Enfin, le forum revient !
Une question concernant l'emploi de "de" : pourquoi dit-on plutôt "tu as de la chance" que "tu as la chance", "le résultat est de 6 points" que "le résultat est 6 points", "vous avez grimpé de 700m" que "vous avez grimpé 700m" ? Il y a une différence sémantique ?
Merci de toute réponse.
ip.
Je pense que pour le sel, c'est dû au caractère indénombrable du nom sel: on dit "passe-moi le sel" (en pensant au flacon) mais "je mets du sel dans mon assiette" (une quantité indénombrable).
Pour "vous avez grimpé de 700 mètres", on dit ça à l'oral (je ne suis pas sûre que la tournure soit vraiment "correcte") pour montrer la provenance, donner de l'épaisseur au chemin parcouru; enfin ce n'est qu'une interprétation.
Pour ton troisième exemple, je ne sais pas trop!
Bonne soirée à tous.
Tu as DE LA chance.
Article partitif déterminant un nom non comptable, non dénombrable, et indiquant qu'il s'agit seulement d'une partie.
Effectivement, qui peut se vanter d'avoir avoir soi LA chance, c'est-à-dire LA TOTALITE de la chance ? La chance ne se donne jamais que pour partie. Et c'est par un excès de langage que certains disent : "J'ai la chance." C'est pareil pour : "J'ai la haine."
Ou alors considérons qu'il y a une figure de style dans :
* Je traîne la chance derrière moi.
* J'ai la haine dans mon coeur.
Pour le reste, nous sommes dans un domaine assez peu réglementé, où l'usage utilise DE un peu à tort et à travers.
Voici un extrait du Petit Robert (situations où la grammaire l'emporte sur le sens) :
Devant un adj., p. p. ou adv.
* Emploi facultatif
Nous avons trois jours de libres (ou trois jours libres).
Encore un carreau de cassé (ou un carreau cassé).
« Il y avait eu six mille barbares de tués » (Flaubert).
— Fam. Et de deux, et de trois... (emphat., en comptant).
* Emploi obligatoire —
1 Avec en. En voici une de terminée. Il y en a deux de cassés.
2 Avec ne... que. Il n'y a de beau que le vrai.
3 Devant un adv. Cinq minutes de plus.
4 Après un pron. indéf. Quelques-uns seulement de blessés. Quoi de neuf ? Rien de nouveau.
Pour vos exemples avec 6 points et 700 mètres, j'utilise personnellement DE. Et je ne vois guère de différence entre :
*Vous avez grimpé de sept cents mètres.
* Vous avez grimpé sept cents mètres.
Sauf peut-être que le second exemple suppose un effort personnel ; le premier devrait plutôt s'employer, par exemple, à l'égard des passagers d'un avion.
* Nous avons grimpé de sept cents mètres.
D'autre part, on dira :
* Le themomètre a grimpé / a chuté DE dix degrés.
Peut-être pour la même raison : le themomètre ne fait aucun effort personnel, il subit la chaleur (comme vous, sans doute).
Voici, Ipseite !
J'apprécie d'autant plus votre question que j'avais moi-même amendé ma construction.
Je vous donne une explication de l'ensemble.
* Effectivement, qui peut se vanter d'avoir avoir soi LA chance, c'est-à-dire LA TOTALITE de la chance ?
- Effectivement : adverbe de phrase signifiant "en effet", qui enchaîne avec "une partie" de la phrase précédente.
- Qui : placé en tête, puisque c'est une interrogation partielle.
A contrario (interrogation totale) :
* Puis-JE me vanter d'avoir avec MOI... (La réponse ne peut être que oui ou non.)
- Peut : verbe noyau, semi-auxiliaire introduisant se vanter.
- SE vanter : infinitif solidaire de peut.
SE s'explique par le caractère indéfini de qui.
- D'avoir : infinitif complément de se vanter.
- Soi : pronom personnel indéfini, qui se justifie par le caractère indéfini de qui.
A contrario : Edy peut-il se vanter d'avoir avec LUI...
- Avec soi : j'ai placé ce CC avant le COD "la chance" pour des raisons stylistiques : je ne voulais pas séparer "la chance" de l'explication que j'en donne, "c'est-à-dire la totalité de la chance".
- Il s'agit d'une interrogation fictive équivalant ici à une affirmation, et qu'on appelle aussi interrogation rhétorique ou oratoire.
En effet, je peux dire aussi (affirmation négative) :
* Personne ne peut se vanter d'avoir avec SOI (puisque personne est un pronom indéfini)...
Est-ce ce que vous souhaitiez ?
Bonne journée !
Edy
Cela fait donc deux fois que la faute de frappe m'échappe ! Je vais de nouveau bien essuyer mes lunettes. Excusez-moi, je vous prie.
Comme a dit l'humoriste Maurice Roche :
* Ma vue se brouille de plus en plus avec moi.
En voici une autre, de Jean-Charles :
* Je vois des points noirs. - Tu as vu un oculiste ? - Non, je ne vois que des points noirs.
Le texte exact est :
* Effectivement, qui peut se vanter d'avoir AVEC SOI la chance...
* Edy peut-il se vanter d'avoir AVEC LUI...
* Puis-JE me vanter d'avoir AVEC MOI...
(Dans ces deux paraphrases, j'avais bien mis AVEC.)
Bonjour Ipseite,
* Le résultat est DE six points.
Je vous dis tout de suite que je n’ai rien trouvé ; nous devons y réfléchir.
1 On a incontestablement affaire à un ATTRIBUT du sujet..
L’attribut est généralement non prépositionnel, sauf après certains verbes attributifs :
* Il passait POUR un penseur, tant il avait le silence facile. (Breffort)
* Etre marié devrait être considéré COMME un des beaux-arts. (Linklater)
On trouve parfois un DE parasite :
* Voilà une bonne chose (DE) faite, s’écria la mariée après avoir dit oui.
* Encore une journée (DE) perdue, répondit le marié.
* Sur sept nouveau-nés, il y EN a deux DE Chinois. Nous nous sommes arrêtés à cinq enfants.
* Si j’étais (DE) vous, je me méfierais de tous ces futurs héritiers qui vous prennent le pouls.
* Ce n’est pas (DE) ma faute si la clef des champs est perdue.
Je n’ai rien trouvé pour « le résultat est DE six points ».
2 Je me demande si cette forme ne vient pas de « résultat DE six points ».
Dans cette tournure, nous avons affaire :
a) soit à une APPOSITION prépositionnelle, comme dans :
* La ville DE Paris. Le département DU Gard. Le mot (DE) linguistique.
b) soit (mieux) à un complément de nom, comme dans :
* Un homme DE six pieds n’a tout de même que deux jambes.
L’indication de la quantité se fait de la même façon dans :
* Une fortune DE six euros. -> Un résultat DE six points.
3 Le DE se serait conservé, par analogie, dans la transformation ATTRIBUTIVE :
* Ma fortune est DE six euros. -> Le résultat est DE six points.
Il me semble que ce DE est entré dans l’usage.
Je n’ai pas de meilleure explication à vous donner. Help ! comme on dit en français…