 22:54

missy34
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Entraide scolaire et méthode Dans quelle mesure le lecteur peut-il s'intéresser à personnage qui n'est pas un héros positif ?

Bonjour a tous,
J'ai une dissertation a faire mais je n'arive pas a la faire car c'est la premiere fois. J'aimerai quelque idées car je n'y arrive pas du tout . J'ai commencé a chercher les ressemblances et les differences des trois personnages.
Voici le sujet :
Dans quel mesure un lecteur peut-il s'interesser à un personnage qui n'apparait pas comme un heros positif ?

mon corpus est composé de 3 textes :
Honoré de Balzac, le curé de Tours
Stendhal, Lucien Leuwen
Emile Zola, La curée

Voici les textes :

Le curé de Tours, Balzac

Ce monde d'idées tristes était tout entier dans les yeux gris et ternes de mademoiselle Gamard ; et le large cercle noir par lequel ils étaient bordés, accusait les longs combats de sa vie solitaire. Toutes les rides de son visage étaient droites. La charpente de son front, de sa tête et de ses joues avait les caractères de la rigidité, de la sécheresse. Elle laissait passer, sans aucun souci, les poils jadis bruns de quelques signes parsemés sur son menton. Ses lèvres minces couvraient à peine des dents trop longues qui ne manquaient pas de blancheur. Brune, ses cheveux jadis noirs avaient été blanchis par d'affreuses migraines. Cet accident la contraignait à porter un tour ; mais ne sachant pas le mettre de manière à en dissimuler la naissance, il existait souvent de légers interstices entre le bord de son bonnet et le cordon noir qui soutenait cette demi-perruque assez mal bouclée. Sa robe, de taffetas en été, de mérinos en hiver, mais toujours de couleur carmélite, serrait un peu trop sa taille disgracieuse et ses bras maigres. Sans cesse rabattue, sa collerette laissait voir un cou dont la peau rougeâtre était aussi artistement rayée que peut l'être une feuille de chêne vue dans la lumière. Son origine expliquait assez bien les malheurs de sa conformation. Elle était fille d'un marchand de bois, espèce de paysan parvenu. A dix-huit ans, elle avait pu être fraîche et grasse, mais il ne lui restait aucune trace ni de la blancheur de teint ni des jolies couleurs qu'elle se vantait d'avoir eues. Les tons de sa chair avaient contracté la teinte blafarde assez commune chez les dévotes. Son nez aquilin était celui de tous les traits de sa figure qui contribuait le plus à exprimer le despotisme de ses idées, de même que la forme plate de son front trahissait l'étroitesse de son esprit. Ses mouvements avaient une soudaineté bizarre qui excluait toute grâce ; et rien qu'à la voir tirant son mouchoir de son sac pour se moucher à grand bruit, vous eussiez deviné son caractère et ses mœurs. D'une taille assez élevée, elle se tenait très-droit, et justifiait l'observation d'un naturaliste qui a physiquement expliqué la démarche de toutes les vieilles filles en prétendant que leurs jointures se soudent. Elle marchait sans que le mouvement se distribuât également dans sa personne, de manière à produire ces ondulations si gracieuses, si attrayantes chez les femmes ; elle allait, pour ainsi dire d'une seule pièce, en paraissant surgir, à chaque pas, comme la statue du Commandeur. Dans ses moments de bonne humeur, elle donnait à entendre, comme le font toutes les vieilles filles, qu'elle aurait bien pu se marier, mais elle s'était heureusement aperçue à temps de la mauvaise foi de son amant, et faisait ainsi, sans le savoir, le procès à son cœur en faveur de son esprit de calcul.

Cette figure typique du genre vieille fille était très-bien encadrée par les grotesques inventions d'un papier verni représentant des paysages turcs qui ornaient les murs de la salle à manger. Mademoiselle Gamard se tenait habituellement dans cette pièce décorée de deux consoles et d'un baromètre. A la place adoptée par chaque abbé se trouvait un petit coussin en tapisserie dont les couleurs étaient passées. Le salon commun où elle recevait était digne d'elle. Il sera bientôt connu en faisant observer qu'il se nommait le salon jaune : les draperies en étaient jaunes, le meuble et la tenture jaunes ; sur la cheminée garnie d'une glace à cadre doré, des flambeaux et une pendule en cristal jetaient un éclat dur à l'oeil. Quant au logement particulier de mademoiselle Gamard, il n'avait été permis à personne d'y pénétrer. L'on pouvait seulement conjecturer qu'il était rempli de ces chiffons, de ces meubles usés, de ces espèces de haillons dont s'entourent toutes les vieilles filles, et auxquels elles tiennent tant.

Telle était la personne destinée à exercer la plus grande influence sur les derniers jours de l'abbé Birotteau.

Stendhal, Lucien Leuwen
Cet extrait de Lucien Leuwen présente le portrait de Mlle Bérard, une ancienne
dame de compagnie.

C’était une fort petite personne sèche, de quarante-cinq à cinquante ans, au nez
pointu, au regard faux, et toujours mise avec beaucoup de soin, usage qu’elle avait rapporté
d’Angleterre, où elle avait été vingt ans dame de compagnie de milady Beatown, riche
pairesse1 catholique. Mlle Bérard semblait née pour cet état abominable que les Anglais,
grands peintres pour tout ce qui est désagréable, désignent sous le nom de toadeater, avaleur
de crapauds. Les mortifications sans nombre qu’une pauvre dame de compagnie doit
supporter sans mot dire d’une femme riche et de mauvaise humeur contre le monde qu’elle
ennuie, ont donné naissance à ce bel emploi. Mlle Bérard, naturellement méchante,
atrabilaire2 et bavarde, trop peu riche pour être dévote en titre avec quelque considération,
avait besoin d’une maison opulente pour lui fournir des faits à envenimer, des rapports à
faire, et de l’importance dans le monde des sacristies3. Il y avait une chose que tous les
trésors de la terre et les ordres même de notre saint père le pape n’auraient pu obtenir de la
bonne Mlle Bérard : c’était une heure de discrétion sur un fait désavantageux à quelqu’un et
qui serait venu à sa connaissance.

Emile Zola, La Curée (1871)
Dans La Curée d’Emile Zola, Sidonie Rougon est à la fois une femme d’affaires et
une entremetteuse, constamment occupée par de mystérieuses intrigues…

Mme Sidonie avait trente-cinq ans ; mais elle s'habillait avec une telle insouciance,
elle était si peu femme dans ses allures qu'on l'eût jugée beaucoup plus vieille. À la vérité, elle
n'avait pas d'âge. Elle portait une éternelle robe noire, limée aux plis, fripée et blanchie par
l'usage, rappelant ces robes d'avocats usées sur la barre. Coiffée d'un chapeau noir qui lui
descendait jusqu'au front et lui cachait les cheveux, chaussée de gros souliers, elle trottait par
les rues, tenant au bras un petit panier dont les anses étaient raccommodées avec des ficelles.
Ce panier, qui ne la quittait jamais, était tout un monde. Quand elle l'entrouvrait, il en sortait
des échantillons de toutes sortes, des agendas, des portefeuilles, et surtout des poignées de
papiers timbrés, dont elle déchiffrait l'écriture illisible avec une dextérité particulière. Il y
avait en elle du courtier1 et de l'huissier. […] Si Mme Sidonie ne faisait pas fortune, c'était
qu'elle travaillait souvent par amour de l'art. Aimant la procédure, oubliant ses affaires pour
celles des autres, elle se laissait dévorer par les huissiers, ce qui, d'ailleurs, lui procurait des
jouissances que connaissent seuls les gens processifs2. La femme se mourait en elle ; elle
n'était plus qu'un agent d'affaires, un placeur battant à toute heure le pavé de Paris, ayant dans
son panier légendaire les marchandises les plus équivoques, vendant de tout, rêvant de
milliards, et allant plaider à la justice de paix, pour une cliente favorite, une contestation de
dix francs. Petite, maigre, blafarde, vêtue de cette mince robe noire qu'on eût dit taillée dans la
toge d'un plaideur, elle s'était ratatinée, et, à la voir filer le long des maisons, on l'eût prise
pour un saute-ruisseau3 déguisé en fille. Son teint avait la pâleur dolente du papier timbré. Ses
lèvres souriaient d'un sourire éteint, tandis que ses yeux semblaient nager dans le tohu-bohu
des négoces, des préoccupations de tout genre dont elle se bourrait la cervelle. D'allures
timides et discrètes, d'ailleurs, avec une vague senteur de confessionnal et de cabinet de sagefemme,
elle se faisait douce et maternelle comme une religieuse qui, ayant renoncé aux
affections de ce monde, a pitié des souffrances du coeur. Elle ne parlait jamais de son mari,
pas plus qu'elle ne parlait de son enfance, de sa famille, de ses intérêts. Il n'y avait qu'une
chose qu'elle ne vendait pas, c'était elle ; non qu'elle eût des scrupules, mais parce que l'idée
de ce marché ne pouvait lui venir. Elle était sèche comme une facture, froide comme un
protêt4, indifférente et brutale au fond comme un recors5.

Merci de votre aide

 

#2 09/03/2008 14:40

loukinou
1 message(s)
Entraide scolaire et méthode Dans quelle mesure le lecteur peut-il s'intéresser à personnage qui n'est pas un héros positif ?

lol je suis tombé sur le même sujet que toi donc si tu as eu une correction cela m'interesse


Dernière modification par Muriel H. (09/03/2008 16:04)