#1 17/11/2007 17:40

slovak
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Entraide scolaire et méthode Montaigne, Essais, II, 12 : Apologie de Raimond Sebond

Salutations.J'ai un commentaire à faire sur ce texte

Que nous dira donc en ceste necessité la philosophie ? que nous suyvions les loix de nostre pays ? c'est à dire ceste mer flottante des opinions d'un peuple, ou d'un Prince, qui me peindront la justice d'autant de couleurs, et la reformeront en autant de visages, qu'il y aura en eux de changemens de passion. Je ne puis pas avoir le jugement si flexible. Quelle bonté est-ce, que je voyois hyer en credit, et demain ne l'estre plus : et que le traject d'une riviere fait crime ?

Quelle verité est-ce que ces montaignes bornent mensonge au monde qui se tient au delà ?

Mais ils sont plaisans, quand pour donner quelque certitude aux loix, ils disent qu'il y en a aucunes fermes, perpetuelles et immuables, qu'ils nomment naturelles, qui sont empreintes en l'humain genre par la condition de leur propre essence : et de celles là, qui en fait le nombre de trois, qui de quatre, qui plus, qui moins : signe, que c'est une marque aussi douteuse que le reste. Or ils sont si defortunez (car comment puis je nommer cela, sinon defortune, que d'un nombre de loix si infiny, il ne s'en rencontre aumoins une que la fortune et temerité du sort ait permis estre universellement receuë par le consentement de toutes les nations ?) ils sont, dis-je, si miserables, que de ces trois ou quatre loix choisies, il n'en y a une seule, qui ne soit contredite et desadvoüee, non par une nation, mais par plusieurs. Or c'est la seule enseigne vray-semblable, par laquelle ils puissent argumenter aucunes loix naturelles, que l'université de l'approbation : car ce que nature nous auroit veritablement ordonné, nous l'ensuyvrions sans doubte d'un commun consentement : et non seulement toute nation, mais tout homme particulier, ressentiroit la force et la violence, que luy feroit celuy, qui le voudroit pousser au contraire de ceste loy. Qu'ils m'en montrent pour voir, une de ceste condition. Protagoras et Ariston ne donnoyent autre essence à la justice des loix, que l'authorité et opinion du legislateur : et que cela mis à part, le bon et l'honneste perdoyent leurs qualitez, et demeuroyent des noms vains, de choses indifferentes. Thrasymachus en Platon estime qu'il n'y a point d'autre droit que la commodité du superieur. Il n'est chose, en quoy le monde soit si divers qu'en coustumes et loix. Telle chose est icy abominable, qui apporte recommandation ailleurs : comme en Lacedemone la subtilité de desrober. Les mariages entre les proches sont capitalement defendus entre nous, ils sont ailleurs en honneur,

gentes esse feruntur,
In quibus et nato genitrix, et nata parenti
Jungitur, Et pietas geminato crescit amore.

le meurtre des enfans, meurtre des peres, communication de femmes, trafique de voleries, licence à toutes sortes de voluptez : il n'est rien en somme si extreme, qui ne se trouve receu par l'usage de quelque nation.

Il est croyable qu'il y a des loix naturelles : comme il se voit és autres creatures : mais en nous elles sont perduës, ceste belle raison humaine s'ingerant par tout de maistriser et commander, brouïllant et confondant le visage des choses, selon sa vanité et inconstance. Nihil itaque amplius nostrum est : quod nostrum dico, artis est.

Les subjets ont divers lustres et diverses considerations : c'est de là que s'engendre principalement la diversité d'opinions. Une nation regarde un subject par un visage, et s'arreste à celuy là : l'autre par un autre

Désolé s'y s'estuis du vieux francois.

Je pense qu'il faut aborder le fait que Montaigne est un humaniste et qu'il est l'un des premiers à etre aussi tolerants (ça sera mon II) mais je vois vraiment pas ce que je peux dire...

 

#2 17/11/2007 23:25

Jean-Luc
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Entraide scolaire et méthode Montaigne, Essais, II, 12 : Apologie de Raimond Sebond

Bonsoir Slovak,

Ce texte traite plutôt de la relativité du jugement humain et du scepticisme qui en découle.
Montaigne qui reprend une fameuse querelle médiévale se demande si les universaux (ici)
existent. Face à une philosophie chrétienne qui se réfère à une loi naturelle, Montaigne constate la diversité et la contradiction des lois et des usages.


Jean-Luc    "Il n'y a jamais nulle part où aller qu'en dedans." Doris Lessing :)
 

#3 18/11/2007 13:15

slovak
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Entraide scolaire et méthode Montaigne, Essais, II, 12 : Apologie de Raimond Sebond

salut

ouais je vois, comme dans "des cannibalesé ou il peut critiquer lo'rganisation de la société française de lk'epoque par l'intermediaire de bresiliens; il montre ainsi que ce qui est perçu comme la maniere d'organiser la société n'est que quelque chose de subjectif et menent parfois à des choses qui n'ont plus de sens.

...

par contre Montaigne est un fervant catho, donc c'est un peu paradoxal ce qu'il exprime?

 

#4 18/11/2007 13:45

Léah
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Entraide scolaire et méthode Montaigne, Essais, II, 12 : Apologie de Raimond Sebond

Je ne crois pas que Montaigne était si fervent catholique que ça...


Tenir un seul cheveu dans sa main.
Y parvenir.
 

#5 18/11/2007 13:54

slovak
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Entraide scolaire et méthode Montaigne, Essais, II, 12 : Apologie de Raimond Sebond

En 1569, il publie à Paris, chez Michel Sonnius, la « Théologie naturelle de Raymond Sebon » dans laquelle il tente de « démontrer la vérité de la foi chrétienne et catholique », en utilisant un procédé littéraire laissant croire qu'il s'agissait d'une traduction du latin en français.

 

#6 18/11/2007 13:56

Léah
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Entraide scolaire et méthode Montaigne, Essais, II, 12 : Apologie de Raimond Sebond

Sans doute ; mais ses Essais ne sont pas empreints de catholicisme fervent et c'est son œuvre principale

 

#7 18/11/2007 14:02

slovak
89 message(s)
Entraide scolaire et méthode Montaigne, Essais, II, 12 : Apologie de Raimond Sebond

au lieu de m'aider ça me met dans le doute

forcement je devrais faire une partie sur ce que Montaigne pense, sa philosophie, ou meme la dissert en son ensemble ne traitera que de sa vision des choses

peut etre un plan

I)Humaniste
II)Nouveaux modes de pensée
1)Relativisme
2)???

 

#8 18/11/2007 14:37

Léah
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Entraide scolaire et méthode Montaigne, Essais, II, 12 : Apologie de Raimond Sebond

Cet article (copié de Wikipedia) t'aidera à y voir plus clair

* sa philosophie

Montaigne s’appuie sur sa culture humaniste (philosophes de l’antiquité) pour construire sa propre philosophie

« Que sais-je ? » est une reformulation de la devise Socratique : «  je sais que je ne sais rien » Cette docte ignorance est le point de départ d’une attitude philosophique non dogmatique De ce fait, comme Socrate, Montaigne se tourne vers la maïeutique pour accompagner celui qui entame une quête d'identité et faire émerger en lui la liberté.

Elle se prolonge dans un scepticisme, suivant cette fois la voie de Pyrrhon et de ses successeurs : Puisque nous sommes parfois trompés par nos sens et nos jugements, nous ne devons pas nous y fier. D’autre part, la confusion possible entre la folie, le rêve et la réalité ne nous permettent pas de garantir la valeur de nos perceptions. Il convient donc de suspendre notre jugement quant aux info transmises par les sens : Nous devons demeurer sans opinion (# affirmer ou nier) => douter de l’identité entre la représentation du monde que nous nous formons à partir de nos sens et la réalité. Il est, par ex, impossible d’affirmer si la réalité d’une pomme correspond à la vision que nous en avons, à son goût, à son toucher ; lesquels varient dans le temps et suivant les personnes... Nous ne devons pas accorder plus de confiance à notre raison dans la mesure où nos pensées nous apparaissent parfois indépendamment de notre volonté. Il faut donc cesser de croire à la certitude de nos raisonnements ‘scientifiques’. « Que ne plaît-il un jour à la nature de nous ouvrir son sein et de nous faire voir au propre les moyens et la conduite de ses mouvements, et y préparer nos yeux ! O Dieu ! Quels abus, quels mécomptes nous trouverions en notre pauvre science ». Nous n'avons donc pas de raison de nous sentir supérieurs aux animaux.

Montaigne s’appuie sur la philosophie Platonicienne pour relativiser l’importance de la mort : « philosopher c'est apprendre à mourir ». Mais, c’est la morale Epicurienne qu’il choisit de suivre : limiter ses désirs permet de les satisfaire plus facilement. La fin du trouble causé par le désir est la définition même du plaisir, qui ouvre la voie au bonheur, selon Epicure

Suivant Platon et Aristote, il pense que « l’avenir de l’Etat dépend de la dicipline de l’enfance ». Mais, il critique le modèle politique prôné dans la République dans le 30è chap des Essais. A la suite de Machiavel et avant Montesquieu, il conseille d’observer avant d’agir en politique. « De ne changer aisément une loi reçue » constitue l'un des chapitres les plus incisifs des Essais. => les lois, les morales et les religions des différentes cultures ont toutes quelque fondement.

A condition de ne pas chercher à acquérir le pouvoir, ce pragmatisme est source de Tolérance. - Religieuse : l’Etat ne doit pas imposer un modèle religieux (contexte des w de rel) - culturelle d’autre part : la culture Européenne ne vaut pas mieux que celle des Indiens (chap 30

Enfin, Montaigne prône un enseignement fondé sur des exemples concrets et sur l'expérience, plutôt que les connaissances abstraites acceptées sans aucune critique. « mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine » afin de former le jugement.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_de_ … .C5.93uvre

 

#9 18/11/2007 18:10

slovak
89 message(s)
Entraide scolaire et méthode Montaigne, Essais, II, 12 : Apologie de Raimond Sebond

l'article est pas mal, meme si la fin dévie sur quelque chose dnon aborder dans l'extrait duquel je dois rediger un commentaire...

j'en tires quelques choses en rapport avec mon texte:
-objectivité
-approche scientifique
-relativisme

il en découle

-tolerance

cas sera mon  II, sa philosophie, alors que le I sera plus en rapport avec le texte et ses procéedés...(?)

 

#10 18/11/2007 18:20

Léah
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Entraide scolaire et méthode Montaigne, Essais, II, 12 : Apologie de Raimond Sebond

Oui, partir du texte et ensuite arriver aux idées