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Salut, j'aurais besoin d'aide sur ce texte parce que je n’ai absolument rien compris, je vois pas de quoi je pourrais parler, ça serait sympa de m'aider s'il vous plaît :
C'est La Chute d'Albert Camus
J’exerce donc à Mexico-City, depuis quelque temps, mon utile profession. Elle consiste d’abord, vous en avez fait l’expérience, à pratiquer la confession publique aussi souvent que possible. Je m’accuse, en long et en large. Ce n’est pas difficile, j’ai maintenant de la mémoire. Mais attention, je ne m’accuse pas grossièrement, à grands coups sur la poitrine. Non, je navigue souplement, je multiplie les nuances, les digressions aussi, j’adapte enfin mon discours à l’auditeur, j’amène ce dernier à renchérir. Je mêle ce qui me concerne et ce qui regarde les autres. Je prends les traits communs, les expériences que nous avons ensemble souffertes, les faiblesses que nous partageons, le bon ton, l’homme du jour enfin, tel qu’il sévit en moi et chez les autres. Avec cela, je fabrique un portrait qui est celui de tous et de personne. Un masque, en somme, assez semblable à ceux du carnaval, à la fois fidèles et simplifiés, et devant lesquels on se dit : « Tiens, je l’ai rencontré, celui-là ! » Quand le portrait est terminé, comme ce soir, je le montre, plein de désolation : « Voilà, hélas ! ce que je suis. » Le réquisitoire est achevé. Mais, du même coup, le portrait que je tends à mes contemporains devient un miroir.
Couvert de cendres, m’arrachant lentement les cheveux, le visage labouré par les ongles, mais le regard perçant, je me tiens devant l’humanité entière, récapitulant mes hontes, sans perdre de vue l’effet que je produis, et disant : « J’étais le dernier des derniers. » Alors, insensiblement, je passe, dans mon discours, du « je » au « nous ». Quand j’arrive au « voilà ce que nous sommes », le tour est joué, je peux leur dire leurs vérités. Je suis comme eux, bien sûr, nous sommes dans le même bouillon. J’ai cependant une supériorité, celle de le savoir, qui me donne le droit de parler. Vous voyez l’avantage, j’en suis sûr. Plus je m’accuse et plus j’ai le droit de vous juger. Mieux, je vous provoque à vous juger vous-même, ce qui me soulage d’autant. Ah ! mon cher, nous sommes d’étranges, de misérables créatures et, pour peu que nous revenions sur nos vies, les occasions ne manquent pas de nous étonner et de nous scandaliser nous-mêmes. Essayez. J’écouterai, soyez-en sûr, votre propre confession, avec un grand sentiment de fraternité.
Albert Camus, La Chute, pages 117-118 (folio n° 36), © Gallimard.
Voilà si vous pouviez m'aider ça me sauverait, parce que je n'ai rien sur ce texte, j'espère que je ne vais pas tomber sur ça à l'oral...
Bonjour Mimi,
Rapidement car je ne peux te consacrer beaucoup de temps, ce que je regrette :
Clamence exerce la profession (ou le sacerdoce ?) de "juge-pénitent". Cette étrange profession consiste à s’accuser soi-même afin de pouvoir ensuite être juge.
Mexico-city est le bar douteux d'Amsterdam où Clamence exerce.
Cette œuvre est une sorte de parabole sur la condition humaine et le métier d'écrivain "engagé".
La condition humaine est l'expérience de l'absurde, ici vécue sous la forme d'une culpabilité universelle : Camus rejoint à sa manière agnostique le péché originel chrétien.
Le rôle "missionnaire" de l'écrivain engagé est de rechercher en lui les traces du mal, de les exposer à la lumière, pour permettre à son interlocuteur de les reconnaître à son tour. Il joue donc un rôle d'éveilleur des consciences non pour juger de l'extérieur mais pour aider autrui à assumer sa propre culpabilité. C'est ainsi qu'il devient frère de tous les hommes.
Cet extrait tourne autour de l'argumentation et de la persuasion, voire de la manipulation (pour une bonne cause).
1. La théorie de la confession publique
2. un comédien paradoxal
a. Sincérité
b. Et excès
c. Conscience de son art
3. Une parabole de l'écrivain engagé selon Camus : l'art au service de la condition humaine. Faire prendre conscience, essayer de sauver du désespoir, restaurer une forme de fraternité et donc de solidarité pour lutter contre l'absurdité effrayante de l'existence.
Merci beaucoup Jean-Luc !
Même si tu n'as pas trop le temps c'est pas grave ça m'a aidé !
Bonjour,
J'ai un travail à faire sur La chute. J'aimerais savoir comment la détérioration physique du personnage principal peut jouer un rôle dans l'évolution de l'histoire. Je voudrais comprendre comment cela peut participer au récit.
Merci:)
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