#61 11/03/2007 22:50

amographie
2 message(s)
Langue française Je m'interroge sur la pertinence du passé simple

salutations les amis/

Je me demande ceci : dans l'écriture d'un roman,je suis attiré par l'emploi du passé composé, de l'mnparfait mais ausssi, de temps à autres, quand l'action est bref : le passé simple.


Merci de me dire si ça va ou pas d'utiliser ces trois temps.
Exemple (texte perso que j'ai écrit avec les trois temps.

ARCHIPEL DES ANDAMANS,

1980

Yvan De Mici s'est penché pour regarder les gaz chimiques s’étendre sur la plage. Son masque à gaz lui donnait un air d’anarchiste violent et ça lui allait bien. L’instant lui ressemblait, convenait à ce qu’il était. Le vide et l’altitude ne lui causaient aucun problème. Il commençait même par aimer ça, le vol avec les portes ouvertes, le contre-rythme assourdissant des pales et les canettes de coca qui roulaient vides dans la soute de l’hélicoptère.
Quelques crachotements de radio lui sont parvenus sans qu'il ne les écoute vraiment. L'anthropologue, assis à côté de lui, a enfilé un masque à gaz à son tour et l'a supplié d'arrêter toute l'opération. Un autre homme l'a dissuadé de dire encore quoi que ce soit rien qu'en lui montrant la crosse noire qui dépassait de son holster.
En contrebas, quelques autochtones étaient en train de lancer des projectiles mais c’était sans danger. L'hélicoptère était hors de portée et les gaz chimiquement prévus pour renverser toutes volontés. Yvan a poussé un cri de victoire puis a signalé l'endroit où atterrir. La nappe jaunâtre s'était épaissie à vue d'œil. Les capsules de fabrication russe avaient été terriblement efficaces, et comme prévu, les autochtones gisaient mainte-nant sur le sol, quasiment nus, crispés mais respirant encore. Des femmes, des enfants, des hommes. Puis les gaz se sont dissipés comme une brume au soleil. Le rotor a créé un tourbillon dans l'air saturé et salé. L’endroit est devenu inerte et immobile, sauf les pales. Les pales ont commencé à exister en tant que mouvements dans les visières en plastique des masques à gaz des deux hommes en tenue militaire qui prirent position autour de l'hélicoptère tels des extraterrestres envahisseurs.
En enjambant les corps, Yvan s'est sentit impressionné par les maxillaires développés et puissants qu'arboraient ces individus isolés du monde. Leur physionomie avait gardé la signature violente des origines de l’espèce humaine, et il enregistra ce commentaire sur son magnéto-phone.
Une heure plus tard, l’hélicoptère a repris le ciel avec à son bord trois spécimens féminins en âge de procréer et des échantillons de spermes. Le paysage s'est ouvert totalement sur l’océan et l’île a disparu loin derrière sur l’horizon bleu. L’anthropologue a été abattu d’une balle dans la tête et jeté pardessus bord. Yvan a regardé une dernière fois l’île. L’île correspondait à l’idée qu’il se faisait du berceau de l’humanité.


Merci de me dire quoi!!!
Amographie

*

#62 13/03/2007 02:26

pierrot11
389 message(s)
Langue française Je m'interroge sur la pertinence du passé simple

Amographie a écrit :

dans l'écriture d'un roman, je suis attiré par l'emploi du passé composé, de l'imparfait mais aussi, de temps à autre, quand l'action est brève, du passé simple.

Les temps de la narration sont :
* si l'action est actuelle, le présent ;
* si l'action est passée, le passé simple.

    L'imparfait n'intervient que pour exprimer, dans le passé, soit une action qui dure, soit un état. D'autres temps interviennent : le plus-que-parfait ou le passé antérieur notamment.
    Le passé composé n'est utilisé que pour exprimer une action passée, terminée, mais qui conserve un effet ou une conséquence sur le temps actuel.

   Voyons ton texte :

Yvan De Mici s'est penché se pencha pour regarder les gaz chimiques s’étendre sur la plage. Son masque à gaz lui donnait [oui !] un air d’anarchiste violent et ça lui allait bien. L’instant lui ressemblait, convenait à ce qu’il était. Le vide et l’altitude ne lui causaient [oui encore : action durable] aucun problème. Il commençait même par à aimer ça, le vol avec les portes ouvertes, le contre-rythme assourdissant des pales et les canettes de coca qui roulaient vides dans la soute de l’hélicoptère.
Quelques crachotements de radio lui sont parvenus parvinrent sans qu'il ne [le ne explétif n'est, ici, pas indispensable] les écoute vraiment. L'anthropologue, assis à côté de lui, a enfilé enfila un masque à gaz à son tour et l'a supplié le supplia d'arrêter toute l'opération. Un autre homme l'a dissuadé le dissuada de dire encore quoi que ce soit, rien qu'en lui montrant la crosse noire qui dépassait de son holster.
En contrebas, quelques autochtones étaient en train de lancer des projectiles mais c’était sans danger. L'hélicoptère était hors de portée et les gaz chimiquement prévus pour renverser toutes volontés toute volonté / toutes vélléités. Yvan a poussé poussa un cri de victoire puis a signalé signala l'endroit où atterrir. La nappe jaunâtre s'était épaissie à vue d'œil. Les capsules de fabrication russe avaient été terriblement efficaces, et comme prévu, les autochtones gisaient mainte-nant sur le sol [oui pour le p-q-pft : les corps gisaient = action qui dure ; les capsules avaient été efficaces = action antérieure], quasiment nus, crispés mais respirant encore : des femmes, des enfants, des hommes. Puis les gaz se sont dissipés dissipèrent comme une brume au soleil. Le rotor a créé créa un tourbillon dans l'air saturé et salé. L’endroit est devenu devint inerte et immobile, sauf les pales. Les pales ont commencé commencèrent à exister en tant que mouvement [au sing.] dans les visières en plastique des masques à gaz des deux hommes en tenue militaire qui prirent [oui !] position autour de l'hélicoptère tels des extraterrestres envahisseurs.
En enjambant les corps, Yvan s'est senti se sentit impressionné par les maxillaires développés et puissants qu'arboraient ces individus isolés du monde. Leur physionomie avait gardé [oui !] la signature violente des origines de l’espèce humaine, et il enregistra [oui encore] ce commentaire sur son magnétophone.
Une heure plus tard, l’hélicoptère a repris reprit le ciel avec à son bord trois spécimens féminins en âge de procréer et des échantillons de sperme [au sing.]. Le paysage s'est ouvert s'ouvrit totalement sur l’océan et l’île a disparu disparut loin derrière sur l’horizon bleu. L’anthropologue a été abattu fut abattu [passé simple, voix passive] d’une balle dans la tête et jeté par-dessus bord. Yvan a regardé regarda une dernière fois l’île. L’île correspondait à l’idée qu’il se faisait du berceau de l’humanité [oui, état et action durable].

    Conclusion : tu ne peux pas écrire (ou narrer) une suite d'actions ponctuelles au passé composé. Tu pourrais employer ce temps si, par exemple, tu terminais ton récit par une phrase du genre : « Il en est revenu changé dans ses idées sur la civilisation. », action passée, ponctuelle, achevée mais dont les conséquences durent.

Dernière modification par pierrot11 (13/03/2007 02:30)


Mens sana in corpore sano.

#63 14/03/2007 07:15

amographie
2 message(s)
Langue française Je m'interroge sur la pertinence du passé simple

Je te remercie pour cette mise au point éclairante et pour le temps que tu m'as consacré.

Très cordialement...